Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

19 juin 2009

Iran : arrestation de dirigeants de l'opposition

Iran : arrestation de dirigeants de l'opposition
Sept dirigeants politiques de premier plan arrêtés cette semaine en raison de leurs opinions présumées au sujet de l'élection présidentielle contestée risquent, semble-t-il, d'être soumis à la torture ou à d'autres formes de mauvais traitements. Ils doivent être remis en liberté immédiatement et sans condition.

Ces sept hommes représentent des groupes politiques largement considérés comme favorables aux candidats qui étaient opposés au président sortant, Mahmoud Ahmadinejad. On ignore où ils sont détenus.

Amnesty International a indiqué qu'elle les considère tous les sept comme des prisonniers d'opinion, et qu'elle éprouve des craintes au sujet de leur sécurité. L'organisation demande leur libération immédiate et sans condition. Elle demande également la libération de toutes les autres personnes arrêtées uniquement en raison de leurs opinions pourtant pacifiques, notamment au sujet du résultat des élections.

Les sept hommes figurent parmi les quelque 200 représentants politiques, journalistes, universitaires, étudiants et défenseurs des droits humains qui, selon les informations reçues par Amnesty International, ont été arrêtés, parfois brièvement, à travers l'Iran depuis l'élection du 12 juin. Sept personnes ont été arrêtées mardi. Un huitième homme, Ebrahim Yazdi, arrêté mercredi alors qu'il était en soins intensifs à l'hôpital, a été relâché et renvoyé à l'hôpital jeudi. Des centaines d'autres personnes ont été arrêtées au cours des manifestations généralement pacifiques organisées pour protester contre les résultats de l'élection ; un grand nombre d'entre elles ont été remises en liberté.

Dans les jours qui ont suivi le scrutin, des centaines de milliers de personnes ont participé à des marches et à des manifestations dans tout le pays pour protester contre le déroulement et les résultats de l'élection.

La plupart des manifestants se sont comportés de manière pacifique mais des actes de violence ont parfois eu lieu, tels que des jets de pierres et des incendies volontaires. La police et les forces de sécurité, y compris les bassidji (miliciens volontaires), ont utilisé une force excessive lors de certains rassemblements, notamment en frappant et en matraquant des manifestants et parfois même en tirant sur eux à balles réelles.

Amnesty International a recensé jusqu'à 10 homicides, dont huit ont été confirmés par la presse contrôlée par l'État. On est sans nouvelles d'au moins quatre étudiants depuis l'attaque de leur logement. Les autorités doivent immédiatement expliquer ce qu'il est advenu d'eux, et des enquêtes doivent être menées au sujet de tous les homicides signalés.

Les huit hommes politiques sont :

Mohammad Ali Abtahi
Des membres de la famille de Mohammad Ali Abtahi ont indiqué à Amnesty International qu'il avait été arrêté par trois policiers en civil qui étaient venus le chercher à son domicile le 16 juin. Après une brève conversation, il a rassemblé quelques effets personnels et a dit à sa famille que les agents étaient venus pour l'arrêter et qu'ils allaient l'emmener. Ce religieux a été l'un des conseillers de l'ancien président iranien Mohammad Khatami, et il a occupé le poste de vice-président au cours du second mandat de celui-ci.

Mohsen Aminzadeh
Mohsen Aminzadeh, qui a été vice-ministre des Affaires étrangères sous la présidence de Mohammad Khatami, est un membre dirigeant du Front de participation islamique iranien.
 
Said Hajjarian
Said Hajjarian est un ancien conseiller municipal de la ville de Téhéran et un ancien conseiller de Mohammad Khatami. Il a, par ailleurs, été journaliste d'investigation. Il se déplace en fauteuil roulant depuis la tentative d'assassinat dont il a été victime en 2000. Les responsables de l'attentat ont soutenu qu'il était une cible légitime aux termes d'une disposition du droit iranien qui fait référence aux personnes « dont le sang peut être légitimement versé » car il avait révélé le rôle de l'État dans une série de meurtres principalement commis dans les années 1990. Son neurologue a déclaré que son état nécessitait en permanence des soins infirmiers et des séances de kinésithérapie, et que la détention pouvait mettre sa vie en danger.

Behzad Nabavi
Behzad Nabavi est l'un des membres fondateurs de l'Organisation des moudjahidin de la révolution islamique, un mouvement politique fidèle à l'ancien président Mohammad Khatami, et il a été parlementaire entre 2000 et 2004. Dans les années 1980, il a été ministre dans des gouvernements dirigés par Mir Hossein Moussavi, alors Premier ministre.

Abdollah Ramazanzadeh
Ancien porte-parole du gouvernement sous la présidence de Mohammad Khatami, entre 2001 et 2004, Abdollah Ramazanzadeh est le dirigeant adjoint du Front de participation islamique iranien.

Mostafa Tajzadeh
Mostafa Tajzadeh a été vice-ministre de l'Intérieur sous la présidence de Mohammad Khatami, entre 2001 et 2004.

Mohammad Tavassoli
Mohammad Tavassoli est un membre éminent du Mouvement pour la liberté de l'Iran.

Ebrahim Yazdi
Ebrahim Yazdi est le secrétaire général du Mouvement pour la liberté de l'Iran. Il a fait partie du gouvernement constitué en 1979 et a été membre du Parlement après la révolution islamique. Il a été arrêté mercredi dans un hôpital du centre de Téhéran, où il était en observation.

La veille, son domicile avait été perquisitionné et des effets personnels, notamment des carnets et son ordinateur, avaient été saisis. Il aurait critiqué le déroulement de l'élection du 12 juin. Il a été renvoyé à l'hôpital Pars le 18 juin, probablement parce que son état de santé s'était dégradé, mais il est apparemment toujours en détention.

Pour en savoir plus :

Graves troubles en Iran à la suite des élections
L'Iran doit protéger les droits des manifestants

Pays

Iran 

Région ou pays

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

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