Document - Japon. Écrire pour les droits. Hakamada Iwao
HAKAMADA IWAO
JAPON
ÉCRIRE POUR LES DROITS
AMNESTY INTERNATIONAL
Document public
ASA 22/007/2008
ÉFAI
Octobre 2008
MERCI D'AIDER
HAKAMADA IWAO
Après avoir passé plus de vingt-huit ans en détention à l'isolement, Hakamada Iwao souffre de troubles psychologiques après avoir passé plus de vingt-huit ans en détention à l'isolement et vit en outre dans la peur constante d'être exécuté.
Il est détenu dans le quartier des condamnés à mort depuis 1968. À l'issue d'un procès inique, il a été déclaré coupable du meurtre, commis en 1966, du directeur de l'usine où il travaillait, ainsi que de la femme et des deux enfants de celui-ci. Les membres de cette famille ont été poignardés et leur maison a été incendiée.
Hakamada Iwao a « avoué »après avoir été interrogé par la police pendant vingt jours sans qu'un avocat soit présent. Le système des daiyo kangoku(« prisons de substitution ») permet de maintenir les suspects en détention pour une durée pouvant aller jusqu'à vingt-trois jours afin de les interroger. Il n'y a pas de limite de durée pour les séances d'interrogatoire, au cours desquelles les contacts entre un avocat et son client sont restreints. Hakamada Iwao s'est rétracté par la suite, et a déclaré pendant son procès que des policiers l'avaient frappé et avaient menacé de le forcer à signer des « aveux » ; il a néanmoins été reconnu coupable et condamné à mort. Il a fait appel par deux fois, sans succès, puis a introduit un recours pour obtenir un nouveau procès mais a été débouté de sa requête à trois reprises, dont la dernière fois en mars 2008. Ses avocats ont formé un nouveau recours le mois suivant.
Kumamoto Norimichi, l'un des trois magistrats qui ont jugé son affaire, a publiquement déclaré en 2007 qu'il pensait qu'Hakamada Iwao était innocent, mais qu'il s'était retrouvé en minorité face aux deux autres juges au moment du vote.
Il semble qu'Hakamada Iwao a principalement été condamné à mort sur la base d'« aveux » extorqués sous la contrainte.
Selon son avocat, les seuls éléments à charge étaient incorrects.
Au Japon, les condamnés à mort ne sont pas autorisés à parler aux autres prisonniers ni à regarder la télévision ou à s'adonner à des activités qui les intéressent ou des hobbies. On ne leur annonce l'imminence de leur exécution que le matin même, et leurs proches sont généralement informés de leur mort seulement après les faits. Hakamada Iwao risque à tout moment d'être exécuté, à moins qu'il ne soit gracié par le ministre de la Justice ou qu'il lui soit accordé le droit d'être rejugé.

© DR
AGISSEZ !
1. Écrivez à Okiharu Yasuoka, ministre de la Justice :
- exhortez-le à accorder à Hakamada Iwao le droit d'être rejugé dans le respect des normes en matière d'équité des procès ;
- demandez l'abolition du système des « prisons de substitution » (daiyo kangoku) ;
- demandez un moratoire sur les exécutions et la commutation de toutes les condamnations à mort.
Okiharu Yasuoka, ministre de la Justice :
1-1-1 Kasumigaseki
Chiyoda-ku
Tokyo 100-8977
Japon
Formule d'appel : Dear Minister/ Monsieur le Ministre
2. Écrivez à Hakamada Iwao, en anglais ou en japonais, pour lui témoigner votre solidarité et votre soutien
HAKAMADA Iwao
c/o Tokyo Detention Center
1-35-1 Kosuge
Katsushika-ku
Tokyo, 124-0001
Japon