Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

16 novembre 2010

Les autorités égyptiennes doivent veiller à ce qu'un nouveau cas de décès en garde à vue fasse l'objet d'une enquête approfondie

Les autorités égyptiennes doivent veiller à ce qu'un nouveau cas de décès en garde à vue fasse l'objet d'une enquête approfondie

Les autorités égyptiennes doivent diligenter sans délai une enquête indépendante sur les allégations selon lesquelles un jeune homme a été torturé à mort dans un poste de police d'Alexandrie, et garantir la sécurité d'un autre jeune homme qui y est maintenu en garde à vue, a indiqué Amnesty International ce mardi 16 novembre 2010.

La famille d'Ahmed Shaaban, 19 ans, soutient qu'il est mort après avoir été torturé et avoir subi des violences physiques aux mains des policiers du poste de Sidi Gaber le 7 novembre. Les policiers auraient ensuite jeté son cadavre dans un canal, près de son quartier, pour faire croire à un suicide.

« Ces accusations troublantes de disparition forcée et de mort en détention, voire d'homicide illégal perpétré par la police, doivent faire sans délai l'objet d'une enquête approfondie menée par une instance indépendante, a fait savoir Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Ahmed Shaaban a « disparu », semble-t-il alors qu'il était détenu par la police, le 7 novembre. Sa dépouille a été remise à sa famille le 11 novembre, couverte d'ecchymoses de la tête aux pieds. Selon ses proches, ces marques proviennent des coups et des actes de torture infligés par les policiers.

La famille d'Ahmed Shaaban a appris le 7 novembre qu'il avait été arrêté à un barrage de police alors qu'il rentrait d'un mariage et qu'il avait été conduit au poste de Sidi Gaber en compagnie de son ami Ahmed Farrag Labib.

Lorsque ses proches se sont rendus au poste pour le chercher, les policiers leur ont affirmé qu'il ne s'y trouvait pas et que seul Ahmed Farrag Labib avait été placé en garde à vue dans le cadre d'un vol de téléphone portable.

Le lendemain de sa « disparition », la famille d'Ahmed Shaaban a reçu un appel anonyme l'informant qu'il se trouvait en garde à vue au poste de Sidi Gaber et qu'il y était torturé.

Le 11 novembre, ses proches se sont rendus au poste de Muharram Bek, pour être informés que la dépouille d'Ahmed Shaaban avait été retrouvée et reposait à la morgue.

Les policiers leur auraient conseillé de s'abstenir d'organiser des funérailles et d'inhumer le corps immédiatement. Des membres des forces de sécurité les auraient accompagnés lors de l'enterrement, avant d'être postés devant la maison familiale.

L'ami d'Ahmed Shaaban, Ahmed Farrag Labib, est en garde à vue depuis le 7 novembre. Il n'aurait pas été autorisé à consulter un avocat ni à entrer en contact avec sa famille.

« Les autorités égyptiennes doivent faire en sorte qu'Ahmed Farrag Labib soit protégé contre d'éventuels actes de torture ou autres mauvais traitements, et qu'il ne subisse pas d'intimidations de la part des personnes qui le maintiennent derrière les barreaux. Sa version des événements du 7 novembre peut s'avérer essentielle pour faire éclater la vérité », a assuré Malcolm Smart.

Dans le cadre d'une autre affaire, deux policiers du poste de Sidi Gaber sont actuellement jugés pour la mort de Khaled Said, jeune homme qui aurait été traîné hors d'un cybercafé par des policiers en civil et battu à mort sur le trottoir, en pleine rue.

Thème

Mort en détention 
Détention 
Disparitions et enlèvements 
Exécutions extrajudiciaires et autres homicides illégaux 
Torture et mauvais traitements 

Pays

Égypte 

Région ou pays

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

@amnestyonline sur Twitter

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