Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

10 juin 2011

Les nouvelles informations faisant état de décès font craindre pour la sécurité des jeunes manifestants en Syrie

Les nouvelles informations faisant état de décès font craindre pour la sécurité des jeunes manifestants en Syrie

Amnesty International a exhorté les autorités syriennes à protéger les enfants qui manifestent, alors que, selon de récentes informations, des jeunes ont été torturés et tués.

Sur des vidéos diffusées ces derniers jours, on peut voir deux nouveaux adolescents – Thamer al Sahri et Nazir Abd al Kader – qui sont morts des suites des blessures leur ayant été infligées par les coups et les balles.

« Si elles sont confirmées, les informations selon lesquelles les forces de sécurité syriennes ont torturé et tué des enfants en détention témoigneraient du fait qu'elles ont franchi un nouveau cap dans leur répression sanglante des manifestations, a déclaré Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

« Les morts violentes de Thamer al Sahri et d'autres enfants sont extrêmement choquantes, tout comme la flagrante inaction des autorités pour maîtriser les forces de sécurité accusées d'en être responsables. »

Les médias du monde entier ont diffusé jeudi 9 juin une vidéo amateur, montrant semble-t-il le corps d'un jeune homme de 15 ans, Thamer al Sahri, restitué la veille à sa famille dans le village syrien de Jeeza.

Thamer al Sahri a « disparu » le 29 avril après que des villageois ont tenté de se rendre dans la ville assiégée de Deraa, dans le sud du pays. Quelque 500 personnes auraient été arrêtées dans la région ce même jour.

La vidéo montre ce qui serait son cadavre perforé par des impacts de balles, avec un œil et plusieurs dents en moins. Il aurait également la nuque brisée et une jambe cassée.

Thamer al Sahri est le quatrième enfant qui serait mort en détention depuis le mois de mars. Les militants syriens des droits humains ont rendu compte du décès de Diyaa Yahya Khatib, 16 ans, de la ville de Homs, et de Saleh Ahmed al Khateb, 14 ans, de la ville de Deraa, morts des suites de torture au cours de leur détention en mars et avril respectivement.

En outre, les manifestants en Syrie ont été galvanisés par l'annonce de la mort à la fin du mois de mai d'Hamza al Khateeb, âgé de 13 ans. Il a « disparu » lors d'arrestations massives près de Deraa le 29 avril et on a plus tard appris qu'il était détenu par les forces aériennes de sécurité.

Les autorités syriennes ont nié qu'Hamza al Khateeb ait subi des tortures ou que son corps ait été mutilé, affirmant qu'il est mort sous les tirs d'un groupe armé et que son corps s'est décomposé durant la période qui s'est écoulée avant qu'il ne soit rendu à sa famille.

Amnesty International a consulté un médecin légiste qui a analysé une vidéo de son cadavre et conclu que les blessures visibles indiquaient que le garçon avait subi des violences répétées infligées à l'aide d'un instrument contondant alors qu'il était en vie. Il a identifié deux blessures par balles, l'une au torse, semble-t-il tirée à bout portant, et l'autre au bras, avec des lésions laissant à penser qu'Hamza al Khateeb était encore en vie à ce moment-là également.

Jeudi 9 juin, Amnesty International a reçu un clip vidéo où l'on peut voir le corps d'un autre jeune homme. Il s'agirait de Nazir Abd al Kader, probablement âgé de 18 ou 19 ans, car il aurait terminé sa scolarité en 2010. Son cadavre présentait des signes probants de mauvais traitements.

Selon un médecin qui a examiné sa dépouille, ses rotules ont été brisées, son crâne fracturé et son cou brisé avant qu'il ne soit abattu. On pense qu'il était détenu par les forces de sécurité au moment de sa mort.

Environ 32 enfants, âgés de 12 à 17 ans, sont toujours détenus en lien avec les manifestations et pourraient être torturés ou subir des mauvais traitements. Au moins neuf d'entre eux sont originaires de la ville de Deraa, dans le sud du pays.

Les manifestations en faveur de réformes ont commencé en février et depuis la mi-mars les forces de sécurité syriennes ont engagé une campagne de violence contre les manifestants. Amnesty International estime qu'au moins 1 104 personnes ont été tuées, dont 82 enfants.

Des milliers de personnes ont été arrêtées, et beaucoup ont été détenues au secret et auraient été torturées. Amnesty International a recueilli de très nombreuses allégations de torture et d'autres mauvais traitements dans les centres de détention en Syrie depuis des dizaines d'années.

Le Conseil de sécurité des Nations unies débat d'un projet de résolution sur la violence en Syrie.

« Le Conseil de sécurité des Nations unies doit prendre des mesures décisives en réponse aux mois de carnage qui ensanglantent la Syrie. Il doit notamment renvoyer la situation devant la Cour pénale internationale (CPI), a indiqué Philip Luther.

« En l'absence de mesures concrètes prises par les autorités syriennes pour enquêter sur les violations des droits humains perpétrées, il est temps pour la communauté internationale de veiller à ce que les représentants de l'État responsables de l'homicide de manifestants ou d'actes de torture infligés aux détenus, notamment aux enfants, soient déférés à la justice. »

Pour en savoir plus :

Les exigences de changement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (page spéciale)

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