Document - G8. Le temps n'est plus aux promesses, il faut des actions audacieuses

AMNESTY INTERNATIONAL

Déclaration publique

Index AI : IOR 30/011/2010 (Public)

ÉFAI

24 juin 2010


G8. Le temps n'est plus aux promesses, il faut des actions audacieuses


Amnesty International salue le rapport du G8 intitulé « Muskoka – Compte-rendu des activités » et l'engagement des pays du G8 à accroître la transparence et faire progresser l'obligation de rendre des comptes en ce qui concerne leurs efforts individuels et collectifs en vue d'atteindre les objectifs du développement. Nous saluons aussi la contribution des pays du G8 au soutien des efforts mondiaux en faveur des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Toutefois, alors que l'échéance approche, il existe un réel danger que les OMD ne soient pas atteints dans plusieurs domaines.


Amnesty International considère que les engagements en matière de droits humains – et le devoir de tous les gouvernements de tenir ces engagements – doivent être placés au cœur des Objectifs du millénaire pour le développement pour tenir les promesses faites dans la Déclaration du Millénaire. Pour les personnes vivant dans la pauvreté, la coopération et l'assistance internationales peuvent jouer un rôle crucial pour assurer la réalisation de niveaux minima en matière de droits économiques, sociaux et culturels.


Le rapport d'évaluation fournit un compte-rendu de la contribution du G8 aux progrès réalisés dans plusieurs domaines clés du développement, tels que la santé, l'éducation, l'eau et l'assainissement. Bien que constituant un pas dans la bonne direction, l'obligation de rendre des comptes pour les engagements pris dans le domaine du développement doit s'inscrire dans un cadre privilégiant le respect des droits humains.


Amnesty International considère que l'obligation pour tous les États de rendre compte de leurs efforts visant à réaliser les objectifs de développement doit s'accompagner de l'obligation de veiller à ce que les efforts consentis respectent les engagements en matière de droits humains – notamment les droits économiques, civils et culturels.


Le rapport du G8 intitulé « Muskoka – Compte-rendu des activités » souligne que l'aide a pour but de favoriser une croissance durable et de contribuer à une amélioration tangible de la vie des populations les plus pauvres du monde. Le rapport reconnaît également la nécessité d'améliorer l'efficacité de l'aide conformément aux engagements pris lors du Consensus de Monterrey, dans la Déclaration de Paris et dans le programme d'action d'Accra. Les pays du G8 doivent également réaffirmer l'engagement suivant du programme d'action d'Accra : « Les pays en développement et les donneurs veilleront à ce que leurs politiques et programmes de développement respectifs soient conçus et mis en œuvre selon des modalités concordant avec les engagements pris par eux au niveau international concernant l'égalité homme-femme, les droits de l'homme, les handicapés et la viabilité écologique. »


Les pays du G8 doivent veiller à ce que tous leurs programmes d'aide et de coopération internationales soient conformes aux engagements pris en matière de droits humains ; il serait également souhaitable que des informations sur ce point figurent dans leurs rapports aux instances internationales des droits de l'homme, notamment l'Examen périodique universel du Conseil des droits de l'homme.


Amnesty International reconnaît le rôle joué par le G8 pour accroître la visibilité de la santé au sein du programme de développement mondial. L'engagement du G8 en faveur d'une intensification des efforts visant à combler les lacunes dans les domaines de la santé maternelle et infantile de soins de santé est à saluer. Cependant, les femmes et les filles à travers le monde continuent d'être victimes de discrimination entre les sexes et d'autres violations des droits humains. Elles sont souvent victimes de formes multiples de discrimination, en raison de leur race, de leur caste, de leur appartenance ethnique, de leur handicap ou de leur état matrimonial.


L'absence de mesures pour faire cesser la discrimination, y compris la violence basée sur le genre et intégrer pleinement les droits fondamentaux des femmes et des jeunes filles à tous les efforts pour réaliser les OMD va ralentir les progrès. À cet égard, nous demandons instamment aux pays du G8 d'appeler le secrétaire général des Nations unies et tous les États membres des Nations unies à faire en sorte que le projet d'action conjointe pour améliorer la santé des femmes et enfants s'inscrive dans un cadre respectant lesdroits humains et se fonde sur le respect pour, et l'exercice des droits en matière de santé sexuelle et reproductive.


Une plus grande obligation de rendre compte des efforts nationaux et internationaux faits en vue d'atteindre les objectifs de développement demande aussi une surveillance indépendante et une évaluation de ces efforts. Les mécanismes nationaux et internationaux de contrôle de l'obligation de rendre des comptes en matière de droits humains pourraient jouer un rôle important dans les efforts pour réaliser les OMD. Ces mécanismes obligent les États à rendre compte de leurs engagements en matière de droits humains et donnent aux populations vivant dans la pauvreté et à la société civile agissant en leur nom davantage de possibilités pour obliger les gouvernements à une plus grande responsabilisation. Ils peuvent également aider à faire en sorte que les efforts de développement soient basées sur le respect et la promotion de tous les droits humains, y compris les droits économiques, sociaux et culturels, pour tous.

À l'approche de l'Assemblée plénière de haut niveau de l'Assemblée générale des Nations Unies sur les OMD, nous demandons aux pays membres du G8 de faire tous les efforts pour soutenir les Objectifs du Millénaire pour le développement et aider au respect des droits humains.



Notes


Cette action s'inscrit dans le cadre de la campagne d'Amnesty international « Exigeons la dignité » qui vise à mettre fin aux violations des droits humains engendrées et aggravées par la pauvreté. Cette campagne mobilisera des personnes partout dans le monde pour exiger que les gouvernements, les grandes entreprises et tous ceux qui ont le pouvoir écoutent les voix de ceux qui vivent dans la pauvreté et qu'ils reconnaissent et protègent leurs droits. Pour plus d'informations, voir le site http://www.amnesty.org/fr/demand-dignity