Document - Algérie. Des militants pris pour cibles en Algérie

Algérie. Des militants pris pour cibles en Algérie


AU 364/12, MDE 28/002/2012 – Algérie 19 décembre 2012


ACTION URGENTE

DES MILITANTS PRIS POUR CIBLES EN ALGÉRIE

Le 19 décembre, les forces de sécurité ont encerclé le bureau d'une organisation de la société civile en Algérie. Cinq militants au moins ont été interpellés. Au moins deux sont toujours détenus. On craint que d'autres militants ne soient arrêtés arbitrairement.

Le 19 décembre, l'organisation SOS Disparus, qui a été créée par des parents de victimes de disparition forcée en Algérie, prévoyait un rassemblement dans le centre d'Alger, la capitale, à l'occasion de la visite du président français dans le pays. Elle entendait ainsi attirer l'attention sur son combat en faveur de la vérité et de la justice. À la mi-journée, tandis que des membres de l'ONG et d'autres militants se rassemblaient dans les locaux de l'organisation, des agents des services de sécurité, en civil pour la plupart, sont intervenus pour qu'ils n'entrent pas – tout en empêchant ceux qui se trouvaient déjà l'intérieur de sortir. Ils ont également confisqué de force des photos de victimes de disparition forcée que tenaient les proches de celles-ci.

Les forces de sécurité ont en outre arrêté plusieurs militants, parmi lesquels Abdiaziz Mardine et Tariq Manri, qui sont membres du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC). Ces deux hommes seraient toujours détenus au poste de police du quartier. On craint que d'autres arrestations arbitraires de militants des droits humains ne se produisent.


DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en français ou dans votre propre langue :

  • demandez aux autorités algériennes de remettre en liberté immédiatement et sans condition tous les militants interpellés le 19 décembre près des locaux de SOS Disparus à Alger, car ils ont été arrêtés arbitrairement ;

  • priez-les instamment de veiller à ce que les forces de sécurité n'empêchent pas la tenue de manifestations pacifiques ni ne dispersent celles-ci, et qu'elles respectent le droit à la liberté de réunion et d'expression ;

  • demandez aux autorités de cesser de harceler les parents de victimes de disparition forcée et les autres militants, et de garantir le droit de toutes les victimes de crimes à la vérité et à la justice.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 30 JANVIER 2013 À :

Président de la République

Son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika

Présidence de la République

El Mouradia, Alger

Algérie

Fax : +213 21 609618 (veuillez insister)

Courriels : president@el-mouradia.dz

Formule d’appel : Excellence,




Ministre de la Justice

Son Excellence Mohamed Charfi

Ministère de la Justice

8 Place Bir Hakem

16030 El Biar, Alger

Algérie

Fax : +213 21 921701 (veuillez insister)

Courriels : contact@mjustice.dz

Formule d’appel : Excellence,




Copies à :

Ministre des Affaires étrangères

Son Excellence Mourad Medelci

Ministère des Affaires étrangères

Place Mouhamed Seddik ben Yahia

El Mouradia, Alger

Algérie

Fax : +213 21 50 4141/4242 (veuillez insister)

Formule d’appel : Excellence,


Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Algérie dans votre pays. (adresse(s) à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse


Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

DES MILITANTS PRIS POUR CIBLES EN ALGÉRIE

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Des atteintes massives aux droits humains ont été commises par des groupes armés et par les forces de sécurité algériennes durant le conflit interne des années 1990. Les forces de sécurité se sont notamment rendues coupables de détention secrète, d'actes de torture et d'autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, et de la disparition forcée de milliers de personnes. Ces crimes restent impunis à ce jour. En vigueur depuis 2006, la Charte pour la paix et la réconciliation nationale (Ordonnance 06-01) accorde l'immunité aux forces de sécurité et rend passibles de poursuites les personnes qui critiquent leur comportement. Les familles des personnes soumises à une disparition forcée doivent accepter un certificat de décès pour pouvoir recevoir une indemnisation, mais n'obtiennent aucune information sur ce qui est arrivé à leur parent.


Les proches de victimes de disparition forcée continuent de réclamer la vérité et la justice, en dépit du harcèlement dont ils sont la cible de la part des forces de sécurité, qui empêchent la tenue de rassemblements et de manifestations pacifiques en bloquant les accès et en procédant à des arrestations, ou dispersent les mouvements par la force. Bien que l'état d'urgence ait été levé en 2011, l'interdiction de manifestations reste en vigueur à Alger en vertu d'un décret de 2001. Les militants des droits humains qui prennent part à des rassemblements et exercent leur droit à la liberté d'expression font l'objet d'arrestations arbitraires et d'actes de harcèlement.



Nom : Abdiaziz Mardine (h), Tariq Manri (h) et d'autres militants

Genre : hommes et femmes





AU 364/12, MDE 28/002/2012, 19 décembre 2012