Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

26 mai 2011

L'inondation d'une zone pour la mise en place d'un barrage au Panama menace les familles indigènes

L'inondation d'une zone pour la mise en place d'un barrage au Panama menace les familles indigènes

Amnesty International a appelé le Panama à empêcher l'inondation d'une zone où des familles indigènes vivent encore, tandis que se poursuivent les négociations sur leur réinstallation visant à laisser place à un barrage sur leurs terres.

Le 20 mai, le bureau du vice-président panaméen a annoncé que le processus d'inondation débuterait bientôt. Il consiste à remplir le barrage Chan 75, dans le district de Changuinola, dans la province de Bocas del Toro (nord-ouest du pays). Des militants locaux ont indiqué le 23 mai à Amnesty International que le niveau de l'eau avait déjà commencé à monter.

Bien que plusieurs centaines de familles indigènes Ngöbe aient déjà quitté la zone, certaines restent encore sur place à leur domicile et négocient toujours leur réinstallation avec les autorités locales.

« Il est absolument inadmissible que les autorités panaméennes permettent l'inondation de cette zone avant de s'être assurées que toutes les familles Ngöbe ont été éloignées et placées en sécurité, a déclaré Sebastian Elgueta, responsable des recherches sur l'Amérique centrale au sein d'Amnesty International.

« Des personnes habitent encore sur la trajectoire où doit passer l'eau, et leurs vies et leur sécurité sont menacées. »

Selon les militants locaux, certaines des familles affirment ne pas avoir reçu la totalité du montant des indemnités convenues.

Les autorités locales, notamment la police antiémeutes, ont été appelées pour déplacer de force les personnes qui vivent toujours sur place et plusieurs habitations indigènes ont été démolies.

Dans un rapport concernant le barrage Chan 75 présenté en septembre 2009, le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme et des libertés fondamentales des populations autochtones a souligné que, alors que cette construction aurait des « conséquences notables » sur les communautés indigènes vivant à proximité, aucune n'avait été consultée de façon appropriée ou n'avait eu l'occasion de donner son accord concernant leur réinstallation. Le Panama est tenu, au regard du droit international, de demander le consentement préalable, libre et éclairé des populations autochtones dans ce type de cas.

« Dans toute la région, des populations indigènes ont été contraintes à abandonner leurs terres ancestrales, ont perdu leurs sources de revenus et leurs moyens de subsistance et ont basculé dans la pauvreté en conséquence directe de vastes projets d'infrastructure et de litiges fonciers, a ajouté Sebastian Elgueta.

« La protection des droits humains et la promotion du développement économique ne sont pas incompatibles, et l'un des plus importants défis pour la région est de veiller à ce qu'elles soient en accord l'une avec l'autre. »

Thème

Exigeons la dignité 
Droits économiques, sociaux et culturels 
Peuples autochtones 

Pays

Panama 

Région ou pays

Amériques 

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