Un soldat des forces spéciales saoudiennes monte la garde à un poste de contrôle, à Riyadh (Arabie saoudite, 5 février 2005).

Un soldat des forces spéciales saoudiennes monte la garde à un poste de contrôle, à Riyadh (Arabie saoudite, 5 février 2005).

© AP/PA Photo/Amr Nabil


11 septembre 2009

Depuis les attentats du 11 septembre perpétrés il y a huit ans aux États-Unis, les autorités saoudiennes ont lancé une offensive soutenue contre les droits humains sous couvert de lutte contre le terrorisme. Des ressortissants saoudiens faisaient partie du groupe responsable des attentats.

« Les mesures de lutte contre le terrorisme adoptées depuis 2001 ont retardé la timide réforme amorcée en matière de droits humains en Arabie saoudite, a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

« Elles se doublent d'une répression sévère contre toutes les formes de dissidence et d'un système de défense des droits humains manquant de vigueur. Aussi le pays est-il confronté à une absence quasi totale de protection des libertés et des droits. »

Une synthèse publiée par Amnesty International ce vendredi 11 septembre 2009 rend compte de l'ampleur consternante des atteintes aux droits humains. Des milliers de personnes ont vu leurs vies dévastées par la violation de leurs droits fondamentaux. Certaines ont été arrêtées et incarcérées dans un secret quasi absolu, tandis que d'autres ont trouvé la mort dans des circonstances douteuses.

Des centaines d'autres risquent d'être jugées dans le cadre de procès secrets et sommaires et d'être exécutées. Beaucoup auraient été torturées dans le but de leur extorquer des « aveux » ou de les punir après leur condamnation.

Depuis le rapport publié par Amnesty International en juillet 2009, Saudi Arabia: Assaulting Human Rights in the Name of Counter-Terrorism, le gouvernement a annoncé que 330 personnes ont été jugées pour actes liés au terrorisme au cours des derniers mois et qu'elles ont presque toutes été condamnées à l'issue de procès à huis clos à des peines allant de simples amendes à la peine capitale. Toutefois, leurs noms n'ont pas été divulgués, pas plus que les détails des charges retenues contre eux – perpétuant le secret absolu qui entoure les procédures judiciaires.

Parmi les milliers de personnes détenues aux mains des autorités figurent un certain nombre de prisonniers d'opinion, incarcérés pour avoir critiqué de manière pacifique la politique du gouvernement. Quant à la majorité, il s'agit de partisans présumés de groupes ou factions islamiques qui dénoncent les liens étroits qu'entretient le gouvernement saoudien avec les États-Unis et d'autres pays occidentaux.

Ces groupes, qualifiés d'« égarés » par les autorités saoudiennes, ont mené plusieurs attentats contre des Occidentaux notamment. D'autres prisonniers sont des personnes renvoyées de force d'Irak, du Pakistan et du Yémen, entre autres.

« Les atteintes aux droits humains se déroulent sur fond de secret bien gardé. Les détenus sont incarcérés sans avoir la moindre idée de ce qui les attend, a expliqué Malcolm Smart.

« La plupart sont détenus au secret pendant des années sans jugement et ne sont pas autorisés à consulter un avocat ni à faire appel aux tribunaux pour contester la légalité de leur détention. Ces pratiques ont des effets terriblement destructeurs sur les prisonniers et leurs familles. »

Étude de cas

Abdul Rahim al Mirbati, homme d'affaires bahreïnite de quarante-huit ans, a été arrêté en 2003 ou 2004 à Médine. D'après sa famille, il s'était rendu en Arabie saoudite pour chercher des médicaments pour son fils de treize ans.

Incarcéré pendant trois mois à la prison d'al Ruwais, à Djedda, il n'a pas été autorisé à recevoir de visites et aurait été torturé et maltraité. Après plusieurs transferts, il est actuellement incarcéré à la prison centrale de Dammam.

Il serait semble-t-il accusé d'avoir planifié de commettre des attentats à Bahreïn ; toutefois, ses proches ne sont informés d'aucune charge retenue contre lui. Ils ont contacté diverses autorités en Arabie saoudite et à Bahreïn afin d'obtenir des éclaircissements sur sa situation juridique, mais en vain.

Le ressortissant jordanien Muzhir Mustafa Abdul Rahim Shkour, quarante-quatre ans, a été interpellé en août 2007 à la frontière entre l'Arabie saoudite et la Jordanie. Il a été maintenu en détention au secret pendant quatre mois avant d'être autorisé à passer un coup de téléphone à sa famille et, par la suite, à recevoir des visites. Il est toujours détenu sans inculpation ni jugement, comme bien d'autres à la prison centrale de Dammam.

POUR EN SAVOIR PLUS
Participez à la pétition photographique adressée à l'Arabie saoudite (blog Livewire, 17 juillet 2009)
Arabie saoudite : un sombre bilan en matière de droits humains, aggravé par les mesures de lutte contre le terrorisme (appel à l'action, 26 juin 2009)

Arabie saoudite. Combattre le terrorisme par la répression

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Index AI : MDE 23/025/2009
Date de publication : 11 septembre 2009
Catégorie(s) : Arabie saoudite

À la suite des attentats commis aux États-Unis le 11 septembre 2001 par un groupe comprenant des ressortissants saoudiens, et d'une série d'attentats, notamment à la bombe, perpétrés en Arabie saoudite, les autorités saoudiennes ont adopté toute une série de mesures antiterroristes qui ont balayé diverses tentatives de réformes juridiques et quasiment privé la population de ses droits et libertés fondamentaux. Dans ce document, qui présente également des cas individuels, Amnesty International demande aux autorités saoudiennes de mettre un terme aux atteintes systématiques aux droits humains.


Ce document est également disponible en :

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Arabe:

Arabie saoudite. Atteintes aux droits humains au nom de la lutte contre le terrorisme. Introduction et recommandations

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Index AI : MDE 23/009/2009
Date de publication : 22 juillet 2009
Catégorie(s) : Arabie saoudite

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