Les policiers nigérians « tuent à leur gré »
9 décembre 2009
Dans un nouveau rapport publié ce mercredi 9 décembre, Amnesty International a dénoncé l'ampleur alarmante des homicides illégaux perpétrés par des policiers au Nigeria.
« Chaque année, la police nigériane commet des centaines d'homicides illégaux, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du Programme Afrique d'Amnesty International.
« La police ne se contente pas de perpétrer des homicides par balles, elle torture aussi des personnes à mort, souvent lors des gardes à vue.
« Dans la majorité des cas, aucune enquête n'est ouverte et les policiers responsables ne sont pas sanctionnés. Les familles de victimes obtiennent rarement justice ou réparation. La plupart d'entre elles n'arrivent jamais à savoir la vérité sur ce qui est arrivé à leurs proches. », a-t-il ajouté.
Les policiers prétendent fréquemment que leur victime avait commis un vol à main armée, et qu'ils l'ont tuée au cours d'un échange de coups de feu ou parce qu'elle tentait de s'échapper durant sa garde à vue. Ces allégations sont souvent hautement invraisemblables.
Emmanuel Egbo avait quinze ans quand a été tué par un policier à Enugu en septembre 2008. D'après des témoins, il jouait avec d'autres enfants devant la maison de son oncle lorsque trois policiers se sont approchés d'eux. Un des policiers a sorti une arme à feu et l'a abattu, affirmant qu'il avait commis un vol à main armée. Emmanuel Egbo n'était pas armé.
En août 2009, sa famille a découvert que son corps avait disparu de la morgue. En novembre 2009, il n'avait toujours pas été retrouvé.
Amnesty International a souligné que certains policiers considéraient le fait de tuer des « auteurs de vols à main armée » en garde à vue comme une pratique acceptable.
En juin 2009, l'organisation s'est rendue au centre de détention de la Brigade spéciale de lutte contre le banditisme à Abuja, situé dans un abattoir désaffecté en dehors de la ville.
Les suspects y sont incarcérés dans un vaste entrepôt qui servait autrefois à abattre le bétail. Des chaînes pendent toujours du plafond. Lorsque les délégués d'Amnesty International ont visité les lieux, une quinzaine de personnes étaient détenues dans des cellules. Ils ont dénombré pas moins de 30 cartouches vides éparpillées sur le sol.
Un policier leur a indiqué, à titre officieux, que de nombreux « auteurs de vols à main armée » étaient conduits dans ce bâtiment et abattus.
Amnesty International a souligné que l'un des principaux aspects du problème des homicides illégaux résidait dans le Règlement 237 des forces de police du Nigeria, aux termes duquel les policiers peuvent ouvrir le feu sur des suspects ou des détenus cherchant à s'échapper ou à se soustraire à une arrestation – et ce même si cela n'est pas indispensable pour protéger des vies humaines.
« Le Règlement 237 est incroyablement permissif. Il autorise purement et simplement les policiers à abattre les gens. Il est contraire aux normes internationales, et il est utilisé abusivement par certains policiers pour commettre, justifier et couvrir des homicides illégaux, a déclaré Erwin van der Borght.
« Les autorités doivent modifier le Règlement 237 et déclarer publiquement que le recours à la force meurtrière n'est autorisé que s'il est absolument inévitable pour protéger des vies humaines. Cette simple initiative pourrait permettre de faire baisser considérablement le nombre d'homicides illégaux commis par des policiers au Nigeria. », a-t-il ajouté.
Les disparitions forcées sont monnaie courante au Nigeria. Généralement, les jours ou les semaines qui suivent une arrestation, les proches de la personne appréhendée sont autorisés à lui rendre visite en garde à vue. Puis, plus tard, la police leur dit que le détenu a été « transféré à Abuja » ou qu'elle ignore où il se trouve.
Les autorités nigérianes affirment ne pas cautionner les exécutions extrajudiciaires. Toutefois, elles ne prennent pas de mesures suffisantes pour mettre un terme à cette pratique et traduire en justice les policiers soupçonnés de tels agissements. Même dans les rares cas où des policiers impliqués dans une affaire d'homicide illégal sont poursuivis, ils sont souvent libérés sous caution ou ne sont pas placés en détention. Certains sont simplement transférés dans d'autres États.
« Il ne sera possible de mettre fin aux homicides illégaux et aux disparitions forcées imputables à des policiers qu'en adoptant des réformes législatives sérieuses et en obtenant la coopération et le soutien des forces de police nigérianes, a déclaré Erwin van der Borght. La police nigériane doit adopter un nouveau code de conduite applicable à chaque niveau de la chaîne de commandement, depuis les grades les plus élevés jusqu'aux plus bas. Sinon, la violence ne fera qu'empirer. »
« Chaque année, la police nigériane commet des centaines d'homicides illégaux, a déclaré Erwin van der Borght, directeur du Programme Afrique d'Amnesty International.
« La police ne se contente pas de perpétrer des homicides par balles, elle torture aussi des personnes à mort, souvent lors des gardes à vue.
