Document - Syria: Mother and children held incommunicado
AU 153/12, MDE 24/053/2012 – Syrie 1er juin 2012
ACTION URGENTE
UNE MÈRE ET SES ENFANTS DÉTENUS AU SECRET
Une famille syrienne, notamment une femme enceinte et deux enfants en bas âge, est détenue au secret depuis le 15 mai par la section d'Al Mezzeh du Renseignement de l'armée de l'air, à Damas. Ces personnes sont, semble-t-il, des prisonniers d'opinion dont la détention vise à faire pression sur un membre de leur famille recherché par les pouvoirs publics. Elles risquent d'être victimes de torture et d'autres mauvais traitements.
Mahmoud Hamada, 10 ans, et Osama Hamada, huit ans, ont été arrêtés le 15 mai 2012 à leur domicile d'Aqraba, dans la banlieue de Damas, aux côtés de Malika al Khateeb, leur mère enceinte de six mois. Cinq autres membres de la famille, qui étaient présents, ont également été arrêtés: Mahmoud Rida Hamada, le grand-père des enfants, Samiya al Jad, leur grand-mère, Mohamed Hamada, leur oncle, Noor al Habyan, leur tante, et Adam Hamada, leur cousin de trois ans.
Après l'arrestation de ces personnes, plusieurs anciens du village se sont rendus à la section du Renseignement militaire du quartier d'Al Mezzeh, à Damas, pour demander leur libération. On leur a répondu qu'elles ne seraient relâchées que si le mari de Malika al Khateeb, Said Mahmoud Hamada, se livrait aux autorités. Cet homme, qui serait accusé par les autorités syriennes d'« appartenir à un groupe terroriste », vit actuellement dans la clandestinité. Le 22 mai, Adam Hamada a été libéré. Son grand-père et son oncle maternels sont allés le chercher dans les locaux du Renseignement de l'armée de l'air.
Sur la base des éléments dont elle dispose, Amnesty International pense que les personnes citées sont des prisonniers d'opinion, détenus uniquement en raison de leur lien de parenté avec Said Mahmoud Hamada. Par ailleurs, l'organisation est très inquiète pour le bien-être de Malika al Khateeb, enceinte de six mois, et de Samiya al Jad, qui doit prendre un traitement régulier car elle souffre de diabète et d'hypertension.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en arabe ou dans votre propre langue :
dites-vous préoccupé par le fait que Malika al Khateeb, Mahmoud Hamada, Osama Hamada, Mahmoud Rida Hamada, Samiya al Jad, Mohamed Hamada et Noor al Habyan semblent être des prisonniers d'opinion arrêtés uniquement en raison de leur lien de parenté avec Said Mahmoud Hamada ;
demandez leur libération immédiate et inconditionnelle ;
engagez les autorités à veiller à ce que, tant qu'elles seront en détention, ces personnes soient protégées de la torture et des autres formes de mauvais traitements, et à ce qu'elles puissent entrer en contact sans délai avec leur famille et l'avocat de leur choix, et bénéficier de tous les soins médicaux dont elles pourraient avoir besoin.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 13 JUILLET 2012 À :
�
Président
Bashar al-Assad
Presidential Palace, al-Rashid Street
Damascus, Syrie
Fax : +963 11 332 3410 (merci de faire preuve de persévérance)
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
Ministre de l'Intérieur
His Excellency Major General Mohamad Ibrahim al-Shaar, Ministry of Interior, ‘Abd al-Rahman Shahbandar Street
Damascus, Syrie
Fax : +963 11 211 9578 (merci de faire preuve de persévérance)
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Ministre des Affaires étrangères
Walid al-Mu'allim
Ministry of Foreign Affairs
al-Rashid Street
Damascus, Syrie
Fax : +963 11 214 6253 (merci de faire preuve de persévérance)
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,�
�
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Syrie dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
URGENT ACTION
UNE MÈRE ET SES ENFANTS DÉTENUS AU SECRET
COMPLÉMENT D'INFORMATION
Le 15 mai 2012, les forces de sécurité auraient effectué une descente à l'atelier de Said Mahmoud Hamada, le poussant ainsi à s'enfuir de son domicile et à entrer dans la clandestinité. Les huit membres de la famille Hamada dont les noms sont cités ont été arrêtés plus tard dans la journée, lorsque les forces de sécurité se sont rendues à leur domicile pour chercher Said Mahmoud Hamada. Une source non officielle a informé les anciens de la ville que la famille subissait des pressions visant à l'amener à « avouer » sur une chaîne de télévision d'État que cet homme était un membre d'Al Qaïda et l'auteur d'un attentat à la bombe perpétré le 10 mai 2012 dans le quartier d'Al Qazaz, à Damas.
