Document - Iran. Arrestations arbitraires / Craintes de torture ou de mauvais traitements / Prisonniers d'opinion présumés. Militants étudiants : Ali Kantouri ; Peyman Piran ; Behrouz Karimizadeh
ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC Index AI : MDE 13/067/2008 – ÉFAI
14 mai 2008
Action complémentaire sur l'AU 331/07 (MDE 13/147/2007, 13 décembre 2007) et ses mises à jour (MDE 13/008/2008, 17 janvier 2008 ; MDE 13/062/2008, 15 avril 2008) – Arrestations arbitraires / Craintes de torture ou de mauvais traitements / Prisonniers d'opinion présumés
IRAN Ali Kantouri (h) ]
Peyman Piran (h) ] militants étudiants
Behrouz Karimizadeh (h) ]

Behrouz Karimizadeh et Peyman Piran ont été libérés sous caution, mais Ali Kantouri reste détenu et ne reçoit pas le traitement médicamenteux dont il a besoin. Ces trois militants étudiants ont été arrêtés pour le rôle qu'ils auraient joué dans les manifestations qui se sont déroulées en marge de la Journée nationale des étudiants, le 7 décembre 2007.
Behrouz Karimizadeh a été libéré le 15 avril 2008 après que sa famille a versé une caution de 300 000 tomans (environ 210 euros). Il avait été arrêté le 2 décembre 2007 au domicile d'un ami et torturé pendant sa détention. Au cours d'un interrogatoire, un objet dur lui a été enfoncé dans l'oreille gauche, si bien qu'il souffre désormais d'une perte d'audition. Cependant, il n'a pas été soumis à des décharges électriques, comme l'avaient indiqué de précédentes informations, mais il aurait été de nouveau torturé après avoir tenté de se suicider. De même que tous les autres étudiants arrêtés au cours des manifestations, il a été forcé à « avouer » à la télévision qu'il entretenait des liens avec des groupes exilés et s'employait à déstabiliser le pays.
Peyman Piran a été libéré de la section 350 de la prison d'Evin à la fin du mois d'avril 2008, après que sa famille a versé une caution de 80 millions de tomans (environ 56 000 euros). Il avait été arrêté le 4 décembre 2007 par des policiers en civil alors qu'il se rendait à l'université de Téhéran. Au cours de sa détention, il a reçu des coups de fouet sur la plante des pieds et les chevilles.
Ali Kantouri a été appréhendé par des agents des services de renseignement le 15 janvier 2008 à Qazvin, dans le nord-ouest de l'Iran. Ses proches ont reçu trois jours plus tard un appel téléphonique les informant qu'il était détenu à l'isolement à la prison de Qazvin, où il était soumis à des interrogatoires intensifs. Au cours d'une de ces séances, on lui a brisé les côtes et plusieurs dents parce qu'il refusait d'« avouer » devant des caméras qu'il avait des liens avec des groupes exilés et s'employait à déstabiliser le pays.
Ali Kantouri a été placé dans diverses prisons depuis son arrestation : d'abord à la section 209 de la prison d'Evin, puis à la prison de Rajaei Shahr à Karaj (province de Téhéran), et enfin à la prison de Ghezel Hesar, également située à Karaj. Il est maintenant enfermé dans une cellule de 6 mètres carrés avec sept autres prisonniers, toxicomanes pour la plupart, si bien qu'il leur est extrêmement difficile de dormir. Ali Kantouri souffre d'asthme et d'une infection des voies respiratoires, deux affections pour lesquelles il était traité avant son arrestation. À la mi-mars, il a été examiné par un médecin de la prison, mais n'a encore reçu aucun médicament.
Bien que ses proches se soient rendus plusieurs fois auprès de la deuxième chambre du tribunal révolutionnaire, qui s'occupe de son dossier, afin de demander qu'une prise en charge médicale lui soit accordée, les autorités n'ont pas donné suite à leurs inquiétudes. Ils ont également tenté d'obtenir l'autorisation de rendre visite à Ali Kantouri, mais on leur a répondu à maintes reprises que son dossier était « en cours d'instruction », qu'ils ne pouvaient pas le voir et qu'ils seraient contactés ultérieurement.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis quelques années en Iran, les groupes étudiants sont aux avant-postes de la lutte pour un meilleur respect des droits humains. Après l'élection du président Ahmadinejad en 2005, le champ d'action de la société civile iranienne n'a cessé d'être restreint. En avril 2007, le ministre du Renseignement Gholam Hossein Mohseni Ejeie a publiquement accusé le mouvement des femmes et les militants étudiants de participer à une « conspiration ennemie », sans donner aucun élément susceptible de soutenir cette thèse, que les personnes mises en cause rejettent avec force.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en persan, en anglais, en arabe ou dans votre propre langue) :
- saluez la libération de Peyman Piran et Behrouz Karimizadeh en avril 2008 ;
- déclarez-vous en revanche préoccupé par le maintien en détention d'Ali Kantouri et demandez que les charges retenues contre lui soient rendues publiques ;
- engagez les autorités à prendre les mesures nécessaires pour qu'il lui soit permis de recevoir la visite de ses proches, de bénéficier des services d'un avocat et de recevoir tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;
- demandez l'ouverture d'urgence d'une enquête indépendante sur les actes de torture que tous les étudiants arrêtés, y compris Ali Kantouri, semblent avoir subis, et priez les autorités de traduire en justice les auteurs présumés de ces agissements, ainsi que de protéger ces étudiants contre tout nouvel acte de torture ou autre forme de mauvais traitements ;
- rappelez-leur que l'article 38 de la Constitution iranienne interdit la pratique de la torture « dans le but d'extraire des aveux » ;
- exhortez-les à libérer tous les autres étudiants arrêtés depuis décembre 2007 en marge de la Journée nationale des étudiants, qui sont détenus au seul motif qu'ils ont exercé pacifiquement leurs droits.
APPELS À :
Guide spirituel de la République islamique d'Iran :
His Excellency Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
The Office of the Supreme Leader, Islamic Republic Street - Shahid Keshvar Doust Street
Téhéran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : info@leader.ir
Formule d'appel : Your Excellency, / Excellence,
Responsable du pouvoir judiciaire :
Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi
Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh / Office of the Head of the Judiciary
Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : info@dadgostary-tehran.ir(dans le champ réservé à l'objet, veuillez écrire : « FAO Ayatollah Shahroudi »)
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Ministre du Renseignement :
Gholam Hossein Mohseni Ejeie
Ministry of Intelligence, Second Negarestan Street, Pasdaran Avenue, Téhéran, République islamique d'Iran
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
COPIES À :
Président de la République :
His Excellency Mahmoud Ahmadinejad
The Presidency, Palestine Avenue, Azerbaijan Intersection, Téhéran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : dr-ahmadinejad@president.irou par l'intermédiaire de son site Internet : www.president.ir/email
Président du Majlis-e Shoura-e Islami (Assemblée consultative islamique) :
His Excellency Gholamali Haddad Adel
Majles-e Shoura-ye Eslami, Baharestan Square, Téhéran, République islamique d'Iran
Fax : +98 21 3355 6408
Courriers électroniques : hadadadel@majlis.ir(veuillez écrire en objet : « please forward to the Article 90 Commission »)
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 25 JUIN 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.