« Dans la majorité des cas, aucune enquête n'est ouverte et les policiers responsables ne sont pas sanctionnés. Les familles de victimes obtiennent rarement justice ou réparation. La plupart d'entre elles n'arrivent jamais à savoir la vérité sur ce qui est arrivé à leurs proches. », a-t-il ajouté.
Les policiers prétendent fréquemment que leur victime avait commis un vol à main armée, et qu'ils l'ont tuée au cours d'un échange de coups de feu ou parce qu'elle tentait de s'échapper durant sa garde à vue. Ces allégations sont souvent hautement invraisemblables.
Emmanuel Egbo avait quinze ans quand a été tué par un policier à Enugu en septembre 2008. D'après des témoins, il jouait avec d'autres enfants devant la maison de son oncle lorsque trois policiers se sont approchés d'eux. Un des policiers a sorti une arme à feu et l'a abattu, affirmant qu'il avait commis un vol à main armée. Emmanuel Egbo n'était pas armé.
En août 2009, sa famille a découvert que son corps avait disparu de la morgue. En novembre 2009, il n'avait toujours pas été retrouvé.
Amnesty International a souligné que certains policiers considéraient le fait de tuer des « auteurs de vols à main armée » en garde à vue comme une pratique acceptable.
En juin 2009, l'organisation s'est rendue au centre de détention de la Brigade spéciale de lutte contre le banditisme à Abuja, situé dans un abattoir désaffecté en dehors de la ville.
Les suspects y sont incarcérés dans un vaste entrepôt qui servait autrefois à abattre le bétail. Des chaînes pendent toujours du plafond. Lorsque les délégués d'Amnesty International ont visité les lieux, une quinzaine de personnes étaient détenues dans des cellules. Ils ont dénombré pas moins de 30 cartouches vides éparpillées sur le sol.
Un policier leur a indiqué, à titre officieux, que de nombreux « auteurs de vols à main armée » étaient conduits dans ce bâtiment et abattus.
Amnesty International a souligné que l'un des principaux aspects du problème des homicides illégaux résidait dans le Règlement 237 des forces de police du Nigeria, aux termes duquel les policiers peuvent ouvrir le feu sur des suspects ou des détenus cherchant à s'échapper ou à se soustraire à une arrestation – et ce même si cela n'est pas indispensable pour protéger des vies humaines.
« Le Règlement 237 est incroyablement permissif. Il autorise purement et simplement les policiers à abattre les gens. Il est contraire aux normes internationales, et il est utilisé abusivement par certains policiers pour commettre, justifier et couvrir des homicides illégaux, a déclaré Erwin van der Borght.
« Les autorités doivent modifier le Règlement 237 et déclarer publiquement que le recours à la force meurtrière n'est autorisé que s'il est absolument inévitable pour protéger des vies humaines. Cette simple initiative pourrait permettre de faire baisser considérablement le nombre d'homicides illégaux commis par des policiers au Nigeria. », a-t-il ajouté.
Les disparitions forcées sont monnaie courante au Nigeria. Généralement, les jours ou les semaines qui suivent une arrestation, les proches de la personne appréhendée sont autorisés à lui rendre visite en garde à vue. Puis, plus tard, la police leur dit que le détenu a été « transféré à Abuja » ou qu'elle ignore où il se trouve.
Les autorités nigérianes affirment ne pas cautionner les exécutions extrajudiciaires. Toutefois, elles ne prennent pas de mesures suffisantes pour mettre un terme à cette pratique et traduire en justice les policiers soupçonnés de tels agissements. Même dans les rares cas où des policiers impliqués dans une affaire d'homicide illégal sont poursuivis, ils sont souvent libérés sous caution ou ne sont pas placés en détention. Certains sont simplement transférés dans d'autres États.
« Il ne sera possible de mettre fin aux homicides illégaux et aux disparitions forcées imputables à des policiers qu'en adoptant des réformes législatives sérieuses et en obtenant la coopération et le soutien des forces de police nigérianes, a déclaré Erwin van der Borght. La police nigériane doit adopter un nouveau code de conduite applicable à chaque niveau de la chaîne de commandement, depuis les grades les plus élevés jusqu'aux plus bas. Sinon, la violence ne fera qu'empirer. »
Nigeria. Ils tuent à leur gré. Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux commis par des policiers au Nigeria
Index AI : AFR 44/037/2009Date de publication : 9 décembre 2009
Catégorie(s) : Nigeria
Nigeria. Ils tuent à leur gré. Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux commis par la police au Nigeria
Index AI : AFR 44/038/2009Date de publication : 9 décembre 2009
Catégorie(s) : Nigeria
Chaque année, des centaines de personnes sont tuées illégalement par la police au Nigeria, certaines parce qu’elles n’ont pas voulu payer un pot-de-vin et d’autres parce que la police a fait un usage abusif de la force au cours d’une arrestation. D’autres encore sont exécutées de manière extrajudiciaire. Une fois détenues et loin des regards, certaines sont torturées à mort dans des postes de police ; d’autres disparaissent. Le gouvernement du Nigeria doit agir sans tarder pour mettre fin aux homicides illégaux, traduire les coupables présumés en justice et garantir aux familles des victimes une réparation adéquate.

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