Document - Bahreïn. Jugement rendu le 4 avril dans le procès en cours

Bahreïn. Jugement rendu le 4 avril dans le procès en cours

Action complémentaire sur l'AU 236/12, MDE 11/007/2013, Bahreïn 28 mars 2013

ACTION URGENTE

JUGEMENT RENDU LE 4 AVRIL DANS LE PROCÈS EN COURS

Le jugement dans l'affaire concernant deux mineurs et trois adultes qui ont participé à des manifestations organisées à Bahreïn sera prononcé le 4 avril 2013.

Le 4 avril 2013, la Haute Cour criminelle qui siège à Manama rendra son verdict dans les affaires concernant Jehad Sadeq Aziz Salman (16 ans), Ebrahim Ahmed Radi al Moqdad (15 ans), Naser Saeed Hassan (20 ans), Hassan Abdul Jalil al Ekri (20 ans) et Sadeq Khalil Ibrahim al Haiki. Ils sont inculpés de « tentative de meurtre », d'« incendie d'une voiture de police », de « rassemblement illégal et insurrection », de « jet de cocktails Molotov » et de « tentative de vol d'une voiture de police » au titre du Code pénal bahreïnite et de la Loi n° 59 de 2006 relative à la protection des personnes contre les actes terroristes (Loi antiterroriste). Le procès s'est ouvert le 16 octobre 2012 et sept audiences ont eu lieu au total. Au cours de ces audiences, des témoins à charge et à décharge ont été entendus par le tribunal. Parmi les témoins de l'accusation figuraient plusieurs policiers. Les avocats de la défense ont montré du doigt les déclarations contradictoires faites par les témoins de l'accusation, concernant en particulier les blessures qu'ils affirment avoir subies.

S'ils sont reconnus coupables, Jehad Sadeq Aziz Salman et Ebrahim Ahmed Radi al-Moqdad encourent jusqu'à sept ans d'emprisonnement. La législation de Bahreïn fixe à 15 ans l'âge de la responsabilité pénale. Cependant, étant donné que Jehad Sadeq Aziz Salman et Ebrahim Ahmed Radi al Moqdad ont tous les deux moins de 18 ans, ils sont mineurs et doivent donc être traités conformément aux règles et principes applicables dans ce cas.

Amnesty International demande aux membres du réseau d'envoyer des appels en cette période cruciale puisque le jugement doit être rendu très bientôt.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en arabe ou dans votre propre langue :

dites déplorer que Jehad Sadeq Aziz Salman et Ebrahim Ahmed Radi al Moqdad soient traités comme des adultes alors qu'ils sont âgés de moins de 18 ans, en insistant auprès des autorités bahreïnites pour qu'elles veillent à ce qu'ils soient traités conformément aux règles de la justice pour mineurs ;

exhortez les autorités à protéger les cinq détenus cités contre la torture et les autres formes de mauvais traitements, en veillant à ce que leurs allégations de sévices fassent l'objet d'une enquête indépendante et que les déclarations extorquées au moyen d'actes de torture ou d'autres mauvais traitements ne soient pas acceptées dans le cadre d'une quelconque procédure.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 4 AVRIL 2013 À :

Roi de Bahreïn

Shaikh Hamad bin ‘Issa Al Khalifa

Office of His Majesty the King

P.O. Box 555

Rifa'a Palace, al-Manama, Bahreïn

Fax : +973 1766 4587

Formule d'appel : Your Majesty, / Sire (Votre Majesté, dans le corps du texte)

Ministre de l'Intérieur

Shaikh Rashid bin ‘Abdullah Al Khalifa

Ministry of Interior

P.O. Box 13, al-Manama, Bahreïn

Fax : +973 1723 2661

Twitter : @moi_Bahrain

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Ministre de la Justice et des Affaires islamiques

