Lutte contre le terrorisme et droits humains : le bilan mitigé des cent jours
Nous n'attendons pas l'impossible du président Obama pour ses cent jours (vidéo en anglais).
© Amnesty International
Les cent jours du président Obama : un bilan mitigé (vidéo en anglais).
© Amnesty International
Le président Barack Obama vient de signer le décret ordonnant la fermeture de Guantánamo (22 janvier 2009).
© AP/PA Photo/Charles Dharapak
Le gouvernement des États-Unis a non seulement commis des violations des droits humains – y compris des actes de torture et des disparitions forcées, qui sont des crimes au regard du international – mais aussi tenté de les justifier en prétendant qu'elles étaient nécessaires et légales.
En novembre 2008, Amnesty International a exhorté le président élu Barack Obama à inverser la tendance en plaçant les droits humains au centre de la stratégie de son gouvernement en matière de lutte contre le terrorisme.
Après sa prise de fonction en janvier 2009, nous avons demandé au président Obama de prendre 17 mesures concrètes au cours des cent premiers jours de son mandat pour :
- fermer Guantánamo et mettre fin aux détentions illégales ;
- mettre fin à la torture et aux autres mauvais traitements ;
- mettre fin à l'impunité.
Alors que se termine cette période des cent jours, il est clair que d'importantes mesures ont été prises, y compris pour mettre un terme à certaines politiques désastreuses en matière de détention et d'interrogatoire qui avaient été mises en place sous le précédent gouvernement.
Mais dans d'autres domaines les avancées sont davantage symboliques que concrètes. Ainsi, le gouvernement du président Obama n'a pas fait grand-chose pour que les responsables des violations des droits humains commises dans le passé rendent des comptes, ce qui a renforcé l'impunité cultivée par le passé.
Le rapport Mixed messages: Counter Terror and Human Rights – President Obama's first 100 days montre dans quelle mesure les premières décisions prises par le nouveau gouvernement répondent à l'appel lancé par Amnesty International.
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Signez la pétition et encouragez le président Barack Obama à répondre à l'appel d'Amnesty International
Documents produits par Amnesty International durant la période des cent premiers jours du mandat du président Obama
Le rétablissement des commissions militaires de Guantánamo ne servirait pas la justice
(Nouvelle, 15 mai 2009) Ce n'est pas en remettant au goût du jour les commissions militaires pour juger les détenus de Guantánamo que le président Barack Obama « redorera le blason de la justice », a affirmé Amnesty International.
États-Unis / Yémen. Préoccupations pour la santé / Détention sans jugement. Adnan Farhan Abdul Latif
(Action urgente, 13 mai 2009) Adnan Farhan Abdul Latif, ressortissant yéménite, qui a fait plusieurs tentatives de suicide ces derniers mois, a tailladé l'un de ses poignets lors d'un entretien avec son avocat sur la base navale américaine de Guantánamo Bay (Cuba) le 10 mai. Cet homme est détenu à Guantánamo sans inculpation depuis plus de sept ans. Amnesty International nourrit de vives inquiétudes concernant sa santé physique et psychologique.
États-Unis. Préoccupations d'ordre juridique. 17 Ouïghours détenus à Guantánamo
(Action urgente, 8 mai 2009) Sept mois après qu'un juge fédéral a statué que leur détention était illégale et ordonné que les autorités les libèrent immédiatement et leur permettent de séjourner aux États-Unis, 17 Ouïghours sont toujours en détention illimitée sur la base navale américaine de Guantánamo Bay, à Cuba. Ils y sont détenus sans inculpation depuis plus de sept ans.
(Rapport, 29 avril 2009) Cent jours après l'entrée en fonction du président Barack Obama, son bilan en matière de politique antiterroriste est évalué dans ce nouveau rapport d'Amnesty International.
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Communiqués de presse du 29 avril 2009 : Amnesty International a indiqué ce jour que la politique de lutte contre le terrorisme mise en œuvre par le président Barack Obama au cours des 100 premiers jours de son mandat reposait sur « des promesses de changement assorties de mesures limitées » :
États-Unis. Les 100 premiers jours du président Obama en matière de lutte contre le terrorisme - Chronologie
États-Unis. Lutte contre le terrorisme : les 100 premiers jours du président Obama - Exemples de cas
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(Nouvelle, 23 avril 2009) Selon certaines informations rendues publiques le 22 avril par la commission du Sénat américain sur le renseignement, Condoleezza Rice a approuvé le recours au « waterboarding » (simulacre de noyade) en 2002.
