Document - Israel/OPT: Further information: Danger as health of detainees deteriorates

Israël et territoires palestiniens occupés. Craintes pour la santé de plusieurs détenus

Action complémentaire sur l'AU 119/12, MDE 15/049/2012 – Israël et territoires palestiniens occupés 31 août 2012

ACTION URGENTE

CRAINTES POUR LA SANTÉ DE PLUSIEURS DÉTENUS

Samer al Barq et Hassan Safadi, deux grévistes de la faim en détention administrative, courent un grave danger car leur état de santé se détériore. Ils protestent contre leur détention sans inculpation ni jugement et les mauvais traitements à répétition que leur ont infligés à titre punitif des gardiens des services pénitentiaires israéliens.

Samer al Barq et Hassan Safadi, qui observent une grève de la faim depuis le 22 mai et le 21 juin 2012 respectivement, ont été transférés du centre médical des services pénitentiaires israéliens, situé à la prison de Ramleh, à l'hôpital public Assaf Harofeh le 27 août. L'avocat de Samer al Barq a indiqué que son client était sous perfusion mais n'avait pas bénéficié ni été informé qu'il allait bénéficier des soins médicaux spécialisés dont il a besoin. Avant son transfert, il souffrait de problèmes hépatiques et d'hypotension, et son rythme cardiaque était lent. Hassan Safadi avait lui aussi des problèmes hépatiques et ne pouvait pas se tenir droit.

Les deux détenus cités ont expliqué à des avocats de l'organisation non gouvernementale locale Addameer qu'ils avaient été agressés le 13 août par des gardiens au centre médical de la prison de Ramleh parce qu'ils avaient refusé d'intégrer une cellule où se trouvaient des détenus non grévistes de la faim. Hassan Safadi a, semble-t-il, perdu connaissance après qu'on lui a tapé deux fois la tête contre la porte de la cellule. Samer al Barq et Hassan Safadi ont finalement été transférés dans une cellule d'isolement dépourvue de matelas.

Le 22 août, le placement en détention administrative concernant Samer al Barq a été renouvelé pour trois mois. Le contrôle de cet acte par une autorité judiciaire a été reporté au 4 septembre du fait de son hospitalisation. Ce type d'examen, fondé sur des éléments qui ne sont pas communiqués au détenu, aboutissent généralement à la confirmation de l'acte de mise en détention. Une première séance a eu lieu le 28 août à l'hôpital Assaf Harofeh ; Samer al Barq est resté attaché à son lit. Selon son avocat, il avait beaucoup de mal à s'exprimer et n'était probablement pas en pleine possession de ses moyens à tout moment.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en hébreu ou dans votre propre langue :

demandez que Samer al Barq et Hassan Safadi restent dans un hôpital civil et bénéficient des soins médicaux spécialisés dont ils ont besoin, puissent consulter rapidement et régulièrement les médecins de leur choix et recevoir la visite de leurs familles, et soient traités à tout moment avec humanité et dignité ;

exhortez les autorités israéliennes à veiller à ce que ces hommes ne subissent pas de nouveau des mauvais traitements ni des punitions du fait de leur grève de la faim et à diligenter une enquête rapide, approfondie et impartiale sur les mauvais traitements dont ils disent avoir été victimes ;

appelez-les à libérer les deux hommes cités et toutes les autres personnes placées en détention administrative, à moins qu'ils ne soient rapidement inculpés d'infractions pénales prévues par la loi et jugés conformément aux normes internationales d'équité des procès.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 12 OCTOBRE 2012 À :

Commissaire des Services pénitentiaires israéliens

Lieutenant-General Aharon Franco

Israel Prison Service, PO Box 81

Ramleh 72100, Israël

Fax : +972 8 919 3800

Formule d'appel : Dear Lieutenant-General, / Monsieur,

Ministre de la Sécurité publique

Yitzhak Aharonovitch

Ministry of Public Security

Kiryat Hamemshala

Jerusalem 91181, Israël

Fax : +972 2 584 7872

Courriel : sar@mops.gov.il

Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Juge militaire et général de brigade

Brigadier General Danny Efroni

6 David Elazar Street

Hakirya, Tel Aviv, Israël

Fax : +972 3 569 4526

Courriel : avimn@idf.gov.il

Formule d'appel : Dear Brigadier General, / Monsieur,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques d'Israël dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), n° de télécopie ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la septième mise à jour de l'AU 119/12. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/MDE15/038/2012/fr.

