Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

11 mai 2011

Les militants de l'opposition bahreïnites doivent être jugés équitablement

Les militants de l'opposition bahreïnites doivent être jugés équitablement

À Bahreïn, le procès militaire de 21 militants de renom de l'opposition prévu jeudi 12 mai doit respecter les normes internationales d'équité, a déclaré Amnesty International le 11 mai alors qu'elle continue de recevoir des informations faisant état de torture.

Ces militants, majoritairement chiites, sont inculpés de crimes qu'ils auraient commis dans le cadre des semaines de manifestations qui ont débuté en février à Bahreïn pour réclamer des réformes.

« Les autorités bahreïnites ont déjà privé les accusés de leurs droits légaux fondamentaux et au moins deux d'entre eux ont déclaré avoir été torturés, ce qui avive les craintes quant à leurs chances d'être jugés équitablement devant ce tribunal militaire », a indiqué Philip Luther, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d'Amnesty International.

Les accusés sont notamment inculpés d'avoir fondé « des groupes terroristes visant à renverser le régime royal et à modifier la Constitution », insulté l'armée, incité à la haine, diffusé des informations erronées et pris part à des rassemblements sans en avoir informé les autorités.

Les autorités de Bahreïn assurent en outre que ces hommes ont levé des fonds destinés à une « organisation terroriste étrangère » avec laquelle ils entretiennent des liens, qui serait le Hezbollah.

Amnesty International estime que nombre des accusés seraient des prisonniers d'opinion détenus uniquement pour avoir exercé leur droit d'exprimer pacifiquement leurs opinions politiques sur la place publique.

« Ceux qui sont incarcérés pour être simplement descendus dans la rue afin de réclamer des changements politiques doivent être libérés immédiatement et sans condition », a estimé Philip Luther.

Les accusés, comme des centaines d'autres personnes détenues dans le cadre des manifestations, n'ont pas été autorisés à recevoir la visite de leurs familles. Ils n'ont pu rencontrer leurs avocats que de manière très restreinte. Ceux-ci ont pu être présents lors des interrogatoires menés par le procureur militaire, mais pas lors des interrogatoires menés par l'Agence nationale de sécurité lors de leur arrestation.

Au moins deux des accusés, Abdelhadi al Khawaja, éminent défenseur des droits humains, et Ebrahim Sharif, secrétaire général de la Société nationale pour l'action démocratique (Waad), un parti politique laïc, auraient été torturés après leur arrestation. Abdelhadi al Khawaja aurait été grièvement blessé au visage et au crâne, et a été admis à l'hôpital militaire des Forces de défense de Bahreïn où il a passé six jours.

Le procureur militaire de Bahreïn a interdit aux avocats et aux familles des militants de s'exprimer publiquement sur cette affaire. Parallèlement, les médias officiels ont orchestré une campagne de dénigrement contre les militants.

« Le gouvernement de Bahreïn a tout mis en œuvre contre les accusés et, dans l'état actuel de la situation, ils n'ont guère de chances d'être jugés équitablement, a expliqué Philip Luther.

« Les autorités doivent veiller à ce que les allégations de torture fassent l'objet d'enquêtes approfondies, à ce qu'aucune preuve extorquée en usant de ces méthodes ne soit retenue et à ce que les avocats puissent réellement défendre leurs clients. »

Voici le nom des 14 opposants bahreïnites de renom qui comparaîtront devant un tribunal militaire jeudi 12 mai : Hassan Mshaima, à la tête du mouvement al Haq, un groupe d'opposition chiite ; Ebrahim Sharif, sunnite et secrétaire général de la Waad ; Abdelwahab Hussain, président du mouvement al Wafa, un groupe d'opposition chiite ; AbdeHadi al Khawaja ; Abdel Jalil al Singace, responsable d'al Haq ; Mohammad Habib al Muqdad ; Abdel Jalil al Muqdad ; Saeed Mirza Ahmad ; Abdullah al Mahroos ; Abdulhadi Abdullah Hassan ; Al Hur Yousef al Somaikh ; Salah Abdullah Hubail ; Mohammad Hassan Jawwad et Mohammad Ali Ridha Ismail.

Sept accusés seront jugés par contumace, dont Saeed al Shehabi, qui vit en exil à Londres.

Pour en savoir plus :

Les exigences de changement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (page spéciale)

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