Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

27 décembre 2009

Les victimes du conflit à Gaza et dans le sud d'Israël attendent toujours que justice leur soit rendue

Les victimes du conflit à Gaza et dans le sud d'Israël attendent toujours que justice leur soit rendue
Un an après la grande offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza, Amnesty International exhorte une nouvelle fois toutes les parties à s'acquitter de leurs obligations afin que les responsables rendent des comptes pour les crimes de guerre et les graves violations des droits humains commis durant le conflit.

« L'impunité, si on la laisse perdurer, compromet non seulement la justice et l'état de droit, mais renforce aussi la probabilité que d'autres graves atteintes aux droits humains soient perpétrées », a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

Personne n'a eu à rendre des comptes pour les crimes de guerre, entre autres graves violations du droit international, dénoncés par une mission d'établissement des faits des Nations unies, Amnesty International et des organisations palestiniennes, israéliennes et internationales de défense des droits humains.

Après le conflit qui a sévi à Gaza et dans le sud d'Israël, l'éminent juge sud-africain Richard Goldstone a été mandaté par le Conseil des droits de l'homme pour diriger une mission chargée d'enquêter sur les allégations de crimes de guerre et de violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains.

Dans un rapport publié en septembre 2009, le juge Goldstone et son équipe ont établi que les forces militaires israéliennes et les groupes armés palestiniens se sont rendus coupables de crimes de guerre et d'actes qui pourraient constituer des crimes contre l'humanité.

À la suite du rapport Goldstone, l'Assemblée générale de l'ONU a demandé au gouvernement israélien et aux autorités palestiniennes de mener leurs propres enquêtes, précisant qu'elles devaient s'avérer indépendantes, crédibles et conformes aux normes internationales.

Selon Amnesty International, le 20 décembre 2009, si cette recommandation n'est pas mise en œuvre, la communauté internationale doit intervenir et prendre les mesures qui s'imposent pour veiller à ce que les auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes relevant du droit international aient à répondre de leurs actes.

« L'obligation de rendre des comptes doit être respectée concernant les événements qui se sont déroulés il y a un an à Gaza et dans le sud d'Israël, a souligné Malcolm Smart. Les responsables, dans les deux camps, ne sauraient se soustraire à cette obligation pour les crimes qui ont été commis. Si les israéliens et les Palestiniens ne peuvent pas – ou ne veulent pas – rendre justice eux-mêmes, la communauté internationale doit veiller à ce que les auteurs présumés répondent de leurs actes. »

Pendant ce temps, Gaza demeure véritablement coupée du monde extérieur par le blocus militaire israélien, qui limite les quantités de nourriture, de carburant et d'autres produits de première nécessité autorisés à entrer, anéantissant pratiquement toute possibilité de reconstruction et de relèvement de la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien a lancé son offensive contre la bande de Gaza le 27 décembre 2008, avec l'objectif déclaré d'empêcher les groupes armés palestiniens de procéder à des tirs aveugles de roquettes en direction du sud d'Israël.

Au cours des trois semaines qui ont suivi, la population de Gaza a été soumise aux attaques aériennes et terrestres de l'armée israélienne, qui ont fait quelque 1 400 victimes parmi les Palestiniens, dont des centaines de civils non armés et plus de 300 enfants.

Treize Israéliens ont été tués durant le conflit, dont trois civils par des tirs de roquettes lancés par des groupes armés palestiniens.

Une équipe d'Amnesty International qui s'est rendue à Gaza et dans le sud d'Israël durant le conflit et immédiatement après la fin des hostilités a relevé des preuves flagrantes de crimes de guerre, entre autres violations graves, commis par les forces palestiniennes et les groupes armés palestiniens.

Il était impossible aux groupes armés palestiniens de diriger contre des cibles précises les centaines de roquettes non guidées tirées sur des villes et villages israéliens. Ces attaques menées dans le sud d'Israël ont fait trois morts et plusieurs blessés parmi les civils, endommagé des bâtiments civils et contraint des milliers de personnes à fuir leur foyer.

À Gaza, l'armée israélienne a utilisé diverses armes et munitions imprécises dans des zones à forte densité de population, notamment des obus d'artillerie et de mortier et des obus à fléchettes tirés depuis des tanks.

