Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

16 novembre 2009

Amnesty International intervient en faveur des personnes déplacées au Sri Lanka

Amnesty International intervient en faveur des personnes déplacées au Sri Lanka
Les militants et sympathisants d'Amnesty International lancent ce lundi une semaine d'action pour attirer l'attention sur le sort des milliers de civils déplacés maintenus en détention dans des camps mis en place par le gouvernement au Sri Lanka.

Dans plus de 10 pays des militants vont mener des actions dans le cadre de la campagne Ouvrez les camps. Parmi les activités prévues on peut citer l'organisation d'un « cercle de l'espoir » au Canada, un défilé dans la rue avec collecte de signatures au Népal, une lecture de poèmes en Suisse et des actions de solidarité en France, en Allemagne, à Maurice et aux États-Unis.

Tout au long de cette semaine des militants d'Amnesty International vivant à Londres et des sections participant à la campagne rendront compte sur leurs blogs des événements qui auront lieu à travers le monde.

Six mois après la fin de la guerre entre les forces gouvernementales et les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE) le Sri Lanka continue d'enfermer des personnes ayant fui les combats qui faisaient rage dans le nord du pays dans des camps pour déplacés, où les conditions de vie sont pénibles et parfois même dangereuses.

Le nombre de personnes relâchées a augmenté ces dernières semaines. Or, avec l'arrivée de la saison des pluies les abris installés dans les camps ont été endommagés, et les fonds destinés à les réparer s'épuisent.

Cette semaine, John Holmes, secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires, se rend au Sri Lanka pour évaluer la situation des personnes qui se trouvent dans ces camps.

PIÉGÉS
Environ 150 000 personnes déplacées vivant dans des camps mis en place par le gouvernement dans le nord du Sri Lanka sont toujours privées de certains droits fondamentaux, notamment du droit de circuler librement. Ces personnes déplacées ne peuvent quitter les camps qu'avec l'autorisation de l'armée, même lorsqu'elles ont besoin de soins médicaux, et elles ne bénéficient pas des garanties fondamentales prévues par la loi.

Le gouvernement a fait beaucoup de publicité autour des récentes libérations mais Amnesty International a reçu des informations signalant que de nombreuses personnes ont été maintenues en détention par les autorités qui cherchaient à savoir si elles avaient des liens avec les LTTE.

SANS POSSIBILITÉ DE SE FAIRE ENTENDRE

Les personnes déplacées n'ont pas eu la possibilité d'exprimer leur point de vue au sujet des décisions relatives à leur libération, leur retour ou leur réinstallation.

Les familles n'ont pas été averties de l'imminence des libérations ni informées de ce qui se passe là où elles vivaient auparavant. Elles n'ont pas reçu d'informations précises au sujet de leurs droits et obligations, de leur situation au regard de la loi ou de la procédure à suivre pour retrouver des proches.

Les autorités ont empêché des organisations humanitaires de parler avec les personnes déplacées enfermées dans les camps, et d'accomplir normalement leur mission cruciale de protection des droits humains, qui consiste notamment à fournir une assistance juridique ou à aider les familles à se regrouper. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) n'a plus accès aux camps depuis le mois de juillet.

SANS PROTECTION
Depuis la fin de la guerre en mai 2009, des milliers de personnes détenues dans des camps ont été soumises à une procédure de « filtrage » mise en place par les forces de sécurité dans le but d'éliminer les membres des LTTE.

Près de 12 000 personnes (dont des enfants) soupçonnées d'avoir des liens avec les LTTE ont été arrêtées, séparées des autres personnes déplacées, et incarcérées par les autorités dans des lieux de détention illégaux tels que des bâtiments scolaires désaffectés.

Amnesty International a reçu à de nombreuses reprises de travailleurs humanitaires des informations crédibles signalant que la procédure de filtrage n'était pas transparente, qu'il n'y avait pas d'obligation de justification, et qu'elle était menée en dehors de tout cadre juridique. De plus, les détenus placés au secret sont encore plus que les autres exposés à des risques d'atteintes aux droits humains.

Cette opération de filtrage permet certes de mettre les combattants des LTTE à l'écart des autres personnes placées dans les camps, mais elle ne doit pas servir de prétexte pour infliger un châtiment collectif, et il faut qu'une procédure adéquate soit appliquée.

Il n'est toujours pas permis aux observateurs indépendants (y compris le CICR) d'avoir accès à des lieux où se trouvent des adultes soupçonnés d'appartenir aux LTTE. Les détenus n'ont été inculpés d'aucune infraction, ils n'ont pas été autorisés à consulter un avocat et n'ont pas pu bénéficier des garanties prévues par la loi. Un grand nombre d'entre eux sont placés au secret.

Passez à l'action
Amnesty International a appelé le gouvernement sri-lankais à respecter et protéger les droits humains des personnes déplacées, notamment leur droit à la liberté et leur droit de circuler librement.

Pour en savoir plus :

Standing in solidarity with displaced people in Sri Lanka (blog livewire, 17 novembre 2009)

Thème

Militants 
Conflit armé 
Groupes armés 
Médecine et santé 
Réfugiés, personnes déplacées et migrants 

Pays

Sri Lanka 

Région ou pays

Asie - Pacifique 

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