Violences et discrimination à l'égard des femmes au Yémen

Des Yéménites vêtues de robes et voiles traditionnels discutent dans la vieille ville de Sanaa.

Des Yéménites vêtues de robes et voiles traditionnels discutent dans la vieille ville de Sanaa.

© AP/PA Photo/Kamran Jebreili


25 novembre 2009

Au Yémen, la discrimination et les violences contre les femmes sont endémiques, et elles ont des conséquences destructrices, a déclaré Amnesty International dans un rapport paru mercredi 25 novembre.

Si leurs droits sont régulièrement bafoués, c'est que la législation yéménite et les pratiques tribales et coutumières classent les femmes dans une catégorie de citoyens inférieure.

Les femmes yéménites ne sont pas libres d'épouser l'homme qui leur convient. Certaines sont encore des enfants, parfois âgées de huit ans seulement, lorsqu'on les contraint à se marier.

Vendredi 20 novembre, le Comité contre la torture des Nations unies a attiré l'attention sur le mariage précoce des filles et s'est dit préoccupé au sujet de la « légalité » de cette pratique, qu'il a qualifiée de « traitement inhumain et dégradant ».

Une fois mariée, une femme doit obéir à son époux et obtenir son autorisation pour la moindre sortie.

Devant un juge, le témoignage d'une femme vaut deux fois moins que celui d'un homme ; l'indemnité perçue par la famille d'une victime de meurtre varie du simple au double selon qu'il s'agit d'une femme ou d'un homme.

L'égalité de traitement n'est pas assurée en matière d'héritage, les femmes se voyant souvent spoliées de tout droit à la succession.

Les femmes accusées d'actes « immoraux » sont sanctionnées plus sévèrement que les hommes, et ces derniers ont droit à l'indulgence lorsqu'ils tuent des femmes de leur famille pour des questions d'« honneur ».

Ces lois et pratiques discriminatoires encouragent et favorisent les violences contre les femmes, qui sont monnaie courante au sein des familles et dans l'ensemble de la société.

Cependant, les droits des femmes ont enregistré quelques avancées ces dernières années, avec par exemple la création en 1996 de la Commission nationale des femmes, institution quasi gouvernementale, et la nomination en 2001 d'un secrétaire d'État aux droits humains qui a accédé en 2003 au statut de ministre.

De plus, le gouvernement a noué un dialogue avec des organes intergouvernementaux et a remis des rapports au comité des Nations unies chargé de veiller à l'application de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes, à laquelle le Yémen est partie.

Surtout, les femmes elles-mêmes ont participé à la création d'une société civile dynamique, et des actions menées par des organisations non gouvernementales (ONG) de femmes en faveur de réformes ont rencontré un certain succès. C'est ainsi qu'en 2009 le gouvernement a abrogé l'article 3-1 de la loi sur la nationalité de 1990 afin d'autoriser les enfants nés d'une mère yéménite et d'un père d'une autre nationalité à prétendre à la nationalité yéménite.

Il faut malgré tout entreprendre sans tarder d'autres réformes. Amnesty International plaide en faveur de l'élimination des lois discriminatoires et des violences à l'égard des femmes, ajoutant sa voix à celles des femmes yéménites qui demandent à pouvoir jouir pleinement de leurs droits humains, en toute égalité.

Yémen. La face cachée du Yémen. Discrimination et violences contre les femmes et les filles

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Index AI : MDE 31/014/2009
Date de publication : 25 novembre 2009
Catégorie(s) : Yémen

Au Yémen, la discrimination et les violences contre les femmes sont endémiques, et elles ont des conséquences destructrices. Si leurs droits sont régulièrement bafoués, c'est que la législation yéménite et les pratiques tribales et coutumières classent les femmes dans une catégorie de citoyens inférieure. Le gouvernement yéménite doit prendre des mesures efficaces pour mettre fin aux lois et pratiques discriminatoires, protéger le droit des femmes à être les égales des hommes et à n'être soumises à aucune forme de discrimination, et s'employer à résoudre le problème sous-jacent des mœurs et valeurs socioculturelles qui sont discriminatoires envers les femmes.


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