Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

29 septembre 2011

L'Égypte doit suspendre les policiers et militaires apparaissant dans une vidéo montrant des actes de torture

L'Égypte doit suspendre les policiers et militaires apparaissant dans une vidéo montrant des actes de torture

Il faut que les autorités égyptiennes suspendent de leurs fonctions les membres de l'armée et des forces de sécurité responsables de violences contre les détenus, a déclaré Amnesty International jeudi 29 septembre, après qu'une vidéo montrant des militaires et des agents des forces de sécurité en train de battre et de torturer des détenus eut été rendue publique.

Cette vidéo, qui aurait été filmée dans un poste de police du gouvernorat de Daqahliya, au nord du Caire, et postée sur YouTube, montre trois hommes menottés dans une pièce et encerclés par des militaires et des policiers en uniforme. Les agents des forces de l'ordre rient et se moquent de deux des détenus tout en les battant à plusieurs reprises et en leur administrant des décharges électriques à répétition à l'aide de pistolets tasers.

« À en croire cette vidéo extrêmement troublante, les suspects continuent d'être victimes de torture et d'autres mauvais traitements en Égypte, bien que les forces de sécurité se soient officiellement engagées à respecter les droits humains », a déclaré Amnesty International.

Une déclaration publiée sur le site Internet de la police égyptienne a confirmé l'identité des deux détenus et indiqué qu'il s'agissait de trafiquants d'armes illégales. D'après cette déclaration, les deux hommes auraient été arrêtés en juillet au cours d'une opération des forces de sécurité.

Selon l'agence de presse officielle Middle East News Agency (MENA), Mohammed Tantaoui, qui se trouve à la tête du conseil des forces armées dépositaire du pouvoir, aurait ordonné l'ouverture d'une enquête sur ces faits.

« Malheureusement, ce scenario n'est que trop familier : une enquête est annoncée mais elle n'est pas transparente et les résultats ne sont jamais rendus publics. Les autorités doivent désormais traduire leurs paroles en actes directs et immédiats », a déclaré Amnesty International.

« Pour qu'une enquête de ce type soit crédible, elle doit être indépendante et transparente, ses conclusions doivent être rendues publiques et il faut que les responsables présumés de ces violences soient traduits en justice », a ajouté l'organisation.

« Sinon, cette enquête semblera n'être qu'un nouveau moyen de calmer les critiques qui s'élèvent contre les atteintes commises par les forces de sécurité avant les manifestations du 30 septembre. »

Pour en savoir plus :

Égypte : la législation d'urgence constitue la plus grande menace pour les droits depuis la « révolution du 25 janvier » (nouvelle, 15 septembre 2011)
L'Égypte doit abandonner les charges retenues contre une blogueuse accusée de « diffamation » envers l'armée sur Twitter (nouvelle, 15 août 2011)
Les exigences de changement en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (page spéciale)

Thème

Détention 
Application des lois 
Crise Moyen-Orient et Afrique du Nord 
Torture et mauvais traitements 

Pays

Égypte 

Région ou pays

Moyen-Orient et Afrique du Nord 

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