Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

22 janvier 2010

Lancement de la campagne sur la mortalité maternelle au Burkina Faso : J-5

Lancement de la campagne sur la mortalité maternelle au Burkina Faso : J-5
Un homme montre la photo de son épouse morte en couches. Burkina Faso.Safiatou* est l'une des 50 femmes dont les chercheurs d'Amnesty International ont examiné le cas de manière approfondie. Elle est morte en cherchant à atteindre un centre de santé, après avoir accouché chez elle.

Safiatou avait vingt-six ans. Elle avait épousé son cousin Hamidou à l'âge de quatorze ans. Le jeune couple habitait dans un village situé à une centaine de kilomètres au sud de Ouagadougou, où il vivait de l'élevage. Safiatou avait déjà quatre enfants lorsqu'elle est de nouveau tombée enceinte, en 2007.

La suite, le mari de Safiatou l'a racontée à Amnesty International : « Le jour de l'accouchement, elle allait bien et elle a travaillé tout l'après-midi, comme d'habitude, sans problème. Elle a préparé le tô [un plat traditionnel, à base de farine de maïs] pour les enfants et elle est allée chercher du foin pour les bêtes. Elle est partie chez sa mère dans la soirée quand les contractions ont commencé. Sa mère est venue me dire un peu plus tard qu'elle n'allait pas bien et qu'il fallait l'emmener à la clinique. Je n'ai pas de moto. Il a fallu que j'aille en emprunter une. Ça nous a fait perdre du temps. Je ne savais pas qu'elle aurait dû aller accoucher [à la clinique]. Quand je suis allé la chercher chez sa mère, elle avait déjà perdu connaissance. »

Hamidou a emprunté la mobylette d'un voisin, mais le réservoir était vide et la station d'essence la plus proche se trouvait à 10 kilomètres de là. Ils ont d'abord dû pousser l'engin jusqu'à la station. Safiatou a finalement accouché chez elle, mais le placenta n'a pas été expulsé et elle a été victime d'une forte hémorragie.

Son mari a demandé à un ami de l'aider à la conduire à la clinique, mais la jeune femme est morte en route, à quatre kilomètres du centre de santé.

Safiatou a laissé cinq petits garçons, le nouveau-né et ses frères âgés de onze, neuf, sept et quatre ans.

* Le nom a été modifié.


Pour en savoir plus sur les actions qu'Amnesty International va mener pour empêcher que des femmes comme Safiatou ne meurent en couches, consultez cette rubrique demain.
 
Image : Un homme montre la photo de son épouse morte en couches. Burkina Faso. Copyright Anna Kari

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