Document - Le Fil d'AI. Juillet 2008 (Appels mondiaux)
Extrait du Fil d'AI
Appels mondiaux
Juillet 2008
NWS 21/006/2008
ÉFAI
Laos
Emprisonnés à l'issue d'un procès inique
Thao Moua et Pa Fue Khang, deux Laotiens appartenant à l'ethnie hmong, purgent des peines d'emprisonnement de douze et quinze ans, respectivement, pour avoir apporté leur aide à deux journalistes européens et à leur interprète.
Les journalistes cherchaient à entrer en contact avec des groupes hmongs cachés dans la jungle. Les Hmongs, qui sont régulièrement attaqués par l'armée laotienne, sont forcés de se déplacer constamment, ce qui les expose à des risques de famine et de maladie. Thao Moua, Pa Fue Khang et Char Yang, qui servaient de guides aux journalistes étrangers, ont été arrêtés le 4 juin 2003. Au cours de leur détention provisoire, ils auraient eu les pieds entravés dans des fers et auraient été frappés à coups de bâton et de chaîne de vélo. Thao Moua et Pa Fue Khang ont été jugés le 30 juin 2003 dans la province de Xieng Khouang, aux côtés des deux journalistes et de l'interprète. Char Yang, qui s'était évadé, a été jugé par contumace.
Le procès a duré moins de trois heures. Thao Moua et Pa Fue Khang n'ont pas été défendus par un avocat et l'issue du procès avait apparemment été décidée à l'avance. Tous les accusés ont été condamnés à de longues peines d'emprisonnement, mais les deux journalistes et l'interprète ont ensuite été relâchés et expulsés du Laos le 9 juillet 2003. Thao Moua et Pa Fue Khang ont été transférés à la prison de Samkhe à Vientiane, où les détenus hmongs risquent d'être torturés, privés de soins médicaux et victimes d'autres formes de mauvais traitements. Amnesty International estime que leur procès a été inéquitable et motivé par des considérations politiques.
Veuillez écrire aux autorités laotiennes pour leur demander de faire en sorte que Thao Moua et Pa Fue Khang bénéficient rapidement d'un nouveau procès, qui soit cette fois équitable et conforme aux normes internationales. Demandez-leur également de diligenter une enquête sur les allégations selon lesquelles les deux hommes ont été torturés en détention, et de veiller à ce que les responsables présumés de ces violences soient déférés à la justice.
Envoyez vos appels au Premier ministre :
Bouasone Bouphavanh, Prime Minister, Prime Minister's Office, Rue Sisavat, Vientiane, Laos
Fax : + 856 212 13560
Formule d'appel : Monsieur le Premier ministre,
Légendes photos :
Thao Moua (à gauche) et Pa Fue Khang
© DR (pour les deux photos)
Viêt-Nam
Un détracteur du gouvernement réduit au silence
TRUONG QUOC HUY purge une peine de six ans d'emprisonnement en raison de ses opinions politiques, alors qu'il n'a pas eu recours à la violence. Il a été arrêté le 18 août 2006 dans un cybercafé d'Ho Chi Minh-Ville par des policiers en civil.
Il avait déjà été arrêté en octobre 2005 avec ses deux frères et une amie : 50 policiers les avaient appréhendés à son domicile et les avaient frappés, à coups de pied entre autres. Les jeunes gens participaient à une discussion sur un forum Internet intitulé La voix du peuple au Viêt-Nam et à l'étranger. Truong Quoc Huy, son frère Truong Quoc Tuan et leur amie ont été accusés d'avoir « mené des activités visant à renverser le gouvernement populaire » et maintenus en détention pendant neuf mois. Durant cette période, on leur a interdit de recevoir des visites de leurs proches et d'être assistés par des avocats. Après sa libération, Truong Quoc Huy a déclaré qu'il continuerait de critiquer le gouvernement et qu'il soutenait Bloc 8406, un mouvement en faveur de la démocratie qui demande un changement politique pacifique et le respect des droits humains. Ces propos sont peut-être à l'origine de sa deuxième arrestation, le 18 août 2006.
