Document - Bahrain: Female activist detained: Seddiqa al-Basri

Bahreïn. Une militante détenue

AU 221/13, MDE 11/033/2013 – Bahreïn 16 août 2013

ACTION URGENTE BAHREÏN. UNE MILITANTE DÉTENUE Seddiqa al Basri, 27 ans et mère de deux enfants, est détenue depuis le 14 août dernier. Trois autres femmes et une jeune fille ont été interpellées en même temps qu’elle, avant d’être relâchées peu après. Seddiqa al Basri semble être une prisonnière d’opinion et risque d’être victime de torture et d’autres mauvais traitements. Le 14 août 2013 vers 15 heures, Seddiqa al Basri ainsi que trois autres femmes et une jeune fille de 14 ans ont été arrêtées alors qu’elles essayaient de se rendre en voiture à une manifestation antigouvernementale au carrefour de Sayf à Manama, la capitale du pays. Seddiqa al Basri était au volant lorsque des policiers l’ont appréhendée. Ceux-ci ont forcé les cinq femmes à sortir de la voiture avant de les faire monter dans un véhicule de police pour les emmener au poste de police d’Al Hurra, où elles ont été interrogées pendant plusieurs heures. Le 15 août vers 1 heure du matin, Tayyiba Derwish Issa, Sharifa Sayyid Saeed Mahdi et une troisième femme dont le nom n’a pas été révélé, ainsi que la jeune fille, Adhra Mohammad, ont été libérées. Au même moment, Seddiqa al Basri a été transférée vers le centre de détention de Madinat Issa, au sud-ouest de Manama.

Le jour même, elle a été déférée au bureau du procureur, où elle a été questionnée en présence de son avocat. Ce dernier avait demandé la permission d’assister à l’interrogatoire des cinq femmes au poste de police, ce que le bureau du procureur avait refusé. Seddiqa al Basri a été accusée par le parquet d’avoir « tenté de renverser deux policières », ce qu’elle nie. Cette femme a déjà été emprisonnée pendant six mois, du 28 janvier au 7 juillet 2013, après avoir été déclarée coupable d’avoir « offensé un policier » et participé à un « rassemblement public ». Elle aurait subi des actes de torture lors de son interrogatoire dans cette affaire.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue :  exhortez les autorités à relâcher Seddiqa al Basri immédiatement et sans condition, si elle est détenue seulement pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion ;  priez-les instamment de protéger cette femme de la torture et d’autres mauvais traitements.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 27 SEPTEMBRE 2013 À : Roi de Bahreïn Shaikh Hamad bin ‘Issa Al Khalifa Office of His Majesty the King P.O. Box 555, Rifa’a Palace al-Manama, Bahreïn Fax : +973 1766 4587 Formule d’appel : Your Majesty, / Sire (Votre Majesté, dans le corps du texte )

Ministre de l ’Intérieur Shaikh Rashid bin ‘Abdullah Al Khalifa Ministry of Interior P.O. Box 13, al Manama, Bahreïn Fax : +973 1723 2661 Twitter : @moi_Bahrain Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à : Ministre de la Justice et des Affaires islamiques Shaikh Khalid bin Ali Al Khalifa Ministry of Justice and Islamic Affairs P. O. Box 450, al-Manama, Bahreïn Fax : +973 1753 1284 Courriel : minister@justice.gov.bh Twitter : @Khaled_Bin_Ali Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de Bahreïn dans votre pays (adresse/s à compléter) : nom(s), adresse(s), n° de fax, adresse électronique, formule de politesse Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

16 août 2013

ACTION URGENTE BAHREÏN. UNE MILITANTE DÉTENUE

COMPLÉMENT D’INFORMATION Le 14 août 2013, plusieurs manifestations antigouvernementales ont été organisées dans de nombreux villages chiites à Bahreïn. Les manifestants prévoyaient de marcher jusqu’à Manama, mais les forces de sécurité les en ont empêchés en lançant du gaz lacrymogène et parfois en installant des fils barbelés autour des villages. Au moins 18 personnes ont été arrêtées. Le mouvement Tamarrod (rébellion), composé de groupes de jeunes, a choisi le 14 août pour organiser des manifestations antigouvernementales afin de dénoncer la répression menée par les autorités et réclamer de réelles réformes politiques. Plusieurs associations d’opposition prévoyaient également un grand défilé antigouvernemental mais ont dû l’annuler en raison d’une forte présence intimidante des forces de sécurité à Manama.

Plus de deux ans après le soulèvement à Bahreïn, et au-delà du battage médiatique entourant les réformes qui ont suivi, les prisonniers d’opinion, dont plusieurs ont été appréhendés pendant les manifestations, demeurent derrière les barreaux, et les autorités continuent de réprimer le droit à la liberté d’expression, d’association et de réunion. Ces derniers mois, non seulement les prisonniers d’opinion n’ont pas été libérés, mais d’autres personnes ont été incarcérées simplement pour avoir osé exprimer leurs opinions sur Twitter ou lors de défilés pacifiques. Les tribunaux bahreïnites semblent plus soucieux de suivre la ligne gouvernementale que de proposer des recours effectifs aux Bahreïnites et de faire respecter l’état de droit.

En réponse aux violences qui ont récemment pris une nouvelle ampleur, et en prévision des manifestations de masse planifiées par l’opposition, le parlement bahreïnite s’est réuni en session extraordinaire le 28 juillet dernier et a soumis 22 recommandations au Cheikh Khalifa Bin Issa Al Khalifa, le roi de Bahreïn. Celles-ci conseillent le durcissement des sanctions prévues par la Loi antiterroriste de 2006. Le roi a accepté ces recommandations le lendemain et ordonné au Premier ministre de veiller à ce qu’elles soient rapidement mises en œuvre par le gouvernement. L’article 38 de la Constitution bahreïnite donne au roi le pouvoir d’émettre des décrets qui ont force de loi lors des vacances parlementaires. Dans ce cas, le gouvernement rédige les projets d’amendement et le roi les ratifie.

Le roi a émis deux décrets d’urgence le 6 août 2013. L’un d’eux modifie la Loi de 1973 relative aux rassemblements publics et aux manifestations, interdisant ainsi les manifestations, sit-in, défilés et rassemblements publics à Manama. La Loi de 1976 sur les mineurs a également été révisée et dispose désormais que le ministère de l’Intérieur avertira par écrit les parents de tout individu âgé de moins de 16 ans qui participe à une manifestation, un rassemblement public ou un sit-in. Si, dans les six mois qui suivent, l’intéressé prend de nouveau part à une manifestation, son père encourra une peine de prison et/ou une amende. Amnesty International craint que ces mesures draconiennes soient utilisées pour réprimer les manifestations antigouvernementales, comme c’était le cas le 14 août dernier.

Nom : Seddiqa al Basri Femme

AU 221/13, MDE 11/033/2013, 16 août 2013