À partir de février 2011, des manifestations ont été organisées de façon sporadique mais elles ont pris de l'ampleur et sont devenues plus fréquentes après les premiers homicides de manifestants, le mois suivant. À l'origine, ces rassemblements étaient largement pacifiques, mais les autorités syriennes ont réagi de la manière la plus brutale qui soit pour tenter d'y mettre un terme. Au cours de l'année écoulée, bien que les manifestations pacifiques aient continué, les troubles sont devenus de plus en plus violents, des groupes d'opposition armés – souvent associés de manière plus ou moins étroite à l'Armée syrienne libre – menant des attaques qui visaient le plus souvent les forces de sécurité syriennes. Des violences commises par les forces d'opposition ont également été signalées, notamment la torture ou les homicides de militaires et agents des forces de sécurité capturés, de membres de milices progouvernementales appelées chabiha, de personnes soupçonnées de soutenir le régime et d'informateurs présumés. Amnesty International a obtenu les noms de plus de 9 900 personnes qui seraient mortes ou auraient été tuées depuis le début des troubles, à la mi-mars 2011.
Des milliers d'opposants présumés au gouvernement syrien ont été arrêtés depuis le début des manifestations et nombre d'entre eux, voire la plupart, auraient été soumis à des actes de torture et à d'autres mauvais traitements. Amnesty International dispose des noms de plus de 380 personnes qui seraient mortes en détention pendant cette période, et a recensé de nombreux cas de torture et d'autres mauvais traitements. Pour en savoir plus sur les actes de torture et les autres mauvais traitements infligés à des détenus en Syrie, veuillez consulter le document « Je voulais mourir », Témoignages de survivants de la torture en Syrie (http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE24/016/2012/fr). Parmi les personnes mortes en détention figurent au moins 18 mineurs, dont certains n'avaient pas plus de 13 ans. Les corps de plusieurs d'entre eux portaient des traces de blessures indiquant qu'ils avaient probablement subi des actes de torture. Pour en savoir plus, veuillez consulter le document Morts en détention. Cas de mort en détention sur fond de protestation populaire en Syrie (MDE 24/035/2011, 31 août 2011, http://amnesty.org/fr/library/info/MDE24/035/2011/fr).
Amnesty International a également recueilli de nombreuses informations indiquant que des personnes ont, semble-t-il, été victimes de disparition forcée et que les pouvoirs publics n'ont fourni aux familles aucun renseignement sur le sort de ces personnes, dont la plupart auraient été arrêtées par les forces de sécurité. Bien que le gouvernement syrien ait accepté le plan en six points proposé le 27 mars 2012 par Kofi Annan, envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, et l'accord de cessez-le-feu du 12 avril, Amnesty International continue à recevoir des informations faisant état d'homicides illégaux, d'arrestations et de maintiens en détention dans des conditions s'apparentant à des disparitions forcées.
Depuis avril 2011, Amnesty International rassemble des informations sur les atteintes aux droits humains commises de façon systématique et généralisée dans ce pays, et qui s'apparentent à des crimes contre l'humanité. L'organisation demande que la situation en Syrie soit examinée par le procureur de la Cour pénale internationale, qu'un embargo total sur les armes à destination de ce pays soit décrété et que les avoirs du président Bachar el Assad et de ses proches collaborateurs soient gelés.
Pour savoir où sont commises des atteintes aux droits humains sur le territoire syrien et en apprendre davantage sur les actions mondiales d'Amnesty International en faveur de la justice, veuillez consulter la carte interactive « Eyes on Syria » (www.eyesonsyria.org).
Noms : Malika al Khateeb, Mahmoud Hamada, Osama Hamada, Mahmoud Rida Hamada, Samiya al Jad, Mohamed Hamada et Noor al Habyan Genre : Mahmoud Hamada, Osama Hamada, Mahmoud Rida Hamada et Mohamed Hamada (hommes) ; Malika al Khateeb, Samiya al Jad et Noor al Habyan (femmes)
��
AU 153/12, MDE 24/053/2012, 1er juin 2012