L’Europe doit affronter les faits concernant les "restitutions"
Abu Omar, victime d’une «restitution» et d’une détention secrète.
© Amnesty International.
Manfred Nowak, rapporteur spécial des Nations unies sur la torture.
© Amnesty International
24 juin 2008
Abu Omar décrivant son état après les tortures qu’il a subies en Égypte
Usama Mostafa Hassan Nasr, plus connu sous le nom d’Abu Omar, a été capturé à Milan, dans la rue, par des agents américains et italiens le 17 février 2003. Des agents de la Central Intelligence Agency (CIA, Services de renseignements des États-Unis) l’ont ensuite transféré en Égypte via l’Allemagne. Il y est resté incarcéré pendant près de quatre ans, dont quatorze mois en détention secrète. Il dit que pendant sept mois il a été torturé jusqu’à douze heures par jour.
Abu Omar fait partie des treize hommes ayant subi une « restitution » et une détention secrète dont les cas sont exposés dans le rapport State of denial: Europe’s role in rendition and secret detention.
Ce document fait état du rôle joué par des pays européens dans ces pratiques – certains ont notamment autorisé des avions affrétés par la CIA pour des « restitutions » de détenus à utiliser l’espace aérien et des aéroports européens ou encore accueilli des centres de détention secrets, appelés « sites noirs » – et de leur refus d'admettre les violations commises par leurs ressortissants ou sur leur territoire, et d’enquêter sur ces agissements.
« Cela fait trop longtemps que les gouvernements européens nient les faits et esquivent la vérité, a déclaré Amnesty International. Leur participation aux "restitutions" et aux détentions secrètes contraste fortement avec leurs propos quand ils affirment être des acteurs responsables dans la lutte contre le terrorisme. »
Dans son document intitulé Europe: Six steps for Europe to end rendition and secret detention, Amnesty International appelle les États à condamner les « restitutions » et la détention secrète, et à prendre des mesures concrètes pour que les responsables de ces agissements répondent de leurs actes devant la justice et pour que les victimes obtiennent réparation.
Ce que vous pouvez faire
Comme la France va prochainement assurer la présidence de l’Union européenne, veuillez envoyer un courriel au président Nicolas Sarkozy afin de lui demander d'encourager le Conseil européen à prendre des mesures pour mettre un terme aux « restitutions » et à la détention secrète.
Demandez que les victimes de « restitutions » et de détentions secrètes obtiennent justice.
Rôle de l'Europe dans les « restitutions » et les détentions secrètes : les gouvernements nient la réalité
Index AI: EUR 01/003/2008Date de publication: 24 juin 2008
Catégories: Europe et Asie centrale
Le présent rapport se penche sur certaines des pratiques de la CIA et d'autres services américains en Europe, ainsi que sur les relations qu'ils entretiennent avec les Européens dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme», parfois en coopération avec les services de renseignement nationaux ou d'autres services européens. S'appuyant sur les faits préoccupants révélés depuis la publication, il y a deux ans, du rapport d'Amnesty International intitulé «Partenaires dans le crime» : le rôle de l'Europe dans les «restitutions» des États-Unis, il s'intéresse plus particulièrement à sept aspects du rôle de l'Europe dans le programme de «restitutions» et de détentions secrètes.
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