Document - Italie. Des familles roms expulsées de force à Rome

Italie. Des familles roms expulsées de force à Rome

Informations complémentaires sur l'AU 182/12, EUR 30/018/2012 – Italie 10 octobre 2012

ACTION URGENTE

DES FAMILLES ROMS EXPULSEES DE FORCE A ROME

Le 28 septembre, quelque 250 Roms ont été expulsés de force du campement de Tor de' Censi, à Rome. La seule solution de relogement offerte a été le transfert vers un site répondant à des critères de séparation ethnique.

Environ 250 habitants roms de Tor de' Cenci, pour la plupart originaires de Bosnie-Herzégovine, ont été expulsés de force le 28 septembre. Certains vivaient là depuis 16 ans. La police locale et la police nationale sont intervenues dans le campement pour conduire l'opération. Des bulldozers ont été utilisés pour détruire les conteneurs dans lesquels les familles vivaient depuis des années.

L'évacuation a eu lieu deux jours après que le tribunal administratif régional eut jugé légal, et donc applicable, l'arrêté d'expulsion pris par le maire de Rome le 31 juillet dernier. Il ordonnait l'évacuation des habitants et la fermeture du campement pour des raisons de santé et de sécurité.

Les habitants n'ont pas été avisés au préalable que l'expulsion aurait lieu ce jour-là, ce qui est contraire à leurs droits. On ne leur a donné que quelques heures pour rassembler leurs affaires et on ne les a pas informés correctement de l'endroit où ils allaient être transférés à titre temporaire. L'évacuation a débuté tôt dans la matinée. Selon les témoignages recueillis, un grand nombre d'enfants ont assisté en larmes, dans la confusion de l'opération, à la démolition précipitée de leur maison. Des enfants d'âge scolaire ont manqué un jour de classe. Les familles ne se sont en outre pas vu proposer de solution de relogement appropriée. L'unique solution était le transfert vers Castel Romano ou La Barbuta, deux campements autorisés. Il s'agit de structures géographiquement isolées et organisées sur une base monoethnique, ce qui renforce la ségrégation ethnique de ces familles. Les deux camps sont destinés à l'hébergement de Roms exclusivement. Ils sont situés dans des lieux très éloignés de la ville, où les services essentiels, notamment les transports publics, ne sont pas facilement accessibles. Ces sites sont entourés de clôtures et contrôlés par vidéosurveillance. Les habitants sont soumis à des restrictions illégales de leurs droits fondamentaux, notamment du droit à la vie de famille (par exemple tous les visiteurs venus de l'extérieur doivent être munis d'un document d'autorisation et d'identification, et ne peuvent se rendre dans le camp qu'à certaines heures de la journée).

Une centaine de personnes ont été réinstallées dans le campement de La Barbuta. Il s'agissait de familles ayant déjà été relogées là à la fin du mois de juillet et qui étaient revenues au campement de Tor de' Cenci quelques jours avant la décision du tribunal, dans l'espoir de pouvoir y demeurer au cas où celui-ci aurait statué contre la fermeture. Un autre groupe de 150 personnes, dont 90 enfants, a été transféré à titre provisoire dans une structure d'urgence, dans l'attente d'une réinstallation au camp de Castel Romano. Des conditions de vie dégradantes règnent dans cette structure. Tous les Roms sont rassemblés dans un entrepôt auparavant utilisé pour des salons, et n'ont à leur disposition, selon certaines informations, que huit douches et une dizaine de toilettes mobiles, situées à l'extérieur.

Amnesty International demande de nouveau aux autorités de veiller à ce que les familles de Tor de' Cenci aient accès à des réparations et à un recours effectif, et à ce qu'elles bénéficient d'une solution de logement appropriée, durable et excluant le recours discriminatoire à un campement monoethnique.

Amnesty International va poursuivre son action de soutien à ces populations dans le cadre de son travail de fond sur le droit des Roms à un logement décent. L'organisation reste extrêmement attentive à la situation et entreprendra une nouvelle action si nécessaire.

Aucune action complémentaire n'est pour l'instant requise de la part des membres du réseau Actions urgentes. Un grand merci à tous ceux qui ont envoyé des appels.

Ceci est la première mise à jour de l'AU 182/12. Plus d'information sur : http://amnesty.org/fr/library/info/EUR30/007/2012/fr

Personnes concernées : environ 250 Roms

Genre : hommes et femmes

Informations complémentaires sur l'AU 182/12, EUR 30/018/2012, 10 octobre 2012

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