Rapport 2011
La situation des droits humains dans le monde

24 septembre 2009

Sri Lanka : violents affrontements entre l'armée et des détenus

Sri Lanka : violents affrontements entre l'armée et des détenus
Un détenu a été gravement blessé et a dû être hospitalisé à la suite de violents affrontements mardi entre l'armée sri-lankaise et des personnes détenues dans un établissement d'enseignement à Vavuniya, dans le nord-est du Sri Lanka.

Il avait été signalé dans un premier temps que le détenu, Sri Chandramorgan, de Kanahapuram, Kilinochchi, avait été tué par l'armée alors qu'il tentait de s'enfuir de l'école normale d'instituteurs de Poonthotham, utilisée comme centre de détention non officiel. Cette rumeur a déclenché des troubles dans le camp et la route qui y conduit a été fermée par les autorités.

« Le risque de graves violations des droits humains, notamment d'actes de torture, de disparitions forcées et d'exécutions extrajudiciaires, augmente fortement lorsque des personnes sont détenues dans des lieux qui ne sont pas des centres de détention officiels et où la procédure et les garanties prévues par la loi ne sont pas respectées », a souligné Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

Certains lieux tels que cette école normale d'instituteurs sont utilisés de manière irrégulière comme centres de détention. Depuis mai 2009, 10 000 à 12 000 personnes soupçonnées de liens avec les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE ou Tigres tamouls) ont été enfermées dans des centres de détention irréguliers utilisés par les forces de sécurité sri-lankaises et par des groupes paramilitaires qui leur sont affiliés.

Plusieurs groupes de ce type opérant dans le secteur de Vavuniya ont été impliqués dans des violations des droits humains, notamment l'Organisation populaire de libération de l'Eelam tamoul (PLOTE), l'Organisation de libération de l'Eelam tamoul (TELO), le Parti démocratique du peuple d'Eelam (EPDP) et les factions des Tigres de libération populaire de l'Eelam tamoul (TMVP).

Le 25 mai, une semaine après que le gouvernement sri-lankais eut proclamé sa victoire sur les Tigres tamouls, le général Sarath Fonseka a annoncé que 9 000 cadres des Tigres tamouls s'étaient rendus à l'armée.

Depuis, il est régulièrement fait état d'arrestations. Certaines ont été officiellement reconnues et la presse sri-lankaise en a rendu compte, mais d'autres ont été signalées par des proches des personnes arrêtées se trouvant dans des camps pour personnes déplacées.

Un grand nombre des détenus sont maintenus en détention au secret, ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas communiquer avec leur famille ou avec un avocat et qu'ils n'ont pas comparu devant un juge.

Amnesty International a confirmé l'emplacement d'au moins 10 de ces centres, installés dans des écoles ou dans des hôtels qui avaient à l'origine été transformés en camps pour personnes déplacées, dans le nord du pays. Il a également été signalé que d'autres lieux de détention non officiels étaient utilisés dans le pays.

Le Comité international de la Croix-Rouge n'a pas accès à ces détenus, et il n'y a pas de transparence en ce qui concerne leur enregistrement et la façon dont ils sont traités.

Le maintien en détention au secret de suspects dans des lieux de détention irréguliers (c'est-à-dire dans des lieux autres que des postes de police, des centres de détention officiels ou des prisons) est au Sri Lanka une pratique persistante associée à la torture, aux homicides et aux disparitions forcées.

Amnesty International a appelé le gouvernement sri-lankais à veiller à ce que la procédure utilisée pour déterminer si des personnes sont des combattants soit appliquée d'une manière qui respecte les droits humains et la dignité des personnes concernées.

Des mesures devraient être prises pour mettre en place un contrôle et une procédure de dépistage des suspects indépendants. Les personnes soupçonnées d'être des Tigres tamouls ne doivent être détenues que dans des lieux de détention reconnus et elles doivent être présentées devant une autorité judiciaire sans délai après leur placement en détention.

Pour en savoir plus :

Sri Lanka : le gouvernement commence à ouvrir les camps, mais le futur est incertain pour les personnes déplacées (nouvelle, 11 septembre)
Sri Lanka : situation des personnes déplacées par le conflit (article, 11 septembre 2009)
Ouvrez les camps au Sri Lanka (nouvelle, 7 août 2009)

Thème

Conflit armé 
Détention 
Disparitions et enlèvements 
Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux 
Torture et mauvais traitements 

Pays

Sri Lanka 

Région ou pays

Asie - Pacifique 

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