• Le document mentionné n'est pas disponible en français.
  • Le document mentionné n'est pas disponible en français.

Les réfugiés irakiens en proie à une situation désespérée

Une Irakienne vend des cigarettes dans le centre-ville d'Amman

Une Irakienne vend des cigarettes dans le centre-ville d'Amman

© UNHCR / P.Sands


15 juin 2008

 

Omar, réfugié de soixante-neuf ans venant de Bagdad, dit qu’il mourra de « mort lente » s’il ne reçoit plus d’aide. Lui et sa famille dépendent de l’aide alimentaire et médicale depuis qu’ils ont fui en Syrie en 2006. HCR, mai 2008


L’Irak demeure l’un des pays les plus dangereux. Le nombre de réfugiés ne cesse de croître. Selon le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 4,7 millions d’Irakiens auraient été déplacés à l’intérieur du pays ou auraient fui à l’étranger depuis que la coalition conduite par les États-Unis a envahi l’Irak en mars 2003 ; pour un grand nombre de ces personnes la situation est désespérée.

Dans un nouveau rapport intitulé La crise des réfugiés irakiens : le discours et la réalité, Amnesty International écrit que la réaction de la communauté internationale face à cette crise est totalement inadaptée. Des pays comme la Jordanie et la Syrie accueillent la plupart des réfugiés mais n’ont pas les moyens de répondre aux besoins de tous ceux qui arrivent sur leur territoire.

À elle seule, la Syrie accueille sans doute plus d’un million de réfugiés. En 2007, un très faible pourcentage de la population déplacée irakienne, 1 %, avait trouvé refuge dans le monde industrialisé.

Pour marquer la Journée internationale des réfugiés, Amnesty International a appelé la communauté internationale, et en particulier les États ayant participé à l’invasion de l’Irak conduite par les États-Unis, à prendre de réelles mesures pour soulager la souffrance des personnes ayant dû fuir de chez elles. L’organisation a rappelé que ces États se devaient d’aider les pays hôtes et les organisations humanitaires actives dans la région à prendre en charge ces très nombreux réfugiés.

« Pour de nombreux réfugiés, survivre devient difficile, a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International. Ils ne peuvent pas travailler et n'ont pas les moyens de payer un loyer, ni d'acheter à manger ou de se procurer des médicaments pour eux et leur famille. Ceux qui ont eu la chance de pouvoir quitter l’Irak vivent de leurs économies qui, pour nombre d’entre eux, fondent rapidement. »

De nombreuses familles sont dans l'indigence et confrontées à des choix impossibles et à de nouveaux dangers, notamment le travail des enfants, la prostitution et la perspective d'être contraintes par les circonstances à un retour « volontaire » en Irak.

Les instances humanitaires ne peuvent faire face aux besoins même élémentaires des réfugiés de plus en plus nombreux. Le HCR prévoit que d’ici la fin de l’année, il devra distribuer des vivres à environ 300 000 personnes rien qu’en Syrie. Il a annoncé récemment qu'en raison d’un financement insuffisant, en août il ne serait plus « en mesure de répondre à tous les besoins élémentaires de santé des Iraquiens et de nombreux Iraquiens souffrant de maladies graves et chroniques ne pourront pas recevoir leurs médicaments mensuels ».

Les programmes de distribution d'aide alimentaire dont bénéficient actuellement 150 000 réfugiés en Syrie et en Jordanie pourraient être revus à la baisse ce qui « [plongerait] de nombreux Iraquiens dans une pauvreté plus grave et [accroîtrait] le risque d'une augmentation des taux de malnutrition et du travail des enfants ».

Amnesty International demande à la communauté internationale d’augmenter les fonds qu’elle alloue aux agences humanitaires comme le HCR ainsi qu’aux pays qui abritent des réfugiés irakiens. Des efforts soutenus doivent être déployés pour la réinstallation des réfugiés vulnérables, comme ceux qui sont grièvement malades, dans des pays où leurs besoins pourront être satisfaits.

Manal (son nom a été modifié), une réfugiée vivant à Damas, a déclaré à Amnesty International en février 2008 que trois de ces enfants, âgés de six à quinze ans, devaient travailler pour assurer la survie de la famille.

