Document - AMNESTY INTERNATIONAL. PETER BENENSON. La force de l'individu



AMNESTY INTERNATIONAL


PETER BENENSON


La force de l’individu



Index AI : ORG 10/006/2005

ÉFAI

Jeudi 7 juillet 2005


ARTICLE DESTINÉ AU SITE news.amnesty


Q’ont donc en commun un chanteur du Sénégal, un militant de Mongolie et un ancien prisonnier d’opinion du Bénin ? Ils rendront tous trois hommage cette semaine, avec beaucoup d’autres, au fondateur d’Amnesty International, Peter Benenson. Des défenseurs des droits humains venus du monde entier assisteront à un service en sa mémoire, en l’église St-Martin-in-the-Fields de Londres.


Peter Benenson a fondé Amnesty International en 1961, en pleine Guerre froide, à une époque où la planète était divisée selon des critères idéologiques. Peter tenait absolument à ce que l’organisation soit politiquement impartiale et à ce qu’elle œuvre pour les gens, quelle que soit leur identité, l’endroit où ils vivent et le gouvernement responsable des violations.


Le monde reste aujourd’hui divisé, mais les lignes de faille sont désormais déterminées par la «guerre contre le terrorisme». On a toujours autant besoin, en 2005, d’une organisation neutre, prête à lutter contre les atteintes aux droits humains, qu’elles soient le fait d’une grande puissance mondiale ou d’un obscur groupe d’activistes.


L’idéal de Peter Benenson, fondé sur la conviction que les individus devaient se mobiliser pour les victimes et les prisonniers oubliés, où qu’ils soient, quels que soient leurs opinions politiques, leur pouvoir ou leur religion, reste une donnée fondamental de l’action actuelle d’Amnesty International. Dans un monde où les gouvernements renient les droits humains et où des groupes armés se livrent aux pires actes de terrorisme, l’idéal de Peter est plus important que jamais.


Les victimes oubliées d’aujourd’hui sont ces femmes violées pendant le conflit qui a ravagé les îles Salomon, ou encore ces civils pris entre deux feux en République démocratique du Congo, où des marchands d’armes sans scrupules continuent de faire de fructueuses affaires. Les prisonniers oubliés de notre époque sont ces hommes placés en cage pendant des années, dans des centres de détention secrets, sans raisons précises, parce qu’ils sont soupçonnés de «terrorisme». Ce sont aussi ces jeunes Afghanes contraintes à se marier et retenues contre leur gré sans aucun moyen de s’échapper.


Peter Benenson a montré qu’une seule personne pouvait vraiment peser sur le cours des événements. Aujourd’hui, plus que jamais, nous avons tous, individuellement, un rôle à jouer pour que les atrocités cachées ne restent pas dans l’ombre et pour que la justice triomphe.


Rendant hommage à Peter Benenson, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a déclaré : «[Il]ne s’est pas contenté de déplorer une injustice qui le révoltait. Il a choisi d’agir [...] Le meilleur hommage que nous puissions rendre à Peter Benenson est d’œuvrer chaque jour en suivant son exemple.»


Que ce soit en écrivant aux responsables gouvernementaux pour protester contre la torture et les mauvais traitements, ou en s’élevant contre des actes de violences domestiques dont il est témoin, chacun d’entre nous peut poursuivre sur la voie ouverte par Peter Benenson, en montrant sa détermination à faire des droits humains une réalité pour tous.

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