Document - China: Son of Uighur activist tortured in prison: Alim Abdiriyim
AU 199/10, ASA 17/037/2010 – Chine 15 septembre 2010
ACTION URGENTE
LE FILS D'UNE MILITANTE OUÏGHOURE TORTURÉ EN PRISON
Selon sa famille, Alim Abdiriyim, le fils de la militante ouïghoure Rebiya Kadeer, serait victime d'actes de torture et d'autres mauvais traitements. Ses proches pensent que sa vie est menacée. Il est détenu depuis 2006 à Ürümqi, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en Chine, pour évasion fiscale.
Selon certains renseignements en provenance de Chine, la santé d'Alim Abdiriyimse serait gravement détériorée et il présenterait des signes de traumatisme physique et psychologique. Il aurait déclaré que les autorités carcérales « ferm[aient] les yeux sur ce qu'il se pass[ait] » en prison, qu'il n'avait pas reçu les soins médicaux dont il a besoin et que si la situation se prolongeait il craignait pour sa vie. Rebiya Kadeer et sa famille pensent que sa vie est en danger à moins qu'une action ne soit entreprise de toute urgence afin d'exhorter les autorités à intervenir.
Alim Abdiriyim a été arrêté le 30 mai 2006 et passé à tabac par la police.Le 13 juin 2006, il a été inculpé de « subversion de l'État », ainsi que d'évasion fiscale à la suite d'une enquête menée par les autorités sur l'entreprise familiale. En novembre 2006, il a été condamné à sept ans de prison et à une amende de 62 500 dollars. On pense qu'il aurait « avoué » les faits qui lui étaient reprochés après avoir été torturé en détention.
Les proches de Rebiya Kadeer sont pris pour cibles par les autorités depuis sa première arrestation pour délit d'opinion, en 1999. Ce harcèlement s'est intensifié depuis qu'elle a été remise en liberté pour raisons médicales, le 17 mars 2005, et qu'elle a quitté la Chine pour s'installer aux États-Unis. Alim Abdiriyim et son frère Kahar Abdiriyim ont été condamnés le 27 novembre 2006, le lendemain du jour où Rebiya Kadeer a été élue présidente du Congrès ouïghour mondial. Amnesty International estime que le caractère systématique de ces « sanctions » contre les proches de Rebiya Kadeer en raison de ses activités de défense des droits humains met gravement en doute la crédibilité des investigations de la police sur les entreprises familiales ainsi que l'équité des procédures judiciaires.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en chinois, en anglais ou dans votre propre langue) :
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exhortez les autorités à veiller à ce qu'Alim Abdiriyim ne soit ni torturé ni maltraité en prison et à ce qu'il bénéficie de tous les soins médicaux dont il a besoin, y compris pour des blessures qu'il aurait reçues en détention ;
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engagez-les à diligenter une enquête exhaustive et impartiale sur les allégations selon lesquelles Alim Abdiriyim aurait été torturé et maltraité en prison, dans le but de traduire en justice les responsables présumés ;
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priez-les instamment de mettre un terme aux violations des droits humains dont les proches de Rebiya Kadeer sont la cible et qui comprennent notamment des actes de torture et des mauvais traitements en détention, le harcèlement de la police et d'autres restrictions appliquées à leur liberté d'expression.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 27 OCTOBRE 2010 À :
Premier ministre de la République populaire de Chine
WEN Jiabao Guojia Zongli
The State Council General Office
2 Fuyoujie, Xichengqu
Beijingshi 100017
République populaire de Chine
Fax : +86 10 65961109 (via le ministère des Affaires étrangères)
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier ministre,
Président du gouvernement populaire de la région autonome ouïghoure du Xinjiang
Nur BEKRI Zhuxi
Xinjiang Weiwuer Zizhiqu Renmin Zhengfu Bangongting
2 Zhongshanlu, Urumqi 830041
Xinjiang Weiwuer Zizhiqu
République populaire de Chine
Fax : +86 991 2817567 ou 2803621
Courriels : master@xinjiang.gov.cn
Formule d'appel : Dear Chairman, / Monsieur,
Copies à :
Maire d'Ürümqi
Gela YISHAMUDIN Shizhang
Wulumuqi Shizhengfu Bangongting
72 Nanhulu
Urumqi 830002
Xinjiang Weiwuer Zizhiqu
République populaire de Chine
Fax : +86 991 4689654
Formule d'appel : Dear Mayor, / Monsieur le Maire
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Chine dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
LE FILS D'UNE MILITANTE OUÏGHOURE TORTURÉ EN PRISON
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les autorités chinoises utilisent le prétexte de la « guerre contre le terrorisme » pour justifier leur sévère répression contre la communauté ouïghoure du Xinjiang, et pour priver ses membres de leurs droits humain. Actuellement, à la connaissance d'Amnesty International, les Ouïghours sont le seul groupe ethnique en Chine dont des membres sont condamnés à mort et exécutés pour des infractions à caractère politique.
