Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

5 octobre 2010

Amnesty International demande aux autorités égyptiennes de ne pas procéder à des expulsions forcées dans les bidonvilles

Amnesty International demande aux autorités égyptiennes de ne pas procéder à des expulsions forcées dans les bidonvilles

Dans une lettre adressée au Premier ministre égyptien Ahmed Nazif, le secrétaire général d'Amnesty International, Salil Shetty, a mis en garde contre le risque que des milliers de personnes ne se retrouvent sans abri ou soient amenées à vivre dans des logements inadaptés du fait des projets de développement des quartiers les plus pauvres du Grand Caire.

Selon le projet d'urbanisation Grand Caire 2050, il est prévu que d'ici à 2015 les habitants de 33 secteurs d'habitat précaire de la capitale et de Gizeh soient réinstallés dans 35 700 logements situés dans les villes nouvelles du 6 Octobre (au sud-ouest de Gizeh) et du 15 Mai (au sud du Caire).

Or, la population locale s'est plainte des logements proposés et des organisations de défense des droits humains craignent que les autorités ne procèdent à des expulsions forcées pour mener à bien les réinstallations.

« Ces personnes n'ont reçu aucune garantie contre les expulsions forcées, pas plus qu'elles n'ont été consultées sur leur relogement, a déclaré Salil Shetty dans sa lettre au Premier ministre Ahmed Nazif.

« Le gouvernement égyptien est tenu d'examiner toutes les solutions envisageables autres que les expulsions forcées, de manière à réduire au minimum les souffrances, les privations et les pertes. »

La lettre était cosignée par le Centre égyptien des droits au logement et la Coalition internationale de l'Habitat (HIC) – Réseau des droits à la terre et au logement.

Les groupes de défense des droits humains craignent que les opérations d'expulsion ne soient identiques à celles qui ont eu lieu dans les quartiers informels de Manshiyet Nasser et ailleurs dans la capitale, c'est-à-dire sans que les habitants concernés ne soient consultés sur les conditions de leur relogement.

« De nombreuses familles de Manshiyet Nasser se sont retrouvées sans toit après la démolition de leur habitation ; certaines n'ont été relogées qu'au terme de plusieurs mois, a déclaré Salil Shetty.

« Des femmes ont été victimes de discrimination lors de l'attribution d'appartements et les célibataires sont souvent considérées comme faisant simplement partie du foyer de leurs parents. »

Amnesty International a instamment prié les autorités de faire en sorte que, lorsqu'un programme d'expulsion est décidé, les habitants soient informés de la date d'expulsion et de leurs conditions de relogement et aient la possibilité de former un recours devant les tribunaux contre cette décision.

« Le fait que les résidents se soient vu refuser à plusieurs reprises le droit de participer aux décisions quant à leur réinstallation augmente le sentiment de détresse de ceux qui doivent encore être relogés. Il incombe aux autorités de veiller à ce qu'ils soient pleinement impliqués dans la construction de leur avenir », a ajouté Salil Shetty.

D'après les autorités du Caire, on dénombrait en juin 2010 quelque 14 800 familles à Manshiyet Nasser, dont beaucoup vivaient dans des bâtiments délabrés de quartiers peu sûrs à fort risque d'éboulement. C'est précisément un éboulement qui avait tué au moins 119 personnes à Duwayqa, en 2008.

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