Document - Bélarus. Libérez un défenseur des droits humains bélarussien
Action complémentaire sur l'AU 240/11, EUR 49/018/2011 – Bélarus 13 septembre 2011
ACTION URGENTE
LIBÉREZ UN DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS BÉLARUSSIEN
Ales Bialatski, éminent défenseur bélarussien des droits humains arrêté le 4 août, fait maintenant l'objet d'une inculpation et son ordre de détention a été prolongé. Amnesty International le considère comme un prisonnier d'opinion.
Ales Bialatski est en détention préventive depuis le 4 août à Minsk, la capitale du pays. Le 12 août, il a été inculpé aux termes de l'article 243.2 du Code pénal bélarussien pour « dissimulation massive de revenus », chef d'inculpation passible d'une peine de prison allant jusqu'à sept ans accompagnée d'une confiscation de biens. Le 15 août, son ordre de détention a été prolongé de deux mois.
Les charges retenues contre Ales Bialatski sont liées à son utilisation d'un compte bancaire personnel en Lituanie pour soutenir le travail du Centre de défense des droits humains Viasna, au Bélarus, organisation dont il est le président. D'autres importants défenseurs des droits humains et employés de ce Centre ont été interrogés dans le cadre de cette affaire. On pense que le ministère lituanien de la Justice a donné des informations concernant ce compte bancaire aux autorités bélarussiennes.
Amnesty International reconnaît le droit des autorités bélarussiennes de punir des infractions légitimes, mais elle maintient que les charges pesant sur Ales Bialiatski sont motivées par des raisons politiques et visent à entraver son travail légitime de défenseur des droits humains. Ales Bialatski est un prisonnier d'opinion et doit être libéré immédiatement et sans condition.
Le Centre Viasna n'est plus reconnu par les autorités bélarussiennes depuis 2003 et n'a donc pas pu ouvrir un compte bancaire en son nom dans ce pays. Depuis, les autorités rejettent systématiquement les demandes d'enregistrement adressées par l'organisation. En 2005, agir au nom d'une organisation non enregistrée est devenu une infraction pénale au Bélarus, passible de six mois à un an de prison.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en bélarussien, en russe ou dans votre propre langue :
demandez aux autorités de libérer Ales Bialatski immédiatement et sans condition ;
exhortez-les à abandonner les charges pesant sur cet homme ;
priez-les instamment de cesser de harceler et d'intimider des défenseurs des droits humains, et rappelez-leur qu'elles ont le devoir de protéger ces personnes, tel que prévu dans la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme, qui reconnaît la défense des droits humains comme activité nécessaire et légitime.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 17 OCTOBRE 2011 À :
Président du Bélarus
Alyaksandr Lukashenka
ul. Karla Marxa, 38
220016 Minsk, Bélarus
Fax : +375 17 226 06 10/+375 17 222 38 72
Courriel : contact@president.gov.by
Formule d'appel : Dear President, / Monsieur le Président,
Procureur général
Grigory Vasilevich
Internatsionalnaya str. 22
220016 Minsk, Bélarus
Fax : +375 17 226 42 52
Formule d'appel : Dear General Prosecutor, / Monsieur le Procureur général,
Veuillez également envoyer des copies aux représentants diplomatiques du Bélarus dans votre pays (adresse/s à compléter) :
nom(s) ; adresse(s) ; numéro de fax ; courriel ; formule d'appel
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 240/11. Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/EUR49/016/2011/fr.
ACTION URGENTE
LIBÉREZ UN DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS BÉLARUSSIEN
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Ales Bialatski, directeur du Centre de défense des droits humains Viasna, a été interpellé dans l'après-midi du 4 août près de la place de la Victoire, dans le centre de Minsk. Un peu plus tôt ce jour-là, des hommes en civil ont encerclé les locaux de Viasna ; lorsque les employés ont quitté le bâtiment, ils auraient entendu l'un de ces hommes dire au téléphone qu'Ales Bialatski n'était pas là.
Ce dernier a été arrêté par des hommes en civil qui se sont présentés comme étant des policiers envoyés par le Service des enquêtes financières. On pense qu'ils l'ont emmené à son appartement, qu'ils ont fouillé avant de confisquer un ordinateur. Ils l'ont ensuite conduit dans les bureaux du Centre Viasna, qu'ils ont fouillé pendant près d'une heure ; ils ont emporté des documents et du matériel de bureau. L'épouse et l'enfant d'Ales Bialatski, qui se trouvaient à l'appartement, ont été emmenés dans leur résidence d'été, à l'extérieur de Minsk. Cette maison a aussi fait l'objet d'une perquisition.
Amnesty International pense que le placement en détention d'Ales Bialatski relève d'une pratique des autorités bélarussiennes établie de longue date, qui consiste à harceler les militants de la société civile et les défenseurs des droits humains. Depuis l'élection présidentielle de décembre 2010, on assiste à une détérioration sans précédent de la situation des droits humains au Bélarus. D'importantes personnalités de l'opposition sont arrêtées, maltraitées et déclarées coupables à l'issue de procès iniques. Des ONG, des militants de la société civile et des journalistes de premier plan continuent d'être victimes de harcèlement. Le Centre de défense des droits humains Viasna fournit une assistance aux personnes et aux familles victimes de la répression.
Ce Centre est engagé activement au Bélarus depuis 1998 ; il était enregistré en tant qu'organisation non gouvernementale depuis 1999. Son statut officiel lui a été retiré en 2003 à la suite de son travail de suivi des élections, et les autorités font systématiquement obstacle à son enregistrement officiel depuis. Depuis l'élection présidentielle, le Centre Viasna et son personnel subissent une pression croissante des autorités dans un contexte de harcèlement généralisé des militants de la société civile sur l'ensemble du territoire.
Nom : Ales Bialatski
Genre h/f : h
Action complémentaire sur l'AU 240/11, EUR 49/018/2011, 13 septembre 2011
