Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

30 septembre 2011

Un pasteur iranien accusé d'«apostasie» doit être relâché

Un pasteur iranien accusé d'«apostasie» doit être relâché

Amnesty International exhorte les autorités iraniennes à libérer un pasteur chrétien qui risque d'être exécuté pour « apostasie », parce qu'il a refusé de renier sa religion.

Yousef Nadarkhani, dont le procès s'est terminé le 29 septembre, risque d'être condamné à la peine capitale s'il est déclaré coupable, lors même que le droit iranien n'érige pas l'« apostasie » en infraction.

Selon son avocat, le jugement doit être rendu d'ici une semaine. Yousef Nadarkhani aura le droit d'interjeter appel devant la Cour suprême de la déclaration de culpabilité et de la peine.

« Il est choquant que les autorités iraniennes envisagent de tuer un homme simplement parce qu'il exerce son droit de choisir une autre religion que l'islam », a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

Dans un précédent jugement rendu dans l'affaire Yousef Nadarkhani, la Cour suprême iranienne a déclaré que les décrets (fatwas) prononcés par de hauts dignitaires religieux pouvaient être utilisés comme fondement pour une déclaration de culpabilité, bien que le droit iranien ne fasse pas mention de l'« apostasie ».

L'avocat de Yousef Nadarkhani a présenté trois décrets de hauts dignitaires religieux pour la défense de son client. Deux d'entre eux, qu'Amnesty International a pu lire, jettent des doutes sur la validité religieuse de l'idée selon laquelle il est possible d'exécuter une personne parce qu'elle souhaite changer de foi.

« Yousef Nadarkhani est détenu uniquement en raison de ses croyances religieuses. C'est un prisonnier d'opinion, et il doit être remis en liberté immédiatement et sans condition », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

Yousef Nadarkhani, né de parents musulmans à Rasht, ville du nord de l'Iran, a été arrêté le 13 octobre 2009.

Il s'est tourné vers le christianisme à l'âge de 19 ans, et est alors devenu membre de l'église Only Jesus Church, avant d'être ordonné pasteur à Rasht. Il assure qu'il n'a jamais été musulman pratiquant.

Il semble qu'il ait été arrêté en raison de ses protestations contre l'enseignement obligatoire de l'islam à son fils dans le cadre de l'école.

Yousef Nadarkhani a refusé d'abjurer sa foi durant son procès, qui a duré quatre jours, et aurait déclaré au juge : « Je suis déterminé dans ma foi chrétienne et ne souhaite pas l'abjurer. »

L'audience du 28 septembre était la dernière occasion pour Yousef Nadarkhani d'échapper à l'exécution en reniant sa foi chrétienne.

L'avocat du pasteur, Mohammad Ali Dadkhah, espère que le tribunal acquittera son client des charges retenues contre lui. Mohammad Ali Dadkhah, éminent avocat, est lui-même passible d'une peine de neuf ans de prison et d'une amende en raison de son travail en faveur des droits humains.

« Yousef Nadarkhani est l'un des nombreux avocats, étudiants, défenseurs des droits humains, manifestants, dissidents et membres de minorités ethniques et religieuses, persécutés par les autorités iraniennes parce qu'ils expriment des opinions ou des croyances qui divergent des points de vue officiels, a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui.

« La liberté d'expression et la liberté de croyance sont garanties par les traités internationaux relatifs aux droits humains que l'Iran a ratifiés. Tous les prisonniers d'opinion incarcérés en raison de leurs croyances, notamment les membres des communautés chrétienne, baha'ie et derviche, doivent être libérés. »

Les chrétiens sont en butte à une persécution accrue en Iran depuis l'élection présidentielle controversée de 2009. De hauts responsables du gouvernement, dont le Guide spirituel, ont fait maintes déclarations concernant la nécessité de combattre les « fausses croyances », terme qui semble désigner le christianisme évangélique, le baha'isme et le soufisme.

Farshid Fathi, un autre chrétien âgé de 33 ans, a été arrêté chez lui par des policiers en septembre 2010. Il serait détenu à la prison d'Evin à Téhéran, semble-t-il sans avoir été inculpé ni jugé, ni être entré en contact avec un avocat.

Courant septembre, une cour d'appel a confirmé la condamnation à un an de prison prononcée contre six membres de l'Église d'Iran. Ils avaient été reconnus coupables en avril de « propagande contre l'État », semble-t-il pour prosélytisme.

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