Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

17 janvier 2011

Des prisonniers politiques maintenus en détention en vertu d'une loi caduque en Angola

Des prisonniers politiques maintenus en détention en vertu d'une loi caduque en Angola

Plus de 30 Angolais, incarcérés dans des conditions épouvantables au titre d'une loi sur la sécurité au contenu vague abrogée l'an dernier, doivent être remis en liberté, ont dit des proches des détenus à Amnesty International.

Trente-trois membres d'un groupe connu sous le nom de Commission sur le manifeste juridique et sociologique du protectorat des Lundas-Tchokwés (Comissão do Manifesto Jurídico Sociológico do Protectorado da Lunda Tchokwe, CMJSP-Lunda) qui revendique de manière pacifique l'autonomie de la région de Lunda-Tchokwe, se trouvent toujours à la prison de Conduege, dans le nord de l'Angola, bien que la loi sur la sécurité d'une grande portée en vertu de laquelle ils ont été inculpés ait été abrogée en décembre 2010.

L'article 26 de la loi 7/78, désormais caduc, érigeait en infraction « [t]out acte non prévu par la loi qui met ou a mis en danger la sécurité de l'État » ; il était donc susceptible d'être utilisé de manière abusive par les autorités dans le but d'arrêter des militants politiques non violents, voire des défenseurs des droits humains dans certains cas.

L'épouse d'un détenu, qui accepté de parler à Amnesty International à condition que son anonymat soit respecté, a dit : « Cette loi n'existe plus. Comment se fait-il que mon mari soit toujours en détention ? Si cette loi n'existe plus, on doit les laisser rentrer chez eux.

« Je demande au gouvernement de les remettre en liberté. Ce qui leur était reproché n'est plus une infraction.

« Nous avons entendu que d'autres ont été libérés, alors pourquoi devraient-ils rester en prison?

« Ils doivent les laisser partir, afin qu'ils puissent retrouver leurs familles [...] Ils nous ont laissé souffrir sans nos maris [...] Leurs enfants ont besoin d'eux. »

Les appels lancés par des juristes aux autorités angolaises afin qu'elles libèrent les membres de la CMJSP-Lunda, compte tenu de l'abrogation de l'article 26, sont restés lettre morte. Les autorités n'ont pas non plus expliqué pourquoi elles maintiennent ces personnes en détention.

Quelques prisonniers politiques issus d'autres formations, ainsi que des défenseurs des droits humains déclarés coupables en vertu de cette loi dans d'autres zones du pays, ont déjà été remis en liberté depuis l'abrogation de décembre, mais Amnesty International craint que les membres de la CMJSP-Lunda ne soient délibérément soumis à ce châtiment prolongé.

Ces détenus sont originaires d'une zone riche en diamants dans les provinces de Lunda, dans l'est du pays. Amnesty International a reçu des informations faisant état d'atteintes aux droits humains dans cette région.

En 2010, un détenu, membre de la CMJSP-Lunda, est mort faute de soins médicaux et 37 membres du groupe ont quasiment connu la famine, entre autres conditions de détention très dures à la prison de Conduege, dans la province de Lunda-Nord.

« Nous nous réjouissons de l'abrogation de l'article 26, mais les autorités angolaises doivent désormais relâcher sans délai les personnes emprisonnées en vertu de cette loi qui n'existe plus », a déclaré Muluka-Anne Miti, spécialiste de l'Angola à Amnesty International.

La CMJS-Lunda a été formée en 2007 afin de réclamer l'autonomie pour l'ancien Royaume de Tchokwe, qui englobe les provinces actuelles de Lunda-Nord, Lunda-Sud et Moxico ainsi qu'une partie de la province de Cuando-Cubango.

Pour en savoir plus :

Angola: Death of Muatxihina Chamumbala in Conduege Prison and concern for the remaining 32 prisoners (action médicale, 12 octobre 2010)
Angola. Dans la province de Lunda-Nord, les maladies et des conditions de détention déplorables mettent en danger la vie des détenus (déclaration publique, 5 août 2010)

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