Document - Chechen Republic: Amnesty International condemns public execution

AMNESTY INTERNATIONAL

BULLETIN D'INFORMATIONS 148/97



TCHÉTCHÉNIE

Amnesty International condamne les exécutions publiques

Index AI : EUR 46/25/97


Amnesty International condamne l'exécution d'un homme et d'une femme en public, dans le centre de Grozny, par un peloton d'exécution. Ils avaient été condamnés à mort par la Cour suprême islamique tchétchène, qui applique les lois de la charia.

« Alors que la peine capitale est abolie par un nombre croissant de pays, la République tchétchène inflige toujours cette forme de châtiment cruel, inhumain et anachronique, a déclaré Amnesty International ce jour (mercredi 3 septembre 1997). Pratique d'autant plus barbare que les autorités ont, semble-t-il, fait filmer les exécutions. »

Selon les informations reçues, la Cour a déclaré un homme et deux femmes coupables de meurtre avec préméditation sur la personne du mari de l'une des accusées. Tous trois ont été condamnés à mort. Les appels à la clémence lancés par Amnesty International n'ont pas pu empêcher les exécutions. L'une des deux femmes y aurait cependant échappé car les médecins ont constaté au dernier moment qu'elle était enceinte.

Le procureur général et d'autres hauts responsables de l'application des lois auraient annoncé aujourd'hui de nombreuses exécutions pour les jours à venir. Alors qu'en vertu de la législation tchétchène, qui s'appuie sur la charia, l'inhumation doit immédiatement suivre l'exécution, le président Aslan Maskhadov a promulgué un décret qui ordonne l'exposition sur la place publique des corps des suppliciés, avec un écriteau sur la poitrine décrivant le crime qu'ils ont commis.

Il semblerait par ailleurs que le président Maskhadov ait demandé aux tribunaux islamiques de prononcer des « verdicts sévères immédiatement exécutoires ». Il y aurait actuellement en Tchétchénie plus de 30 personnes en attente de jugement et qui, accusées d'enlèvement ou d'autres crimes, encourent la peine capitale. Amnesty International craint pour leur vie et demande au président tchétchène d'envisager d'autres sanctions pour ceux qui seraient reconnus coupables.

À la connaissance d'Amnesty International, deux exécutions publiques ont à ce jour eu lieu en République tchétchène. La première, celle du Tchétchène Ibrahim, s'était déroulée en avril dernier dans le village de Bachi-Yourt.

Amnesty International invite le président tchétchène à accorder sans délai sa grâce à tous les condamnés en attente d'exécution dans le pays. Elle demande également la révision des dispositions du Code pénal tchétchène qui prévoient la peine capitale et des châtiments corporels, en vue d'abolir la peine de mort ainsi que toutes les formes de torture et de mauvais traitements l



La version originale a été publiée par Amnesty International, Secretariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi. La version française a été traduite et diffusée par les Éditions francophones d'Amnesty International - ÉFAI -


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