Document - Turquie. Il faut enquêter sur les agressions d’Arméniennes à Istanbul

Turquie. Il faut enquêter sur les agressions d’Arméniennes à Istanbul

AMNESTY INTERNATIONAL

DÉCLARATION PUBLIQUE

Index AI : EUR 44/002/2013�28 janvier 2013

Turquie. Il faut enquêter sur les agressions d’Arméniennes à Istanbul

Amnesty International appelle les autorités turques à mener dans les meilleurs délais une enquête approfondie et impartiale sur la série d’agressions visant des femmes âgées originaires d’Arménie à Istanbul.

Depuis deux mois, quatre attaques dont une mortelle ont eu lieu à Samatya, quartier arménien du centre d’Istanbul. Les quatre victimes sont des citoyennes turques d’origine arménienne.

Les autorités turques ont l’obligation d’enquêter sur les possibles motivations racistes et/ou religieuses de ces agressions. Si elles ne le font pas, elles se rendront coupables d’une violation de la Convention européenne des droits de l’homme, ratifiée par la Turquie, et notamment de l’interdiction de la discrimination énoncée par ce texte.

Les crimes inspirés par la haine constituent une forme grave de discrimination. Les autorités de l’État sont tenues non seulement de ne pas exercer elles-mêmes de discrimination, mais également de faire preuve de la diligence requise pour prévenir et combattre la discrimination émanant de particuliers.

Il est regrettable que la législation turque ne prévoie pas de mesures législatives et politiques garantissant que les motivations haineuses fassent systématiquement l’objet d’enquêtes approfondies et soient dûment prises en considération dans les procès et les condamnations.

La police affirme enquêter de manière approfondie sur ces affaires. Cependant, Amnesty International est préoccupée par les déclarations publiques des autorités ne tenant pas compte de la possibilité d’une motivation raciste des attaques.

L’organisation estime qu’elles doivent mener une enquête approfondie sur ces agressions sans écarter dès le début la possibilité d’une motivation haineuse, et prendre des mesures pour empêcher d’autres attaques.

Les faits

Fin novembre 2012, une femme de 87 ans a été agressée physiquement dans la rue. Elle a été rouée de coups et a perdu l’usage d’un œil.

Un groupe de trois hommes a, semble-t-il, tenté d’enlever une autre femme âgée qui se rendait à l’église à l’occasion du Noël orthodoxe le 6 janvier. Les agresseurs auraient pris la fuite après l’intervention d’autres fidèles.

Le 28 décembre, une femme de 85 ans a été retrouvée morte poignardée à son domicile. Ses bijoux avaient été volés.

Le 22 janvier, une femme de 80 ans a été attaquée et battue alors qu’elle rentrait chez elle.

Fin/