Libération d’un journaliste tunisien

Slim Boukhdir.

Slim Boukhdir.

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22 juillet 2008

Un journaliste tunisien a recouvré la liberté huit mois après son arrestation.

Slim Boukhdir a été remis en liberté lundi 21 juillet. Il a simplement été informé que le ministère de la Justice avait décidé de lui accorder une libération conditionnelle, sans plus d’explications.

Sa libération est apparemment liée à sa « bonne conduite ». On l’a averti que s’il était reconnu coupable d’une infraction similaire à celle pour laquelle il a été condamné, il devrait purger le reste de sa peine.

Slim Boukhdir avait été arrêté le 26 novembre 2007 et inculpé d’« outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions », d’« atteinte aux bonnes mœurs » et de « refus de présenter ses papiers d’identité ». Le 4 décembre, il avait été condamné à un an de prison au terme d’un procès inéquitable à Sfax, auquel avait assisté Amnesty International. L’organisation de défense des droits humains considérait Slim Boukhdir comme un prisonnier d’opinion et s’était mobilisée pour sa libération.

Amnesty International avait décrit cette condamnation comme un nouveau témoignage « de la volonté des autorités de réduire au silence ceux qui les critiquent » et avait déclaré que cette décision semblait destinée à « signifier aux médias indépendants qu'aucune critique de la politique gouvernementale ou des actions du président Ben Ali ou de ses proches ne sera tolérée ».

Slim Boukhdir travaillait essentiellement pour des médias arabophones comme le quotidien Al Quds Al-Araby, basé à Londres, et le site Al-Arabiya.net. En mai 2007, il avait reçu des menaces de mort téléphoniques anonymes (provenant selon lui d’agents de sécurité) à la suite d'une interview qu'il avait donnée à la chaîne de télévision par satellite Al-Hiwar, basée à Londres. Au cours de cette interview, il avait déclaré qu’un membre de la famille du président Ben Ali devrait assumer ses responsabilités après une bousculade lors d’un concert qu’il avait organisé, au cours de laquelle sept personnes avaient trouvé la mort.

Tout en saluant la libération de Slim Boukhdir, Amnesty International a appelé les autorités tunisiennes à laisser les journalistes travailler en toute liberté, sans subir de harcèlement ni d’ingérence et sans craindre un emprisonnement. Les pouvoirs publics doivent protéger la liberté d’expression conformément aux obligations internationales qui incombent à la Tunisie.

Pour en savoir plus

Tunisie. Amnesty International condamne la confirmation de la peine d'emprisonnement à l'encontre du journaliste Slim Boukhdir (déclaration publique, 22 janvier 2008)
Tunisie. Amnesty International déplore la peine de prison infligée au journaliste Slim Boukhdir (déclaration publique, 4 décembre 2007)