Truong Quoc Huy a été jugé le 29 janvier 2008. Sa famille, qui n'avait plus de nouvelles de lui, ignorait jusqu'alors où il était détenu. Inculpé au titre de l'article 88 du Code pénal de « propagande contre la République socialiste du Viêt-Nam », il s'est vu condamner à une peine de six ans d'emprisonnement suivie de trois ans de placement en résidence surveillée. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion car elle estime qu'il est incarcéré pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression et d'association.
Veuillez écrire aux autorités vietnamiennes pour leur demander de libérer immédiatement et sans condition Truong Quoc Huy ainsi que toutes les autres personnes détenues au Viêt-Nam pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression.
Envoyez vos appels au Premier ministre :
Nguyen Tan Dung, Prime Minister, Office of the Prime Minister, Hoang Hoa Tham, Ha Noi, Viêt-Nam
Fax : + 844 823 1872
Formule d'appel : Monsieur le Premier ministre,
Crédit photo :
© DR
Mexique
Un accusé indigène voit ses droits bafoués
Le cas de RICARDO UCÁN CECA est emblématique de la discrimination dont sont victimes au Mexique les communautés indigènes. Il y a sept ans, en juin 2001, il a été condamné à vingt-deux ans d'emprisonnement pour meurtre, à l'issue d'un procès inique au cours duquel ses droits fondamentaux n'ont pas été respectés.
En 2000, Ricardo Ucán a affirmé qu'il avait agi en état de légitime défense lorsqu'il avait abattu Bernardino Chan Ek, un voisin, lors d'une querelle concernant un lopin de terre. Il a par ailleurs indiqué qu'il comprenait et parlait un peu l'espagnol mais qu'il ne savait ni le lire ni l'écrire. Son droit de bénéficier des services d'un interprète au cours du procès n'a pas été respecté, ce qui l'a empêché de comprendre pleinement la procédure et d'expliquer clairement et précisément les circonstances de la mort de son voisin.
De plus, l'avocate commise d'office pour le défendre n'a pas vraiment participé à la procédure ; elle n'a pas signé la déposition de son client et ne l'a pas soutenu lorsqu'il a déclaré avoir agi en état de légitime défense. Le juge n'a pas tenu compte de cette absence de signature sur la déposition de Ricardo Ucán, qui a été modifiée illégalement dans des exemplaires ultérieurs.
Les recours déposés contre la condamnation n'ont pas abouti. Cela semble être la conséquence de la discrimination qui frappe souvent les accusés indigènes, victimes de procès inéquitables et de peines excessives. Les juridictions d'appel ont estimé que les interprètes étaient là pour aider les juges et non les accusés. Elles ont également considéré qu'il n'existait pas d'éléments prouvant que Ricardo Ucán appartenait à une communauté indigène ayant une identité culturelle spécifique, que ce dernier ne pouvait en conséquence pas être reconnu comme indigène et, partant, qu'il ne remplissait pas les conditions nécessaires pour obtenir l'assistance d'un interprète.
Veuillez écrire aux autorités de l'État du Yucatán pour leur faire part de votre préoccupation au sujet de la discrimination dont est victime Ricardo Ucán Ceca et de la violation de son droit à un procès équitable, à l'assistance d'un interprète et à une défense satisfaisante. Demandez qu'il bénéficie d'un nouveau procès, qui soit cette fois conforme aux normes internationales d'équité.
Envoyez vos appels à la gouverneure de l'État du Yucatán :
Ivonne Aracelly Ortega Pacheco, Gobernadora del Estado de Yucatán, Palacio de Gobierno, Calle 61, Col. Centro, Mérida 97000, Estado de Yucatán, Mexique
Fax : +52 999 930 3100, poste 10055
Courriel : ivonne.ortega@yucatan.gob.mx
Formule d'appel : Madame la Gouverneure,
Crédit photo :
© Equipo Indignación