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On reste sans nouvelle d’un millier de manifestants depuis la fermeture du Tibet

20 juin 2008

Amnesty International profite de ce que la flamme olympique est en route pour Lhassa pour exhorter le gouvernement chinois à fournir des informations sur les 1000 personnes, au moins, qui ont été arrêtées pendant les manifestations de mars dernier, et demander que les observateurs indépendants soient autorisés à se rendre au Tibet.

L’organisation lance cet appel en même temps qu'elle rend publique une mise à jour sur la situation au Tibet depuis le début des violences, dans laquelle elle fait état de la poursuite de la répression brutale exercée contre les manifestants, des conditions de détention des personnes arrêtées – certaines auraient été frappées, privées de soins médicaux et insuffisamment nourries –, et de la censure stricte à laquelle sont confrontés les journalistes et les Tibétains.

« Les très rares informations qui nous parviennent du Tibet dressent un tableau préoccupant d’arrestations arbitraires et d’atteintes aux droits fondamentaux des détenus, a déclaré Sam Zarifi directeur d’Amnesty International pour l’Asie-Pacifique.

« L’arrivée de la flamme olympique dans les régions tibétaines devrait être l’occasion d’en savoir un peu plus sur ce qui s’y passe. »

Les autorités n’ont diffusé des informations que sur un petit nombre des personnes condamnées à l’issue de procès douteux.

Les journalistes étrangers ne sont toujours pas autorisés à se rendre au Tibet. Les quelques informations qui ont pu parvenir aux médias et aux organisations tibétaines par l’intermédiaire de parents ou d'amis font apparaître que la police et les forces de sécurité ont confisqué des téléphones portables, des ordinateurs et d’autres appareils de communication lors des centaines de raids effectués dans des monastères et chez des particuliers, ce qui empêche des milliers de personnes de communiquer avec le monde extérieur.

Ceux qui s’aventurent à envoyer des informations sur les manifestations et les arrestations aux médias ou aux organisations de défense des droits humains à l’étranger risquent d’être arrêtés et emprisonnés.

« Le bouclage complet du Tibet rend possible la dissimulation de violations des droits humains telles que les arrestations arbitraires, les mauvais traitements et la censure sévère, qui peuvent alors être commises en toute impunité, a ajouté Sam Zarifi.

« Pour avoir exprimé de manière pacifique leurs opinions, des centaines de personnes croupissent dans les prisons chinoises, dans des conditions déplorables et sans que leurs proches ne sachent où elles se trouvent. Le passage de la flamme olympique devrait permettre aux journalistes d’avoir un aperçu de la situation sur place et de faire la promotion des "Jeux olympiques libres et ouverts" promis dans le plan d’action des Jeux de Pékin. »

Les autorités chinoises ont non seulement arrêté des moines, des nonnes et d’autres manifestants mais elles ont aussi pris pour cibles des artistes tibétains n'ayant pas participé directement au mouvement de protestation. Ces personnes ont en commun d'avoir pris part aux efforts déployés pour préserver la culture tibétaine. Jamyang Kyi, chanteuse, productrice et présentatrice de télévision célèbre, a été arrêtée le 1er avril sur son lieu de travail à la chaîne de télévision Qinghai TV et détenue au secret pendant au moins un mois. Elle a apparemment ensuite été placée en résidence surveillée après avoir payé une somme d’argent considérable.

Informations complémentaires

Les premières manifestations qui ont eu lieu après le 10 mars ont dégénéré en violences prenant pour cibles les Chinois Han et leurs commerces. Cependant, les mouvements de protestation, souvent menés par des moines et des nonnes, ont dans la très grande majorité des cas été pacifiques à partir du 14 mars, date à laquelle le dalaï-lama a exhorté les manifestants à ne pas recourir à la violence.

La flamme olympique traverse actuellement en Chine sous étroite surveillance ; les journalistes sont soumis à des contrôles sévères, en particulier dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. La date à laquelle la flamme olympique devait circuler au Tibet a été modifiée et reportée au samedi 21 juin.