Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

7 janvier 2010

La Chine doit libérer un réalisateur tibétain

La Chine doit libérer un réalisateur tibétain

Le film de Dhondup Wangchen, Leaving Fear Behind.

 

Amnesty International a exhorté les autorités chinoises à libérer un réalisateur de documentaires tibétain, condamné à six ans d'emprisonnement pour « subversion ».

Dhondup Wangchen a été arrêté après avoir réalisé un documentaire intitulé Leaving Fear Behind, dans lequel des Tibétains témoignent de leur vie.

Il a été condamné le 28 décembre 2009 à l'issue d'un procès secret dans la ville de Xining, dans l'ouest de la Chine. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion.

« Dhondup Wangchen voulait tout simplement donner la parole à ceux qui sont, selon les propres termes d'une personne qui témoigne dans son film, "comme des étoiles par une belle journée ensoleillée, on ne nous voit pas". Et ce n'est pas un crime », a déclaré Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

Dhondup Wangchen a été arrêté en mars 2008. Il a passé une partie de sa détention à l'hôtel Gongshan, centre de détention non officiel ou « prison noire ». Après l'avoir attaché à une chaise, les policiers l'ont battu et lui ont donné des coups de poing à la tête, et l'ont fréquemment privé de nourriture et de sommeil durant ses interrogatoires. Dhondup Wangchen souffre d'une hépatite B, pour laquelle il ne bénéficie d'aucun soin.

« Le traitement qui lui est réservé et la condamnation sévère prononcée à son encontre au terme d'un procès inique témoignent du mépris total des autorités chinoises à l'égard des normes internationales relatives aux droits humains », a déploré Roseann Rife.

Dhondup Wangchen a plus tard été transféré au centre de détention n° 1 de la ville de Xining. Il a été détenu au secret jusqu'en avril 2009, avant de rencontrer les avocats mandatés par sa famille et basés à Pékin pour la première – et la dernière – fois. En juillet 2009, les autorités judiciaires de Pékin ont contraint ses avocats à abandonner cette affaire.

On ignore si Dhondup Wangchen a ensuite bénéficié d'une assistance juridique ou a été autorisé à se défendre lui-même lors du procès.

Les membres de sa famille n'ont reçu aucune information émanant du tribunal concernant le procès, la condamnation ou le jugement. Ils se sont rendus plusieurs fois au centre de détention, mais n'ont jamais été autorisés à le voir.

Dhondup Wangchen a commencé à préparer son film en 2006. Il expliquait ainsi ses motivations : « Il est très difficile [pour les Tibétains] de se rendre à Pékin et de se faire entendre. Alors nous avons décidé de montrer les sentiments réels des Tibétains à l'intérieur du Tibet à travers ce film. »

En octobre 2007, il a commencé à recueillir les témoignages de plus de 100 Tibétains. Ils évoquent leur vie et livrent leur opinion sur le dalaï-lama et les Jeux olympiques de Pékin.

Le documentaire a été envoyé clandestinement en Suisse, où un cousin de Dhondup Wangchen l'a monté dans une version de 25 minutes. Leaving Fear Behind a été présenté en avant-première à des journalistes étrangers dans un hôtel de Pékin à la veille des Jeux olympiques. Les forces de sécurité ont interrompu la projection.

Pays

Chine 

Région ou pays

Asie - Pacifique 

Thème

Détention 
Liberté d'expression 
Prisonniers d'opinion 
Torture et mauvais traitements 

@amnestyonline sur Twitter

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