Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

30 avril 2009

Alors que les combats s'intensifient au Pakistan, la crise s'aggrave pour les populations déplacées

Alors que les combats s'intensifient au Pakistan, la crise s'aggrave pour les populations déplacées
Au moins 65 000 personnes déplacées ont désormais besoin d'aide, après avoir fui les combats qui opposent les talibans pakistanais aux forces gouvernementales dans le district du Lower Dir, dans la Province de la Frontière du Nord-Ouest.

L'organisation non gouvernementale (ONG) pakistanaise Al Khidmat a déclaré à Amnesty International à Timergara, chef-lieu du Lower Dir, qu'elle avait recensé au moins 65 000 personnes déplacées. Alors que les opérations militaires ont visiblement cessé au bout de quatre jours, Al Khidmat a déclaré qu'elle était la seule organisation à venir en aide aux populations déplacées, sans aucune assistance du gouvernement central.

Avant ces dernières opérations, 500 000 personnes avaient déjà été déplacées en raison des affrontements, selon les tout derniers chiffres du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

« Aucun signe ne laisse supposer que le gouvernement central du Pakistan s'est préparé à un exode de la population civile, a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Tandis que les opérations militaires se propagent, atteignant sans doute bientôt la vallée de Swat, le gouvernement se doit de fournir aux civils en fuite suffisamment de nourriture, d'abris et de soins. »

Les talibans pakistanais ont publié un avertissement écrit à l'adresse des journalistes de Timergara, dans le Dir, les menaçant s'ils persistaient à diffuser des articles critiquant les talibans et l'instauration du Nizam-e Adl, qui leur confère le contrôle administratif d'une vaste portion de la Province de la Frontière du Nord-Ouest. Après avoir prévenu les journalistes qu'ils seraient jugés devant les tribunaux de la charia (droit musulman), ils ont appelé le club de la presse de Timergara le 29 avril, menaçant d'envoyer un véhicule bourré d'explosifs.

« L'avertissement des talibans aux journalistes démontre une nouvelle fois leur mépris absolu des droits humains
, a affirmé Sam Zarifi. Ils mettent constamment en danger le bien-être des populations qui vivent sous leur contrôle. »

L'hôpital de district de Timergara, dans le Lower Dir, a confirmé la mort de 13 civils durant les combats, dont huit tués le 29 avril : deux femmes, un garçon et cinq hommes (dont deux instituteurs).

Des témoins ont vu à Timergara au moins 28 à 30 maisons entièrement détruites, tandis que des dizaines étaient partiellement endommagées.

Des civils ont raconté que les forces de sécurité les avaient mis en demeure d'évacuer leurs villages durant les opérations. Selon d'autres habitants, l'armée a une nouvelle fois utilisé des hélicoptères de combat et de l'artillerie lourde le 29 avril, bien que les affrontements semblaient avoir cessé à la fin de la journée.

Le 29 avril, la plupart des commerces de Timergara ont observé une grève générale et plusieurs villes du Lower Dir ont été le théâtre de manifestations contre les opérations militaires. Les travailleurs et les dirigeants de la plupart des grands partis pakistanais ont participé à ces manifestations.

Il devient crucial d'apporter une aide systématique aux populations déplacées. Selon les observateurs d'Amnesty International, les civils commencent à quitter le district voisin de Buner, où les forces gouvernementales lancent des attaques appuyées par l'artillerie et les bombardements aériens.

Les chercheurs d'Amnesty International sur le terrain ont constaté que des centaines de civils fuyaient le district de Buner, tandis que l'armée pakistanaise et des unités du Frontier Corps (Corps de frontière) lançaient le 29 avril, vers 16 heures, des opérations appuyées par des avions de chasse et des hélicoptères de combat. D'après les sources d'Amnesty International à Buner, ces troupes se sont déplacées de Mardan jusqu'à la zone appelée Bakhshali.

Des milliers de civils arrivent des districts voisins de Sawabi et Mardan. Les forces de sécurité recommandent aux personnes fuyant cette zone de ne pas se déplacer en petits groupes, car elles risquent d'être touchées par des tirs, les talibans se déplaçant ainsi.

Le couvre-feu est annoncé dans toutes les villes principales sur la route reliant Shehbaz Garaha à Ambela, dans le district de Buner. Ceux qui quittent Buner pour se rendre en lieu sûr rencontrent des difficultés en raison de ce couvre-feu.

Pour en savoir plus :

Carte du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies sur les camps de personnes déplacées dans la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP), en date du 27 avril 2009 (en anglais)
Au Pakistan, le déplacement de milliers de personnes qui fuient les combats pourrait devenir problématique (nouvelle, 28 avril 2009)
Les Pakistanais malmenés par les talibans font entendre leurs voix (nouvelle, 23 avril 2009)
Des milliers de personnes fuient les combats et la faim en Afghanistan (nouvelle, 18 février 2009)
Pakistan : le gouvernement doit protéger les civils de la vallée de la Swat (nouvelle, 12 février 2009)

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