Shaikh Khalid bin Ali al-Khalifa

Ministry of Justice and Islamic Affairs

P.O. Box 450, al-Manama, Bahreïn

Fax : +973 1753 1284

Courriel via site Internet : http://www.moj.gov.bh/en

Twitter : @Khaled_Bin_Ali

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de Bahreïn dans votre pays (adresse(s) à compléter) : nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la deuxième mise à jour de l'AU 236/12. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/MDE11/064/2012/fr

ACTION URGENTE

JUGEMENT RENDU LE 4 AVRIL DANS LE PROCÈS EN COURS

COMPLÉMENT D'INFORMATION

Les autorités bahreïnites clament haut et fort vouloir introduire des réformes et tirer les enseignements des événements de février et mars 2011, au cours desquels elles ont réprimé les manifestations antigouvernementales. En novembre 2011, la Commission d'enquête indépendante de Bahreïn a présenté un rapport qui concluait que les autorités avaient commis en toute impunité de graves atteintes aux droits humains. Les autorités ont beau affirmer le contraire, les individus qui s'opposent au régime de la famille al Khalifa continuent d'être victimes de violences.

Les deux adolescents et les trois hommes cités ont été arrêtés le 23 juillet 2012 lors d'une manifestation antigouvernementale organisée à Bilad al Qadeem, à l'ouest de Manama. Après un passage au commissariat de Gudaibiya, un quartier de Manama, ils ont été conduits à la Direction des enquêtes criminelles pour y être interrogés (sans avocat), puis dans les locaux du parquet, où ils ont de nouveau été soumis à un interrogatoire. Ils n'ont pu téléphoner à leurs proches pour les informer de leur détention que près de 48 heures après leur interpellation. Lorsque les deux mineurs ont enfin vu leurs familles, ils leur ont dit avoir été battus en détention.

L'article 15 de la Convention relative aux droits de l'enfant, à laquelle Bahreïn est partie, dispose : « 1. Les États parties reconnaissent les droits de l'enfant à la liberté d'association et à la liberté de réunion pacifique. 2. L'exercice de ces droits ne peut faire l'objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires dans une société démocratique, dans l'intérêt de la sécurité nationale, de la sûreté publique ou de l'ordre public, ou pour protéger la santé ou la moralité publiques, ou les droits et libertés d'autrui. »

L'article 37 de ladite Convention dispose quant à lui : « Les États parties veillent à ce que : b) Nul enfant ne soit privé de liberté de façon illégale ou arbitraire. L'arrestation, la détention ou l'emprisonnement d'un enfant doit être en conformité avec la loi, n'être qu'une mesure de dernier ressort, et être d'une durée aussi brève que possible ; d) Les enfants privés de liberté aient le droit d'avoir rapidement accès à l'assistance juridique ou à toute autre assistance appropriée, ainsi que le droit de contester la légalité de leur privation de liberté devant un tribunal ou une autre autorité compétente, indépendante et impartiale, et à ce qu'une décision rapide soit prise en la matière. »

On peut lire, par ailleurs, à l'article 40 : « Les États parties veillent en particulier : 2(a) à ce qu'aucun enfant ne soit suspecté, accusé ou convaincu d'infraction à la loi pénale en raison d'actions ou d'omissions qui n'étaient pas interdites par le droit national ou international au moment où elles ont été commises ; 2(b) (ii) [à ce que l'enfant soit] informé dans le plus court délai et directement des accusations portées contre lui, ou, le cas échéant, par l'intermédiaire de ses parents ou représentants légaux, et bénéficier d'une assistance juridique ou de toute autre assistance appropriée pour la préparation et la présentation de sa défense ; et 2(b) (iv) [à ce que l'enfant ne soit pas] contraint de témoigner ou de s'avouer coupable ; à interroger ou à faire interroger les témoins à charge, et à obtenir la comparution et l'interrogatoire des témoins à décharge dans des conditions d'égalité. »

Noms : Jehad Sadeq Aziz Salman, Ebrahim Ahmed Radi al Moqdad, Naser Saeed Hassan, Hassan Abdul Jalil al Ekri, �Sadeq Jalil Ibrahim al Haiki

Genre : hommes

Action complémentaire sur l'AU 236/12, MDE 11/007/2013

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