Six ans loin de chez eux : des détenus de Bosnie-Herzégovine à Guantánamo

Mustafa Ait Idir avant sa détention.

Mustafa Ait Idir avant sa détention.

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Mustafa Ait Idir avec son fils (juillet 1999).

Mustafa Ait Idir avec son fils (juillet 1999).

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Hadj Boudella avant sa détention.

Hadj Boudella avant sa détention.

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Mohamed Nechle avant sa détention.
Mohamed Nechle avec un groupe d’orphelins à la Société du Croissant-Rouge (mai 2001).
Lakhdar Boumediene avant sa détention.
Lakhdar Boumediene travaillant avec le Croissant-Rouge (1999).
Belkacem Bensayah avant sa détention.
Saber Lahmar avant sa détention.

18 janvier 2008

« Je retourne auprès de ma femme et de mes enfants, tandis que toi tu repars dans ta cellule comme un chien. »

Propos qui auraient été tenus à Belkacem Bensayah par un enquêteur américain

Contrairement à l’enquêteur qui l’a interrogé, Belkacem Bensayah a peu d’espoir de rentrer bientôt auprès de sa femme et de ses enfants. Cela fait maintenant six ans qu’il a été arrêté en Bosnie-Herzégovine et remis aux forces américaines avec cinq autres hommes d’origine algérienne. Tous sont détenus à Guantánamo. Aucun n’a été inculpé d’une quelconque infraction et n’a pu contester la légalité de sa détention devant un tribunal.

Bien qu’il souffre de plusieurs maladies, Belkacem Bensayah refuse d’être soigné à Guantánamo car il n’a pas confiance dans le personnel et les équipements. Il est actuellement détenu dans le Camp 6, où il passe au moins 22 heures par jour dans une cellule en acier sans voir la lumière du jour.

Un autre de ces six hommes, Lakhdar Boumediene, fait une grève de la faim depuis plus d’un an pour protester contre sa détention illégale. Il est nourri de force quotidiennement tout en étant attaché à une chaise d’immobilisation. Ses avocats ont dit à Amnesty International que les autorités de Guantánamo refusaient de lui remettre les lettres de ses petites filles, qui le supplient d’arrêter sa grève de la faim.

Les quatre autres détenus sont Hadj Boudella, Mohamed Nechle, Saber Lahmar et Mustafa Ait Idir.

Cliquez sur les photos à droite pour regarder un diaporama sur les six hommes avant leur détention.

Transférés illégalement à Guantánamo

Tous les six ont été remis aux forces américaines et transférés à Guantánamo en 2002. Pourtant, la Cour suprême de la Fédération de Bosnie-Herzégovine avait ordonné leur libération immédiate le 17 janvier 2002, et la Chambre des droits de l’homme de Bosnie-Herzégovine avait rendu une ordonnance en indication de mesures conservatoires pour empêcher leur renvoi, expulsion ou extradition.

En 2002 et 2003, la Chambre des droits de l’homme de Bosnie-Herzégovine a de nouveau conclu que leur transfert était illégal et a enjoint aux pouvoirs publics de prendre des mesures pour protéger leurs droits.

Amnesty International demande aux autorités américaines de libérer immédiatement tous les détenus de Guantánamo ou de les inculper et de les juger dans le cadre d’un procès équitable.

Les autorités de Bosnie-Herzégovine ont reconnu leur responsabilité dans le transfert illégal des six hommes. Si les États-Unis n’inculpent pas rapidement les six détenus et ne les jugent pas devant un tribunal indépendant et impartial, les autorités de Bosnie-Herzégovine devront faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que les six intéressés soient libérés de Guantánamo et puissent rentrer en Bosnie-Herzégovine s’ils le souhaitent. Ils ne doivent en aucun cas être renvoyés de force en Algérie ou dans un autre pays où ils risqueraient d’être victimes de torture ou d’autres mauvais traitements.

Ce que vous pouvez faire

Soutenez les recommandations d’Amnesty International visant à mettre fin aux détentions illégales pratiquées par les États-Unis, dont le premier point concerne la fermeture de Guantánamo.

 

« Un grand merci pour votre soutien au cours de ces six années de lutte pour la libération des "Six d’Algérie". J’ai du mal à trouver les mots pour exprimer ma gratitude, mais quand je me sens abattue et seule, une lettre de soutien arrive de l’un d’entre vous, qui m’apporte l’énergie et la force de continuer le combat… »

Nadja Dizdarevic, l’épouse de Hadj Boudella, détenu à Guantánamo

 

Pour en savoir plus

Pages de la campagne Contre le terrorisme : la justice