Rebiya Kadeer a été condamnée à huit ans d'emprisonnement en 2000 pour « divulgation de secrets d'État à l'étranger » parce qu'elle avait envoyé des coupures d'un journal pourtant autorisé à son mari, aux États-Unis. Pendant son procès, ni elle ni son avocat n'ont été autorisés à prendre la parole pour sa défense. Elle a été libérée pour raisons médicales en mars 2005, après avoir passé près de six ans en prison. Elle n'a jamais été inculpée ni accusée de crime violent. Amnesty International l'avait adoptée comme prisonnière d'opinion et avait mené campagne pour obtenir sa libération.
Depuis la libération de Rebiya Kadeer pour raisons médicales en mars 2005, la persécution de sa famille par les autorités chinoise s'est accentuée. En 2006, la députée suédoise Annelie Enochson avait proposé que le prix Nobel de la paix revienne à Rebiya Kadeer. En proposant cette candidature, elle avait écrit : « Rebiya Kadeer prend fait et cause pour les droits des Ouïgours de l'ouest de la Chine et elle est l'une des défenseures des droits des femmes les plus renommées de Chine ... [elle] a également investi ses ressources comme fondatrice et directrice d'une grande société de commerce dans le nord-ouest de la Chine pour fournir à des compatriotes ouïghours une formation et un emploi. »
La torture et les autres formes de mauvais traitements sont fréquentes, quel que soit le type de détention, bien que la Chine ait ratifié le Convention des Nations contre la torture en 1988. Par ailleurs, Amnesty International reçoit régulièrement des informations faisant état de décès en détention, souvent à la suite d'actes de torture, dans diverses institutions de l'État telles que les prisons, les camps de « rééducation par le travail » et les centres de détention de la police.
Les autorités chinoises ont instauré de nombreuses lois destinées à renforcer l'interdiction officielle de la torture établie par le Code pénal chinois. Les types de comportements interdits sont cependant limités et ne respectent pas entièrement les définitions de la torture aux termes du droit international. Les articles 247 et 248 du Code pénal énumèrent plusieurs infractions liées à l'interdiction de la torture ; toutefois, ces infractions ne peuvent représenter un chef d'inculpation que contre des catégories limitées de fonctionnaires, et dans des circonstances et des lieux particuliers. Les autorités judiciaires, également chargées des enquêtes et des poursuites dans le cadre d'infractions liées à la torture, choisissent de traiter ou non une affaire en fonction de critères qu'elles ont-elles-mêmes établis et qui limitent encore le champ d'application de ces dispositions.
Les larges pouvoirs discrétionnaires accordés à la police par le Code de procédure pénale pour détenir des suspects pendant de longues périodes avant leur procès créent encore plus d'occasions de pratiquer la torture ou d'autres mauvais traitements. Pendant ces périodes, les possibilités qu'ont les détenus de contacter leurs proches et leurs avocats peuvent être limitées. Aux termes du Code de procédure pénale, la police doit informer les proches des détenus de leur arrestation et du lieu de leur détention dans un délai de vingt-quatre heures, sauf si cela risque d'« entraver l'enquête » (articles 64 et 71). Pourtant, dans la pratique, les contacts avec la famille sont souvent refusés jusqu'à ce que le détenu soit traduit en justice ou même condamné.
Les dispositions relatives à l'assistance juridique sont également loin de respecter les normes internationales. L'article 96 du Code de procédure pénale dispose qu'un suspect « peut nommer un avocat qui pourra le conseiller d'un point de vue juridique, ou former des requêtes ou déposer des plaintes en son nom », soit après la première séance d'interrogatoire menée par « l'organe d'enquête », soit à partir du moment où le suspect est soumis à l'une des formes de détention ou de restriction de déplacement prévues par la loi. Dans les affaires « ayant trait à des secrets d'États », la police doit donner son accord pour qu'un suspect puisse nommer un avocat ou le rencontrer.
AU 199/10, ASA 17/037/2010, 15 septembre 2010