Les forces israéliennes ont tiré à maintes reprises des obus au phosphore blanc, agent incendiaire puissant. Beaucoup ont explosé dans les airs au-dessus de zones densément peuplées, faisant pleuvoir sur les habitants et les bâtiments des éclats en feu imprégnés de phosphore blanc. L'utilisation de cette substance hautement incendiaire est pourtant strictement prohibée par le droit international. Lorsqu'il entre en contact avec la peau, le phosphore blanc brûle le muscle en profondeur jusqu'à l'os.

Certaines attaques israéliennes ont visé des bâtiments de l'ONU, dont certains abritaient des civils palestiniens venus y chercher refuge.

De nombreux civils palestiniens ont été victimes d'armes de haute précision capables de frapper avec une très grande exactitude. Elles sont utilisées avec l'appui de drones de surveillance dotés d'optiques d'une qualité exceptionnelle qui permettent aux opérateurs de voir leur objectif en détail. Les responsables israéliens n'ont toujours pas expliqué de manière convaincante pourquoi tant de civils ont péri dans ce type d'attaques.

Durant les vingt-deux jours qu'a duré l'offensive, les forces israéliennes ont souvent empêché les services médicaux et humanitaires d'accéder aux blessés et aux personnes bloquées. Elles ont empêché les ambulances et les membres du personnel médical de soigner les blessés et de les transporter à l'hôpital. Des ambulances et des équipes de secours, notamment, ont parfois été prises pour cibles alors qu'elles tentaient d'évacuer des blessés.

À Gaza, des milliers d'habitations, ainsi que des hôpitaux, des écoles et les réseaux d'eau et d'électricité ont été détruits ou endommagés par l'armée israélienne.

Pour en savoir plus :

Nations unies : le vote sur le rapport Goldstone, une étape décisive en matière de responsabilisation (nouvelle, 6 novembre 2009)
Crimes de guerre : l'Assemblée générale de l'ONU doit agir pour mettre fin à l'impunité (nouvelle, 3 novembre 2009)
Irene Khan prie le gouvernement des États-Unis d'étudier le rapport Goldstone (nouvelle, 18 septembre 2009)
UN must ensure Goldstone inquiry recommendations are implemented (nouvelle, 15 septembre 2009)
Vies sacrifiées, vies détruites à Gaza (nouvelle, 22 janvier 2009)
L'équipe d'Amnesty International s'entretient avec des victimes à Gaza (nouvelle, 21 janvier 2009)
Gaza en ruines : l'équipe d'Amnesty International rend compte de la situation (nouvelle, 20 janvier 2009)
Israël a utilisé du phosphore blanc dans des zones civiles de Gaza (nouvelle, 19 janvier 2009)
Une équipe d'Amnesty International entre dans la bande de Gaza (nouvelle, 19 janvier 2009)
L'armée israélienne bombarde un complexe de l'ONU (nouvelle, 15 janvier 2009)
Un embargo sur les armes est indispensable alors que le nombre de victimes civiles augmente à Gaza (nouvelle, 15 janvier 2009)
Il faut qu'une enquête soit menée sur le conflit de Gaza et que les responsables rendent des comptes (nouvelle, 14 janvier 2009)
Le conflit à Gaza et dans le sud d'Israël (page spéciale)

Thème

Conflit armé 
Crimes contre l'humanité et crimes de guerre 
Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux 
Impunité 

Pays

Israël et territoires palestiniens occupés 
Autorité palestinienne 

Région ou pays

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

09 octobre 2014

Le président tchadien Idriss Déby a été mis en garde au sujet du projet de loi homophobe actuellement examiné par le Parlement : son adoption constituerait une violation... Pour en savoir plus »

04 octobre 2014

Les États-Unis sont quasiment le seul pays du monde à incarcérer des milliers de prisonniers en isolement cellulaire pendant de longues périodes ou pour une durée indéterminée... Pour en savoir plus »

23 septembre 2014

Le commerce, la fabrication et l’exportation des instruments de torture par des entreprises chinoises, en plein essor, alimentent les violations des droits humains en Afrique... Pour en savoir plus »

20 octobre 2014

Des dizaines de familles se retrouveront à la rue si les autorités françaises procèdent à l’évacuation prévue cette semaine d’un campement rom installé dans une banlieue de... Pour en savoir plus »

03 septembre 2014

La décapitation du journaliste américain Steven Sotloff par des militants de l’État islamique est le dernier en date d’une série de crimes de guerre perpétrés par le groupe... Pour en savoir plus »