Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

20 juin 2011

Le Guatemala arrête un ancien général accusé de génocide

Le Guatemala arrête un ancien général accusé de génocide

Les autorités guatémaltèques doivent veiller à ce que l'ensemble des responsables présumés des atrocités commises durant le conflit armé interne qu'a connu le pays soient identifiés et traduits en justice, a déclaré Amnesty International après l'arrestation d'un ancien chef militaire à Guatemala, la capitale.

Une enquête a été ouverte lundi 20 juin sur Héctor Mario López Fuentes, général à la retraite âgé de 81 ans, appréhendé vendredi 17 juin. Il a été inculpé de génocide et de crimes contre l'humanité pour son rôle présumé dans des massacres de populations indigènes il y a près de 30 ans.

« L'arrestation d'Héctor Mario López Fuentes est un grand pas en avant vers la justice pour les centaines de milliers de victimes de graves atteintes aux droits humains commises pendant la guerre civile au Guatemala », a déclaré Sebastian Elgueta, spécialiste de l'Amérique centrale à Amnesty International.

« Cependant, la plupart des personnes ayant planifié et perpétré les pires abus courent toujours et doivent être jugées. »

Héctor Mario López Fuentes est accusé d'être l'instigateur de 12 massacres ayant eu lieu en 1982 et 1983. À l'époque, il était le chef d'état-major de l'armée guatémaltèque, le troisième plus haut fonctionnaire du pays.

Sous son autorité, les forces de sécurité guatémaltèques ont tué quelque 317 autochtones mayas dans la zone connue sous le nom de Triangle Ixil, dans le département d'El Quiché (région montagneuse de l'ouest du pays).

Une commission Vérité soutenue par les Nations unies a établi qu'au cours du conflit interne guatémaltèque, qui a duré 36 ans, quelque 200 000 personnes ont été tuées ou ont disparu, et que les forces de sécurité ont commis 440 massacres de populations indigènes.

Cette commission a en particulier déterminé que les opérations anti-insurrectionnelles menées par l'armée dans le Triangle Ixil constituaient des actes de génocide, 32 tueries distinctes ayant visé la population maya-ixi. Quinze de ces massacres ont eu lieu en 1982, alors que le général José Efraín Ríos Montt était président.

Des poursuites pénales engagées en 2001 contre l'ancien général Ríos Montt, actuellement membre du Congrès, sont au point mort depuis longtemps en raison de l'obstruction pratiquée par le ministère de la Défense. En 2007, la Cour constitutionnelle du Guatemala a rejeté la demande d'extradition déposée par un magistrat espagnol afin que cet homme soit jugé en Espagne pour génocide, torture et meurtre.

D'autres anciens responsables militaires et policiers ont été arrêtés ces derniers mois pour leur rôle présumé dans des violations des droits humains perpétrées au cours du conflit armé. On peut citer l'arrestation, ce dernier mois, du colonel Héctor Bol de la Cruz et de Jorge Humberto Gómez López, tous deux anciens chefs de la police nationale en 1984 lorsque des policiers ont soumis Edgar Fernando García, un dirigeant syndical connu, à une disparition forcée.

Un officier militaire et un soldat ayant pris part à un massacre dans le village de Dos Erres dans le département du Petén (nord du pays) en décembre 1982 ont également été appréhendés cette année. Les forces de sécurité guatémaltèques ont torturé et tué 250 hommes, femmes et enfants à Dos Erres, avant de raser le village.

« Pour que justice soit rendue aux victimes de violations des droits fondamentaux et à leurs proches, il est impératif que non seulement les simples soldats mais également les commanditaires des massacres, actes de torture et disparitions ayant semé la terreur au Guatemala il y a des dizaines d'années soient traduits en justice. Depuis des décennies, les victimes et leurs familles réclament justice et réparations pour les crimes contre l'humanité dont elles ont été victimes », a conclu Sebastian Elgueta.

Pour en savoir plus :

Justice and impunity: Guatemala's Historical Clarification Commission 10 years on (plaquette, 25 février 2009)
Justice n'a toujours pas été faite pour les victimes d'un massacre datant de vingt-six ans au Guatémala (communiqué de presse, 5 décembre 2008)
Guatemala: The refusal to grant the extraditions requested by Spain for crimes under international law (document public, 16 mai 2008)

Thème

Crimes contre l'humanité et crimes de guerre 
Disparitions et enlèvements 
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