Document - USA: Solidarity with Guantanamo detainees: Voices from Guantanamo


Solidarité avec les détenus de Guantánamo



CONTRE LE TERRORISME : LA JUSTICE



AMNESTY INTERNATIONAL

Document public

Index AI : AMR 51/150/2008

ÉFAI


Décembre 2008





LA PAROLE AUX DÉTENUS DE GUANTÁNAMO


À la suite des premiers transferts, en janvier 2002, au centre de détention de la base navale américaine de Guantánamo Bay, à Cuba, des images d'hommes enchaînés réduits au silence ont fait le tour des télévisions du monde entier. Depuis lors, plus de 700 détenus sont incarcérés dans ce camp, la plupart dans des conditions qui enfreignent l'interdiction internationale des traitements cruels, inhumains et dégradants, dont l'isolement cellulaire fait partie. Ces prisonniers sont parfois privés de tout contact avec le monde extérieur. Certains ont été torturés et soumis à d'autres mauvais traitements en détention secrète avant leur arrivée.


Après que ces détenus ont été autorisés, bien que de manière limitée, à s'entretenir avec des avocats et à utiliser des fournitures pour écrire, quelques-unes de leurs paroles sont sorties de Guantánamo, souvent sous la forme de poèmes et de lettres.



BINYAM MOHAMED


Binyam Mohamed, ressortissant éthiopien ayant résidé au Royaume-Uni, aujourd'hui âgé de trente ans, a été arrêté à l'aéroport de Karachi, au Pakistan, en avril 2002 et livré aux autorités américaines trois mois plus tard. Il a d'abord été transféré au Maroc, puis en Afghanistan, où il dit avoir été torturé. En septembre 2004, il a été envoyé à Guantánamo, où il est actuellement détenu à l'isolement dans le camp 5.



« Il faisait noir comme dans un four, sans aucune lumière dans les pièces la plupart du temps. Ils m'ont suspendu pendant deux jours. Mes jambes étaient enflées ; mes poignets et mes mains engourdis. