Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

14 janvier 2011

Une ONG bélarussienne rejette la censure gouvernementale

Une ONG bélarussienne rejette la censure gouvernementale

Une organisation bélarussienne renommée de défense des droits humains a rejeté les accusations du gouvernement selon lesquelles elle tenterait de « discréditer » le pays en parlant aux Nations unies des atteintes aux droits fondamentaux.

Le 12 janvier, le ministère bélarussien de la Justice a officiellement censuré le Comité Helsinki du Bélarus (BHC), ce qui signifie que cette organisation peut être légalement fermée par les autorités après un avertissement supplémentaire.

Le ministère a qualifié un rapport du BHC relatif aux restrictions touchant les avocats de détenus politiques, présenté au rapporteur spécial des Nations unies sur l'indépendance des juges et des avocats, de « tentative visant à discréditer la République du Bélarus aux yeux du monde ».

Le président du BHC, Oleg Goulak, a répondu que, au contraire, il avait « la forte impression que le ministère de la Justice discrédite la République du Bélarus ».

« S'adresser aux organes internationaux conformément aux conventions relatives aux droits humains auxquelles la République est partie, c'est le droit de toute personne, a-t-il déclaré. Malheureusement, le ministère de la Justice ne comprend pas cela. »

Le 12 janvier, le BHC a signalé au rapporteur spécial que les avocats des militants et journalistes arrêtés en décembre lors de la répression d'une manifestation d'opposition faisaient l'objet de restrictions pour s'entretenir avec leurs clients et que plusieurs d'entre eux avaient été menacés de radiation pour avoir fait part des inquiétudes concernant la santé de détenus grièvement blessés par la police antiémeutes.

Ces avocats ont été empêchés de s'entretenir en privé avec les détenus, et certains n'ont vu leurs clients qu'une ou deux fois depuis leur arrestation.

Oleg Goulak a indiqué qu'il fera appel de la censure du ministère devant la Cour suprême du Bélarus et qu'il espère « que le ministère de la Justice ne considérera pas [le] recours [du BHC] comme une tentative visant à discréditer [son] travail. »

Amnesty International a été informée que des avocats rencontrent des difficultés pour voir leurs clients détenus à la suite d'une manifestation contre les résultats de l'élection présidentielle qui s'est tenue à Minsk le 19 décembre 2010 et qu'ils ont été sommés de ne pas évoquer les inquiétudes relatives à la santé de certains détenus.

« Le Bélarus doit respecter ses obligations internationales et s'assurer que les avocats puissent effectuer leur travail et représenter les intérêts de leurs clients, notamment en protégeant leur droit aux soins médicaux, a souligné John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« Il est inacceptable que le ministère de la Justice menace réellement le Comité Helsinki du Bélarus de fermeture pour avoir légitimement mis en évidence les violations motivées par des considérations politiques dans les systèmes judiciaire et pénitentiaire. »

Trente candidats politiques, militants et journalistes font aujourd'hui l'objet de poursuites en raison de leur participation à la manifestation de décembre. Jusqu'à présent, Amnesty International a déclaré considérer 16 d'entre eux comme des prisonniers d'opinion n'ayant aucune responsabilité dans les violences qui ont eu lieu.

Les autorités augmentent peu à peu la pression sur les personnes accusées. Selon un film récemment diffusé à la télévision publique et un article de 30 pages publié dans le principal journal d'État « sur ordre du chef de l'État », les dirigeants de l'opposition complotaient de renverser le gouvernement avec le soutien de l'étranger.

Parmi les personnes arrêtées à la suite de la manifestation du 19 décembre figure le candidat au scrutin présidentiel Andreï Sannikov, qui a été violemment battu par la police antiémeutes et aurait au moins une jambe cassée.

Un autre candidat à la présidence, Vladimir Nekliaïev, a été conduit en détention par des hommes qui sont venus le chercher à l'hôpital où il était soigné pour des blessures à la tête après avoir été roué de coups par la police antiémeutes. Il souffre d'hypertension, a déjà eu des attaques cérébrales par le passé et était trop malade pour parler lorsque son avocat l'a vu pour la dernière fois, le 29 décembre.

Pour en savoir plus :

Le Bélarus exhorté à libérer des prisonniers d'opinion incarcérés à la suite d'une manifestation postélectorale (nouvelle, 11 janvier 2011)

Thème

Militants 
Détention 
Conditions de détention 
Prisonniers d'opinion 
Procès et systèmes juridiques 

Pays

Bélarus 

Région ou pays

Europe et Asie centrale 

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