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Les États doivent prendre en considération les droits humains dans leurs initiatives visant à mettre fin à la pauvreté

L'amélioration de la santé maternelle est un domaine dans lequel bien trop peu d'avancées ont été réalisées.

L'amélioration de la santé maternelle est un domaine dans lequel bien trop peu d'avancées ont été réalisées.

© Anna Kari


9 juin 2010

À moins que les droits humains ne soient placés au centre des efforts visant à éradiquer la pauvreté, les gouvernements risquent de manquer à leurs obligations envers certains des groupes les plus pauvres et vulnérables du monde, a indiqué Amnesty International ce mercredi 9 juin.

Dans un nouveau rapport examinant les moyens de renforcer les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), l'organisation souligne combien certains objectifs essentiels ne sont pas à la hauteur des engagements internationaux existants en matière de droits humains.

Ce document, intitulé Des promesses à la réalisation. Il faut mettre les droits humains au cœur des Objectifs du millénaire pour le développement, présente des mesures cruciales que peuvent prendre les gouvernements pour accomplir de véritables progrès dans la mise en œuvre des OMD sur les cinq prochaines années.

« Les OMD ont promis à certaines des personnes les plus pauvres et exclues du monde un meilleur avenir, mais il n'est que trop évident aujourd'hui que, si des mesures ne sont pas prises de toute urgence, les États manqueront à leurs obligations envers les populations les plus vulnérables, a déclaré Claudio Cordone, secrétaire général par intérim d'Amnesty International.

« Le message à adresser aux dirigeants de la planète lorsqu'ils se réuniront en septembre pour examiner les progrès accomplis dans la réalisation des OMD est clair : ils doivent agir maintenant pour placer les droits humains au centre des efforts visant à améliorer l'existence de ceux qui vivent dans la pauvreté. »

Le rapport d'Amnesty International appelle les gouvernements à veiller à ce que toutes les initiatives liées aux OMD soient compatibles avec les droits humains, à lutter contre la discrimination envers les femmes, à fixer des objectifs nationaux à mettre en œuvre, à garantir le droit de participation et à renforcer les mécanismes d'obligation de rendre des comptes.

Il a été lancé ce mercredi à New York, où des représentants de gouvernements, de la société civile et des Nations unies sont rassemblés à l'occasion d'une conférence organisée par Amnesty International et Realizing Rights pour débattre de l'importance des droits humains dans la réalisation des OMD.

Trois grands thèmes – l'égalité des genres, la santé maternelle et les bidonvilles – sont abordés dans ce rapport pour illustrer le fossé entre le cadre actuel des OMD et les engagements internationaux en matière de droits humains.

En ce qui concerne l'égalité des genres, le rapport montre que les OMD ne garantissent pas que les gouvernements tiendront compte des droits fondamentaux des femmes dans tous les objectifs, alors qu'il s'agit là d'un élément essentiel de la lutte contre la pauvreté. Les seules mentions de l'égalité entre hommes et femmes figurant dans les OMD se limitent à un seul but : éliminer les disparités en matière d'éducation.

On estime que 70 % des personnes vivant dans la pauvreté sont des femmes. Le rapport met en évidence la façon dont les femmes, les jeunes filles et les fillettes continuent de subir des discriminations liées au genre, des violences et d'autres atteintes aux droits humains dans toutes les sociétés.

L'amélioration de la santé maternelle est un domaine dans lequel bien trop peu d'avancées ont été accomplies, d'après le rapport. Les OMD mettent de côté toute une série de facteurs sous-jacents qui contribuent aux décès et aux complications liés à la maternité.

Des problèmes ayant trait aux droits humains tels que le mariage précoce ou forcé et la violence contre les femmes, les jeunes filles et les fillettes empêchent ces dernières de prendre des décisions quant à leur propre vie.

Les OMD n'accordent pas non plus suffisamment d'attention aux droits en matière de sexualité et de procréation. Du Pérou à la Sierra Leone, le rapport illustre les obstacles auxquels sont confrontées les femmes pauvres quand elles tentent d'accéder aux soins de santé maternelle.

L'objectif d'améliorer les conditions de vie d'au moins 100 millions d'habitants des bidonvilles, qui fait partie des OMD, est décrit comme « manifestement insuffisant et faible » étant donné que, selon certaines estimations, quelque 1,4 milliard de personnes vivront dans des bidonvilles d'ici à 2020. De plus, cet objectif n'est pas à la hauteur des obligations incombant actuellement aux États en vertu du droit international relatif aux droits humains.

Amnesty International a recensé des expulsions forcées de communautés vivant dans des bidonvilles dans toutes les régions du monde. Ces expulsions ont des conséquences dramatiques pour les personnes qui vivaient déjà dans la pauvreté. Les OMD ne prennent pas en considération l'obligation cruciale qu'ont les États d'empêcher ces violations et d'en protéger la population.

Du Burkina Faso aux favelas du Brésil, le rapport montre que l'obligation de rendre des comptes n'est pas respectée, si bien qu'il est difficile pour ceux qui vivent dans la pauvreté d'accéder à la justice. Les mécanismes destinés à garantir cette obligation n'existent pas ou sont inaccessibles pour ces personnes.

« Les droits humains sont essentiels pour que les OMD soient efficaces, a ajouté Claudio Cordone. Les gouvernements doivent être amenés à rendre des comptes afin que leurs efforts de réalisation des OMD soient compatibles avec les droits humains. »

Ce rapport s'inscrit dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International Exigeons la dignité, qui vise à mettre fin aux atteintes aux droits humains qui alimentent et aggravent la pauvreté. Cette campagne encourage les gens dans le monde entier à exiger que les gouvernements, les grandes entreprises et les autres détenteurs du pouvoir écoutent la voix de ceux qui vivent dans la pauvreté, et reconnaissent et protègent leurs droits. Pour en savoir plus, rendez-vous sur http://www.amnesty.org/fr/demand-dignity.

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