Document - Bangladesh. Amnesty International demande la tenue d'une enquête exhaustive et sans restriction sur les violations commises par les forces de sécurité



AMNESTY INTERNATIONAL

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


Index AI : ASA 13/011/2007 (Public)

Bulletin n° : 169

ÉFAI

4 septembre 2007


Bangladesh. Amnesty International demande la tenue d'une enquête exhaustive et sans restriction sur les violations commises par les forces de sécurité



Dans une lettre au chef du gouvernement du Bangladesh, Fakhruddin Ahmed, Amnesty International a appelé les autorités à veiller à ce que toutes les violations des droits humains signalées dans le cadre des récentes émeutes estudiantines fassent l'objet d'une enquête approfondie, et que les personnes soupçonnées d'en être responsables soient déférées à la justice.


L'organisation fait référence dans sa lettre à une enquête menée sous la houlette du juge Habibur Rahman Khan, dont les conclusions doivent être transmises au gouvernement le 11 septembre 2007.


Amnesty International demande au gouvernement de veiller à ce que l'enquête soit menée de manière entièrement indépendante ; que les enquêteurs aient accès aux personnes et aux informations qu'ils jugent nécessaires à l'enquête, et qu'ils soient en mesure d'assurer la protection des témoins. Il faudrait que le gouvernement rende publiques les conclusions et recommandations des enquêteurs et qu'il fasse connaître les mesures qu'il prendra pour suivre ces recommandations.


La lettre de la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, fait suite aux informations selon lesquelles le personnel chargé d'assurer la sécurité aurait fait un usage excessif de la force pour contenir les heurts qui ont eu lieu du 20 au 22 août entre étudiants et forces de l'ordre, à Dhaka et dans plusieurs autres villes du pays.


L'utilisation d'une force excessive par la police ainsi les actes de torture et les mauvais traitements à l'encontre de détenus interrogés par la police dont certaines informations ont fait état sont extrêmement préoccupants. Des détenus n'ont pas été autorisés à entrer en contact avec un avocat et leur famille, en violation flagrante des normes internationales relatives aux droits humains.


Les manifestations avaient éclaté à l'occasion d'un match de football à l'Université de Dhaka, le 20 août. Une altercation avait eu lieu entre des étudiants et des membres de l'armée, à l'issue de laquelle des étudiants avaient été frappés par des militaires. Selon certaines informations, au cours des manifestations de protestation, souvent violentes, qui ont suivi, des centaines de personnes ont été blessées lorsque les forces de l'ordre ont utilisé des matraques, des balles en caoutchouc et du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Les médias ont indiqué qu'au moins une personne était morte après avoir été touchée par une balle en caoutchouc à l'Université de Rajshahi, le 22 août. Plusieurs membres des forces de l'ordre auraient également été blessés par les jets de pierre et de brique des manifestants.


Amnesty International a demandé aux autorités de prendre des mesures concrètes au sujet des informations selon lesquelles des détenus auraient été victimes d'actes de torture et de mauvais traitements aux mains des forces de sécurité. L'organisation s'est dite préoccupée par le sort de ceux qui ont été arrêtés et privés pendant un certain temps de tout contact avec un avocat et les membres de leur famille, tels que les professeurs de l'Université de Dhaka Harun ur Rashid et Anwar Hossain, et les professeurs de l'Université de Rajshahi Sayedur Rahman Khan, Abdus Sobhan et Moloy Kumar Bhowmik.


/FIN



Page 2 of 2