Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

4 janvier 2008

Meurtres politiques sur fond de contestation des résultats électoraux au Kenya

Meurtres politiques sur fond de contestation des résultats électoraux au Kenya

Au Kenya, à la suite des résultats controversés de l’élection présidentielle, des groupes de jeunes gens armés se sont livrés dans tout le pays à des meurtres de civils motivés par des considérations politiques. Amnesty International, qui a fermement condamné ces tueries, est particulièrement préoccupée par l’intensification du caractère ethnique des violences.

L’organisation a appelé le gouvernement et les dirigeants politiques du Kenya à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour mettre immédiatement fin aux violences et à s’engager publiquement pour le respect et la protection des droits fondamentaux de tous les habitants du pays.

« Les dirigeants politiques ne doivent tolérer aucune violence contre les sympathisants présumés de leurs rivaux, ni explicitement ni implicitement », a déclaré Erwin van der Borght, directeur du Programme Afrique d’Amnesty International.

Plus de 75 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du pays à la suite des troubles. Fait préoccupant, des informations font aussi régulièrement état d’homicides commis par la police. Jeudi, à Mombasa, une personne aurait été tuée par balle lors d’accrochages entre des policiers et des manifestants.

D’après les informations disponibles, plus de 300 personnes ont été tuées. Parmi elles, plus de 30, essentiellement des femmes et des enfants, ont été délibérément brûlées vives dans une église à Eldoret, dans la vallée du Rift, le 1er janvier. Les victimes s’étaient réfugiées dans cette église pour fuir des groupes de jeunes armés.

Selon le personnel de l’hôpital pour femmes de Nairobi, le nombre de femmes et de jeunes filles victimes de viols individuels ou collectifs a lui aussi fortement augmenté dans le cadre des violences postélectorales.

Dans certaines régions qui ont déjà été le théâtre de conflits interethniques dans le passé, des foules hostiles au gouvernement semblent avoir délibérément attaqué des personnes de l'ethnie kikuyu, à laquelle appartient le président Kibaki, manifestement en représailles aux suspicions de fraude électorale. 

Des groupes de jeunes gens, certains armés de machettes, de bâtons et de pierres, ont érigé des barrages routiers dans différentes régions du pays. 

Le gouvernement kenyan a évacué des personnes sous escorte militaire ou par avion et les a réinstallées dans des lieux plus sûrs; certaines ont ainsi dû quitter Eldoret pour Nairobi ou d’autres régions du pays. Des milliers de gens chercheraient à se réfugier dans les pays voisins, en particulier en Ouganda.

« Le gouvernement du Kenya doit organiser rapidement une aide humanitaire pour les personnes déplacées et garantir au personnel humanitaire toute la sécurité nécessaire », a souligné Erwin van der Borght.

La flambée de violence au Kenya a fait suite à l'annonce, le 30 décembre, de l’élection de Mwai Kibaki à la tête du pays. Le parti de l’opposition de Raila Odinga conteste les résultats de ce scrutin, et des observateurs ont mis en doute la fiabilité du système de dépouillement et de décompte des votes.

Pour en savoir plus :

Kenya. Amnesty International condamne les violences post-électorales (communiqué de presse, 2 janvier 2008)

Amnesty International inquiète des morts imputables à la police lors des manifestations qui ont suivi les élections (communiqué de presse, 31 décembre 2007)

Thème

Groupes armés 

Pays

Kenya 

Région ou pays

Afrique 

@amnestyonline sur Twitter

Nouvelles

15 décembre 2014

Militante exemplaire, Maria Shongwe a surmonté un certain nombre d’obstacles auxquels sont confrontées de nombreuses femmes et jeunes filles en Afrique du Sud, notamment... Pour en savoir plus »

16 décembre 2014

Chelsea Manning purge une peine de 35 ans de prison pour avoir communiqué des informations confidentielles du gouvernement américain au site Internet Wikileaks. Depuis sa... Pour en savoir plus »

08 décembre 2014

Une démarche généreuse a transformé l’ouvrière chinoise Liu Ping en militante anticorruption acharnée. Liao Minyue, sa fille, raconte ce qui s’est passé.

 

Pour en savoir plus »
11 décembre 2014

Le commandant de sous-marin John Remø prenait soin de dissimuler toutes les preuves, cachant les vêtements de femme à la cave. Ce n’est qu’au bout de 30 ans que le... Pour en savoir plus »

12 décembre 2014

L’avocat Mohammed al Roken a été condamné à 10 ans d’emprisonnement en juillet 2013 à la suite d’une vague de répression contre les militants politiques et les... Pour en savoir plus »