Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

11 février 2011

L'Azerbaïdjan doit mettre fin au harcèlement des militants qui s'inspirent des manifestations en Égypte

L'Azerbaïdjan doit mettre fin au harcèlement des militants qui s'inspirent des manifestations en Égypte

Amnesty International demande instamment aux autorités azerbaïdjanaises de mettre fin au harcèlement de militants après que deux membres d'une organisation de jeunesse se réclamant de l'opposition ont été pris pour cible cette semaine, semble-t-il pour avoir utilisé Facebook pour appeler à manifester contre le gouvernement.

Jabbar Savalan, membre de la section jeunesse du Parti du front populaire d'Azerbaïdjan (PFPA), a été placé en détention provisoire pendant deux mois pour infraction à la législation sur les stupéfiants après avoir posté sur Facebook un message appelant à une "Journée de la colère" inspirée des manifestations au Moyen Orient et en Afrique du Nord.

Elcin Hasanov, également membre du PFPA a été convoqué par la police le 9 février, après avoir posté sur Facebook un message appelant les jeunes à se mobiliser contre la détention de Jabbar Savalan. Les policiers l'ont interrogé et lui ont demandé de retirer ses propos et de présenter des excuses. Il ne l'a pas fait.

« Les autorités ont déjà muselé la plupart des grands médias. En réprimant le militantisme en ligne, elles ferment l'un des seuls espaces encore ouverts au débat et à l'expression d'opinions critiques en Azerbaïdjan, a déclaré John Dalhuisen, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International.

« Ces accusations d'infractions liées à la drogue pourraient n'être qu'un prétexte pour punir Jabbar Savalan de son militantisme politique. Les similitudes sont frappantes entre son dossier et celui d'autres opposants connus que les autorités azerbaïdjanaises ont également accusés d'infractions à la législation sur les stupéfiants. »

Jabbar Savalan, étudiant âgé de 20 ans, a été arrêté par la police dans la ville de Sumgayit au moment où il rentrait d'une réunion du PFPA le 5 février dans la soirée ; la veille, il avait posté sur Facebook un message appelant à manifester Place de la Liberté, dans le centre de la capitale Bakou.

Les policiers avaient perquisitionné son domicile pendant qu'il se trouvait à la réunion, affirmant avoir reçu des indications d'un informateur anonyme.

Un mois avant son arrestation, Jabbar Savalan avait posté sur Facebook un article paru dans un journal turc critiquant le président azerbaïdjanais. Il avait également pris part à la manifestation anti-gouvernementale du 20 janvier.

Selon l'avocat de Jabbar Savalan, les policiers l'ont menotté et l'ont emmené dans une voiture de police sans le fouiller ni lui communiquer la raison de son arrestation.

Ce n'est qu'une fois arrivé au poste de police qu'il a été fouillé ; les policiers affirment avoir trouvé 0,74 gramme de marijuana dans la poche de son manteau. Il a été inculpé de « possession de stupéfiants à des fins de revente ».

Le 7 février, le tribunal de district de Sumgayit a ordonné le placement en détention provisoire de Jabbar Savalan pour deux mois. S'il était reconnu coupable, Jabbar Savalan pourrait être condamné à une peine pouvant aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement.

La famille et les amis de Jabbar Savalan affirment qu'il n'a jamais touché à la drogue.

Le soir de son arrestation, Jabbar Salavan a été interrogé sans la présence d'un avocat et forcé de signer des avux sur lesquels il est revenu ensuite.

L'avocat de Jabbar Savalan n'a été autorisé à le rencontrer que deux jours après son arrestation. Sa famille n'a pas été autorisée à lui rendre visite en détention.

« Amnesty International appelle les autorités azerbaïdjanaises à justifier la détention provisoire de Jabbar Salavan ou à le libérer immédiatement, dans l'attente de son procès qui devra être conforme aux normes internationales d'équité des procès », a déclaré John Dalhuisen.

Journalistes et militants de la société civile en Azerbaïdjan sont fréquemment la cible de menaces, d'actes de harcèlement et de violence et empêchés de travailler, parfois par un recours excessif à la force de la part des policiers.

Pour en savoir plus :

Azerbaïdjan. Des jeunes militants pris pour cibles après avoir appelé à manifester sur Facebook (déclaration publique, 11 février 2011)
L'Azerbaïdjan est exhorté à mettre fin au harcèlement contre les militants (nouvelle, 19 novembre 2010)

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Militants 
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Azerbaïdjan 

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Europe et Asie centrale 

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