Document - Saudi Arabia: Man might face death penalty for tweets: Hamza Kashgari

Arabie saoudite. Un homme risque la peine de mort pour des publications sur Twitter

AU 48/12, MDE 23/002/2012 – Arabie saoudite 13 février 2012 13 février 2012

ACTION URGENTE

ARABIE SAOUDITE. UN HOMME RISQUE LA PEINE DE MORT POUR DES PUBLICATIONS SUR TWITTER

Le Saoudien Hamza Kashgari risque d'être inculpé d'apostasie, un chef d'accusation passible de la peine de mort, pour avoir publié des commentaires sur Twitter. Il a été expulsé de force le 12 février par la Malaisie vers l'Arabie saoudite, après avoir quitté son pays en raison des menaces de mort reçues pour ses publications. Il est actuellem ent détenu en Arabie saoudite.

Hamza Kashgari a été interpellé en Malaisie le 9 février 2012 et placé en détention dans un lieu inconnu, sans pouvoir contacter un avocat. Depuis son renvoi forcé dans son pays, il se trouve dans un centre de détention au ministère de l'Intérieur, à Riyadh, la capitale de l'Arabie saoudite. Il a été autorisé à contacter sa famille.

Certaines informations indiquent qu'un représentant du ministère public originaire de Djedda, la ville natale de Hamza Kashgari, a demandé, peu de temps après l'arrivée de ce dernier en Arabie saoudite, l'autorisation de porter plainte contre cet homme au responsable du bureau des enquêtes et des poursuites judiciaires. Il a également appelé à ce que les personnes ayant encouragé ou approuvé les propos de Hamza Kashgari sur Twitter soient poursuivies.

Amnesty International considère Hamza Kashgari comme un prisonnier d'opinion, interpellé uniquement pour avoir exercé son droit à la liberté d'expression ; l'organisation estime aussi que son arrestation et les poursuites qui seront éventuellement engagées contre lui et d'autres individus ne respectent pas les libertés fondamentales inscrites dans plusieurs conventions internationales.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue :

exhortez le roi de l'Arabie saoudite à révoquer l'ordre d'arrestation visant Hamza Kashgari et à garantir que cet homme soit relâché immédiatement et sans condition, et que toutes poursuites engagées à son encontre soient abandonnées ;

demandez que celui-ci puisse contacter sans délai l'avocat de son choix et avoir le droit que ce dernier l'assiste pendant tout interrogatoire.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 26 MARS 2012 :

Roi de Bahreïn

King Abdullah Bin Abdul Aziz Al Saud

The Custodian of the two Holy Mosques

Office of His Majesty the King

Royal Court, Riyadh

Arabie saoudite

Formule d'appel : Your Majesty , / Sire, (Votre Majesté, dans le corps du texte)

Prince héritier et ministre de l'Intérieur

Prince Naif bin Abdul Aziz Al Saud

Ministry of the Interior, P.O. Box 2933, Airport Road

Riyadh 11134, Arabie saoudite

Fax : +966 1 403 3125 (merci de vous montrer persévérant)

Formule d'appel : Your Royal Highness , / Monseigneur, (Votre Altesse Royale, dans le corps du texte)

Copies à :

Ministre de la Culture et de l'Information

Abdulaziz Bin Muhiyuddin Khoja

Ministry of Culture and Information

Nasseriya Street, Riyadh 11161

Arabie saoudite

Fax : + 966 1 402 3570 / 405 0674

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Arabie saoudite dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE

ARABIE SAOUDITE. UN HOMME RISQUE LA PEINE DE MORT POUR DES PUBLICATIONS SUR TWITTER

COMPLÉMENT D'INFORMATIONS

Hamza Kashgari a quitté l'Arabie saoudite le 6 février, victime de menaces de mort après que plusieurs dignitaires religieux l'ont accusé d'apostasie, jugeant que certains commentaires qu'il avait publiés sur Twitter insultaient le prophète Mahomet. Le lendemain, le roi Abdul Aziz Al Saud bin Abdul Aziz Al Saud a ordonné au ministère de l'Intérieur d'arrêter cet homme et de l'amener à rendre des comptes pour ses publications. Les autorités malaisiennes, qui n'ont inculpé ce dernier d'aucune infraction reconnue par la loi, l'ont interpellé le 9 février alors qu'il se rendait à l'aéroport pour aller en Nouvelle-Zélande. Elles l'ont remis aux autorités saoudiennes bien que plusieurs organisations locales et internationales les aient appelées à n'en rien faire.

En Arabie saoudite, une large gamme d'infractions est passible de la peine capitale, notamment l'apostasie et la sorcellerie. Le fait d'ériger l'apostasie en infraction est incompatible avec le droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion inscrit dans l'article 18 de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Bien que la « sorcellerie » ne constitue pas une infraction définie, ce chef d'accusation est utilisé en représailles à l'exercice légitime des droits humains, notamment des droits à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de conviction et d'expression. En 2011, deux personnes accusées de sorcellerie ont été exécutées.

Amnesty International a rassemblé des informations sur des individus en Arabie saoudite, dont les propos étaient considérés contraires à l'Islam, qui ont été jugés comme étant des apostats et ont donc été condamnés à mort.

Les procédures judiciaires dans ce pays sont loin de respecter les normes internationales d'équité des procès. Les accusés sont rarement autorisés à être officiellement représentés par un avocat et dans bon nombre de cas, ils ne sont pas informés de l'avancée des poursuites engagées contre eux. Les accusés peuvent être déclarés coupables uniquement sur la base d'« aveux » obtenus sous la contrainte ou par la tromperie.

Nom : Hamza Kashgari

Genre : homme

AU 48/12, MDE 23/002/2012, 13 février 2012