Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

31 août 2010

Un défenseur des droits des peuples indigènes est remis en liberté après deux ans d'emprisonnement

Un défenseur des droits des peuples indigènes est remis en liberté après deux ans d'emprisonnement

Amnesty International s'est félicitée de la libération d'un défenseur des droits des peuples indigènes qui a passé deux années en prison pour une accusation de meurtre forgée de toutes pièces.

Raúl Hernández a été libéré vendredi 27 août, immédiatement après avoir été acquitté par un juge de l'État de Guerrero.

« La libération de Raúl Hernández est la bienvenue, a déclaré Rupert Knox d'Amnesty International. Il faut maintenant que les autorités mexicaines enquêtent sur les poursuites non justifiées qui ont été engagées contre cet homme, et qu'elles l'indemnisent pour cet emprisonnement injuste. »

« La détention prolongée et les poursuites dont a fait l'objet Raúl Hernández s'inscrivent dans une campagne systématique menée par les autorités mexicaines contre les membres de l'Organisation du peuple indigène mephaa (OPIM) pour les punir de se mobiliser pour la défense des droits fondamentaux de leur peuple. »

Raúl Hernández a déclaré au directeur de la section mexicaine d'Amnesty International Alberto Herrera qu'il voulait « remercier Amnesty International et les personnes qui, dans de nombreux pays, [s'étaient] mobilisées pour obtenir [sa] libération ».

Amnesty International menait campagne pour sa remise en liberté depuis novembre 2009, date à laquelle elle l'avait adopté comme prisonnier d'opinion.

Amnesty International est convaincue que Raúl Hernández a été poursuivi parce que les autorités locales voulaient le punir de ses activités légitimes visant à promouvoir les droits des indigènes avec l'OPIM.

Raúl Hernández faisait partie des cinq membres de l'OPIM arrêtés et accusés à tort du meurtre d'Alejandro Feliciano García commis le 1er janvier 2008 dans le village d'El Camalote, dans l'État de Guerrero.

Les quatre autres, Manuel Cruz, Orlando Manzanarez, Natalio Ortega, Romualdo Santiago, avaient été libérés par la suite à la faveur du réexamen de la légitimité de leur détention par un magistrat fédéral.

Le juge fédéral avait refusé d'abandonner les poursuites contre Raúl Hernández en arguant du fait que deux témoins avaient déclaré qu'il était présent sur les lieux au moment du crime.

Le magistrat n'avait pas pris en compte, cependant, le fait que d'autres témoins oculaires avaient indiqué quant à eux que Raúl Hernández n'était pas présent au moment des faits.

L'affaire a été renvoyée devant la justice du Guerrero, où les avocats de la défense ont obtenu que de nouvelles audiences soient consacrées à l'examen des preuves ; c'est à cette occasion qu'il est apparu que les dépositions des témoins de l'accusation n'étaient pas fiables.

« Le cas de Raúl Hernández illustre la vulnérabilité des défenseurs des droits humains au Mexique, a déclaré Rupert Knox. Non seulement ils sont victimes de détentions illégales et d'emprisonnements fondés sur de fausses accusations, mais ils sont aussi harcelés, intimidés, menacés et même tués. »

Environ 116 000 indigènes mephaa vivent dans l'État de Guerrero, dans le sud du pays. Cet État affiche un taux de marginalisation parmi les plus forts et des indicateurs de développement humain parmi les plus faibles de tout le Mexique, d'après « Tlachinollan », Centre des droits humains de la Montagne, une organisation locale.

L'OPIM a été fondée en 2002 dans le but de défendre et de promouvoir les droits des indigènes mephaa.

Au fil des années, Amnesty International a recueilli des informations montrant que les membres d'organisations de défense des droits des indigènes telles que l'OPIM font systématiquement l'objet de manœuvres de harcèlement et d'intimidation dans l'État de Guerrero.

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