Document - Turkménistan. Arrestation d'un ancien ministre. Gueldymourad Nourmoukhammedov

Turkménistan. Arrestation d'un ancien ministre

AU 318/12, EUR 61/005/2009 – Turkménistan 26 octobre 2012

ACTION URGENTE ARRESTATION D'UN ANCIEN MINISTRE Le 5 octobre, l'ancien ministre turkmène Gueldymourad Nourmoukhammedov a été arrêté et envoyé dans un centre pour toxicomanes du pays, où il risque de se voir administrer de force un traitement médical. Amnesty International craint que son arrestation ait été effectuée pour le punir d'avoir critiqué les autorités turkmènes. Le 5 octobre, Gueldymourad Nourmoukhammedov (né en 1952) a été arrêté à Achgabat, la capitale du Turkménistan. Il a été conduit dans un centre pour toxicomanes de la province de Dachogouz, à 600 kilomètres de la capitale, dans le nord du pays, pour y suivre un traitement médical de six mois environ. Les recherches effectuées par Amnesty International ne mettent en évidence aucun élément indiquant que cet homme ait jamais consommé de la drogue. Il se peut que Gueldymourad Nourmoukhammedov ait été pris pour cible en raison de ses activités politiques et des critiques qu'il a formulées contre le régime. Ceci s'est déjà produit en effet. En décembre 2011, il avait critiqué le gouvernement turkmène dans un entretien accordé au service turkmène de Radio Free Europe/Radio Liberty, dénonçant l'absence de démocratie et de respect des droits humains dans le pays et qualifiant le Parti démocratique du Turkménistan, au pouvoir, d'« institution illégale ». L'entreprise de bâtiment dont sa famille est propriétaire avait été fermée sur ordre des autorités quelques jours après l'interview. Elle n'avait jamais auparavant eu de problèmes avec l'administration fiscale ou les autorités financières. Le 11 janvier 2012, le Parlement national a adopté la loi sur les partis politiques, qui a légalisé la constitution de formations politiques. Toutefois, des défenseurs des droits humains et des militants de l'opposition en exil ont fait part de leurs doutes quant à la mise en œuvre de la loi et à la volonté réelle des autorités d'autoriser un débat politique ouvert. Le 21 août, le Parti des industriels et des entrepreneurs a été fondé. C'est la première fois qu'une formation politique autre que le Parti démocratique au pouvoir était autorisée depuis 1991. Gueldyimourad Nourmoukhammedov a été ministre du Tourisme et de la Culture de 1992 à 1995. Avant son arrestation, il exerçait comme avocat-conseil auprès de sociétés internationales. DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en turkmène, en russe, en anglais ou dans votre propre langue : ν demandez aux autorités de veiller à ce que Gueldymourad Nourmoukhammedov ne soit pas soumis contre son gré à un traitement médical ; ν demandez-leur de mener une enquête sur la légalité de l'arrestation de cet homme et sur les informations selon lesquelles il pourrait avoir été pris pour cible en raison de ses opinions politiques ; ν rappelez aux autorités qu'elles ont l'obligation, en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Turkménistan est partie, de faire en sorte que chacun puisse exercer pacifiquement son droit à la liberté d'expression et d'association.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 7 DÉCEMBRE 2012 À : Président du Turkménistan Gourbangouly Berdymoukhammedov Presidential Palace 744000 Ashgabat Turkménistan Fax : + 993 12 93 5112 (Merci de vous montrer persévérant entre 10h et 15h TU) Formule d'appel : Dear President, / Monsieur le Président,

Ministre de l 'Intérieur Isguender Moulikov Ul. 2033 (pr. Mahtumkuli) 85 744000 Ashgabat Turkménistan Fax : + 993 12 39 1944 (Merci de vous montrer persévérant entre 10h et 15h TU) Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Turkménistan dans votre pays. (adresse(s) à compléter) : nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

ACTION URGENTE ARRESTATION D'UN ANCIEN MINISTRE

COMPLÉMENT D'INFORMATION Les défenseurs des droits humains et autres militants de la société civile ne peuvent travailler au grand jour au Turkménistan. Ces dernières années, Amnesty International a reçu des informations crédibles sur des cas de harcèlement, de torture et d'autres mauvais traitements, d'arrestations arbitraires et de peines d'emprisonnement prononcées à l'issue de procès inéquitables contre des défenseurs des droits humains et d'autres militants, des journalistes indépendants, des personnes qui critiquent les autorités et des anciens responsables publics. Les autorités surveillent étroitement les moyens de communication, tels que le téléphone et Internet. Des défenseurs des droits humains ont expliqué à Amnesty International qu'ils pensaient être sur écoute, les autorités cherchant à empêcher que les informations sur les violations des droits humains soient transmises aux médias étrangers et aux organisations internationales de défense des droits humains.

Les journalistes travaillant avec des organes de presse étrangers connus pour leurs articles critiques envers le régime sont dans bien des cas soumis à des actes de harcèlement, des intimidations et des arrestations arbitraires. De nombreux journalistes se plaignent que les autorités suspendent régulièrement leur ligne de téléphone ; les rares professionnels des médias qui disposent d'un accès Internet privé signalent des interruptions fréquentes du service. Les autorités ont tenté bien des fois d'étouffer la voix des correspondants de Radio Free Europe/Radio Liberty, une station de radio financée par le Congrès des États-Unis, qui ne ménage pas ses critiques vis-à-vis du régime turkmène et évoque les problèmes de droits humains.

La critique dans les médias n'est que très rarement tolérée. Les militants indépendants de la société civile ne peuvent pas travailler ouvertement. Certains sont contraints de vivre en exil. Les craintes pour la sécurité des dissidents se sont encore intensifiées après les déclarations du président Gourbangouly Berdymoukhammedov, qui a demandé en septembre 2010 au ministère de la Sûreté nationale de lutter contre tous ceux qui, selon le site Internet du gouvernement, « diffament notre État séculaire, démocratique et fondé sur le respect des lois et tentent de briser l'unité et la solidarité de notre société ».

Nom : Gueldymourad Nourmoukhammedov Sexe masculin

AU 318/12, EUR 61/005/2012, 26 octobre 2012