(Rapport, 9 avril 2009) Il y a dix mois, la Cour suprême des États-Unis statuait, dans l'affaire Boumediene c. Bush, que les prisonniers détenus sur la base militaire américaine de Guantánamo Bay, à Cuba, avaient droit à une audience « dans les meilleurs délais » devant une cour fédérale de district en vertu de la procédure d'habeas corpus (qui permet de contester la légalité de la détention). Depuis, seuls quelques détenus ont bénéficié d'une telle audience. Dans ce rapport, Amnesty International expose ses préoccupations.
Des détenus de Guantánamo continuent à attendre que leur cas fasse l'objet d'une révision judiciaire
(Nouvelle, 9 avril 2009) Seule une poignée de détenus de Guantánamo a bénéficié jusqu'à présent d'une audience judiciaire visant à déterminer la légalité de leur détention.
La proposition de l'Irlande d'accueillir des détenus de Guantánamo doit faire des émules
(Nouvelle, 20 mars 2009) Le gouvernement irlandais a proposé d'accueillir un petit nombre de détenus de Guantánamo devant être libérés par les États-Unis mais ne pouvant être renvoyés dans leur pays de crainte qu'ils ne fassent l'objet de violations de leurs droits fondamentaux une fois sur place.
L'administration Obama doit faire preuve de transparence au sujet des détenus de Bagram
(Nouvelle, 10 mars 2009) Un juge fédéral américain a ordonné à l’administration du président Barack Obama de lui fournir avant le 11 mars des informations à jour sur les détenus se trouvant sous la garde des États-Unis à la base aérienne de Bagram, en Afghanistan. Le juge de district John Bates examine la possibilité pour ces détenus de contester leur incarcération devant la justice américaine.
États-Unis. La destruction d'enregistrements de la CIA montre la nécessité d'une enquête exhaustive
(Communiqué de presse, 3 mars 2009) La destruction de près de 100 cassettes vidéos contenant des preuves éventuelles de tortures et d'autres formes de mauvais traitements contre des hommes détenus secrètement par la CIA illustre à quel point il est urgent qu'une commission indépendante enquête sur les atteintes aux droits humains commises par les États-Unis au nom de la « lutte contre le terrorisme », a déclaré Amnesty International ce mardi 3 mars.
(Déclaration publique, 25 février 2009) Le 22 janvier 2009, le président Barack Obama a signé trois décrets relatifs à la détention et aux interrogatoires. Dans l'un d'eux, il s'engageait à fermer le centre de détention de la base navale américaine de Guantanámo Bay d'ici un an, et ordonnait l'examen immédiat de la situation des quelque 240 prisonniers actuellement détenus dans ce centre afin de déterminer le sort qui devait leur être réservé. Ce décret demandait également au secrétaire à la défense d'entreprendre immédiatement une évaluation des conditions de détention à Guantanámo. Les résultats de cette évaluation ont été rendus publics en février 2009.
Binyam Mohamed libéré du camp de Guantánamo
(Nouvelle, 24 février 2009) Le résident britannique Binyam Mohamed a été libéré du camp de Guantánamo lundi, et il a été autorisé à rentrer au Royaume-Uni. Sa famille, ses avocats et des militants de la défense des droits humains, notamment des membres d'Amnesty International, ont largement mené campagne pour obtenir sa libération.
(Action urgente, 19 février 2009) Le ressortissant tchadien Mohammed el Gharani est toujours détenu à la prison de Guantánamo, plus d'un mois après qu'un juge fédéral américain a ordonné sa libération. Placé en détention lorsqu'il était mineur, il a été détenu par l'armée pendant près du tiers de sa vie.
Les ministres européens priés de contribuer à la fermeture de Guantánamo
(Nouvelle, 26 janvier 2009) Une coalition d'organisations de défense des droits humains appelle les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l'Union européenne à apporter leur aide en offrant une protection humanitaire aux détenus qui risquent de subir dans leur pays d'origine de graves atteintes à leurs droits fondamentaux, notamment des actes de torture.
(Communiqué de presse, 23 janvier 2009) Ce vendredi 23 janvier 2009, la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, a qualifié les décrets pris par le président Barack Obama sur les techniques d'interrogatoire et sur la fin du programme de détentions secrètes de la CIA de « décision historique » et de « grand pas en avant qui contribuera à ce que les États-Unis s'alignent de nouveau sur les normes internationales relatives aux droits humains ».
(Nouvelle, 22 janvier 2009) La secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, a déclaré
que le décret du président Barack Obama prévoyant la fermeture du
centre de détention de Guantanámo était « un grand pas en avant » et « un signe positif de la volonté du nouveau gouvernement de réparer les injustices du passé ».
(Communiqué de presse, 21 janvier 2009) Alors que le gouvernement américain prend de nouvelles mesures visant à suspendre les procédures suivies par les commissions militaires à Guantánamo, Amnesty International salue ce « signe positif » et espère qu'il témoigne sans équivoque de « l'intention de ce gouvernement de tourner le dos aux pratiques illégales du passé ».

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