ACTION URGENTE

CRAINTES POUR LA SANTÉ DE PLUSIEURS DÉTENUS

COMPLÉMENT D'INFORMATION

À la suite d'un accord conclu le 14 mai 2012 avec les autorités israéliennes sous médiation égyptienne, environ 2 000 prisonniers et détenus palestiniens ont cessé leur grève de la faim collective, entamée pour protester contre les mauvaises conditions carcérales, y compris les placements à l'isolement, le fait de ne pas pouvoir voir leurs familles et les détentions sans inculpation. Aux termes de cet accord, les autorités israéliennes s'engageaient à mettre fin à la détention à l'isolement de 19 prisonniers et à lever l'interdiction des visites familiales aux prisonniers originaires de la bande de Gaza. Pour l'instant, seuls quelques-uns de ces détenus ont reçu la visite de leur famille et plusieurs sont encore à l'isolement. Les médias laissent penser qu'Israël ne reconduira pas les ordres de détention administrative en vigueur, à moins que de nouveaux renseignements d'importance soient révélés ; pourtant, les autorités israéliennes semblent continuer d'émettre et de renouveler de tels actes (voir le rapport d'Amnesty International intitulé En mal de justice. Des Palestiniens détenus sans jugement par Israël, MDE 15/026/2012, 6 juin 2012, http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE15/026/2012/fr).

Hassan Safadi, 33 ans, est détenu sans inculpation ni jugement depuis le 29 juin 2011. En mai 2012, il a mis un terme à une grève de la faim qui a duré 70 jours. Le précédent ordre de détention administrative émis à son encontre, qui expirait en juin, a été renouvelé pour six mois, ce qui l'a poussé à reprendre sa grève le 21 juin. Le contrôle de cet acte par une autorité judiciaire a d'abord été reporté au 25 juillet car des témoins ne s'étaient pas présentés, et aucune décision n'a été rendue pour le moment. Son avocat a demandé que les représentants des autorités israéliennes qui avaient participé aux négociations de l'accord qui a mis un terme, au mois de mai, à la grève de la faim collective, fournissent des éléments concernant les modalités de recours à la détention administrative. Depuis lors, le contrôle a été repoussé à plusieurs reprises. Des examens médicaux pratiqués récemment indiquent que Hassan Safadi présente des calculs rénaux imputables à sa grève de la faim. Il souffre également de problèmes de vue, de maux de tête et de vertiges.

Samer al Barq, 37 ans, est détenu sans inculpation ni jugement depuis juillet 2010. En mai 2012, il a mis un terme à une grève de la faim de 30 jours, qu'il a reprise le 22 mai après le renouvellement de son ordre de détention administrative pour trois mois.

Hassan Safadi et Samer al Barq ont indiqué à leurs avocats et au médecin qui les a examinés qu'ils étaient fréquemment battus et insultés lors des fouilles effectuées dans leur chambre, à la prison de Ramleh. Samer al Barq a déclaré avoir été agressé lors de son transfert vers et depuis la prison d'Ofer, le 31 juillet. Ces deux hommes ont été détenus ensemble dans une chambre mal ventilée et trop petite pour leurs fauteuils roulants, dont ils ont besoin pour se rendre aux toilettes et pour d'autres activités quotidiennes.

Ils sont systématiquement privés des visites de médecins indépendants, sauf si un tribunal ordonne expressément le contraire aux services pénitentiaires israéliens. Le 2 août, un médecin de Médecins pour les droits humains-Israël (PHR-I) les a examinés. Il a indiqué qu'ils étaient faibles et que leurs jours seraient en danger s'ils poursuivaient leur grève de la faim ou s'ils recommençaient à s'alimenter sans contrôle médical strict. La situation actuelle est la suivante : lorsque leur état de santé se détériore, ils sont transférés dans un hôpital civil, où ils passent un ou plusieurs jours avant d'être reconduits au centre médical de la prison de Ramleh, qui ne peut pas leur prodiguer les soins médicaux spécialisés dont ils ont besoin. À l'hôpital Assaf Harofeh, ils sont généralement attachés à leur lit, ce qui constitue un traitement cruel et dégradant compte tenu de leur grève de la faim prolongée.

Selon Addameer, deux autres Palestiniens détenus dans des prisons israéliennes, Ayman Sharawna et Samer al Issawi, observent une grève de la faim depuis le 1er juillet et le 1er août respectivement. Ayman Sharawna a été arrêté le 31 janvier 2012, soit trois mois après avoir été libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers effectué en octobre 2011. Addammeer a indiqué que les autorités israéliennes affirmaient que cet homme n'avait pas respecté les conditions de sa libération et purgeait actuellement le reste de sa peine.

Nom : Hassan Safadi, Samer al Barq

Genre : homme

Action complémentaire sur l'AU 199/12, MDE 15/049/2012, 31 août 2012

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