Son garçon âgé de six ans vend des chewing-gums dans la rue pour l'équivalent d'un dollar par jour, sa fille de dix ans se livre à la même activité trois jours par semaine et son fils plus âgé cire des chaussures pour l'équivalent de deux dollars par jour. Seule sa fille va à l’école. La famille a fui en Syrie en 2006 après que la maison eût été endommagée par des explosions.

En dépit des affirmations au sein de la communauté internationale selon lesquelles l’« amélioration » de la sécurité en Irak aurait incité des personnes à un retour « volontaire », ce sont en fait le manque d’argent et de moyens de subsistance qui poussent les gens à retourner dans les lieux qu’ils ont fuis. Ils rentrent à leurs risques et périls.

En plus de n’apporter aucun soutien financier et pratique, certains États rejettent les demandes d’asile d’Irakiens dans des proportions alarmantes. Un nombre croissant de pays européens renvoient en Irak les demandeurs d'asile déboutés ; c'est notamment le cas de la Suède qui était pourtant auparavant un exemple pour ses voisins européens. Certains États poussent indirectement des Irakiens au retour, par exemple en mettant fin aux aides en direction des demandeurs d’asile déboutés qui sont, de ce fait, contraints à un retour « volontaire » en Irak.

L’inertie face à cette crise contribue à la détérioration de la protection des droits fondamentaux de personnes qui ont été contraintes de fuir de chez elles par crainte pour leur vie. Des ressources sont indispensables pour aider les pays de la région à faire face à leurs responsabilités en accueillant tous ceux qui fuient les violences et les atteintes aux droits humains.

Irak. La crise des réfugiés irakiens : le discours et la réalité

Télécharger :
Index AI : MDE 14/011/2008
Date de publication : 15 juin 2008
Catégorie(s) : Égypte, Irak, Jordanie, Liban, Syrie

Les déplacements de populations dus à l'invasion de l'Irak par les forces de la coalition dirigée par les États-Unis et au conflit armé interne qui a suivi ont atteint un niveau intolérable. Des millions de personnes en danger ont fui leur domicile, et la plupart ont du mal à survivre. La crise des réfugiés et des personnes déplacées a pris des proportions tragiques. Or, les gouvernements étrangers ne font pratiquement rien pour leur venir en aide. Amnesty International craint que la passivité de la communauté internationale face à la crise n’érode encore davantage la protection des droits fondamentaux des personnes contraintes de fuir de chez elles en raison de l'insécurité.


Ce document est également disponible en :

Arabe:
Espagnol :
Anglais :

Irak. Au camp d'Al Tanf : les Palestiniens qui fuient l'Irak continuent de souffrir

Télécharger :
Index AI : MDE 14/012/2008
Date de publication : 14 avril 2008
Catégorie(s) : Irak

Ce document est également disponible en :

Anglais :
Arabe:
Espagnol :

Irak. Cinq années de carnage et de désespoir

Télécharger :
Index AI : MDE 14/001/2008
Date de publication : 17 mars 2008
Catégorie(s) : Irak

Cinq ans après le renversement du régime de Saddam Hussein par la coalition conduite par les États-Unis, l'Irak demeure l'un des pays les plus dangereux au monde. Des centaines de personnes sont tuées chaque mois dans un contexte de violence généralisée, et d'innombrables vies sont menacées quotidiennement du fait de la pauvreté, des coupures d'électricité et d'eau, ainsi que de la pénurie de nourriture et de médicaments. De plus, la violence contre les femmes et les jeunes filles est en augmentation. La haine motivée par l'intolérance religieuse déchire des familles et des quartiers qui vivaient autrefois en harmonie.


Ce document est également disponible en :

Anglais :
Arabe:
Espagnol :

IRAK. La situation des réfugiés irakiens en Syrie

Télécharger :
Index AI : MDE 14/036/2007
Date de publication : 26 juillet 2007
Catégorie(s) : Irak, Moyen-Orient et Afrique du Nord

Ce document est également disponible en :

Anglais :
Espagnol :
Arabe: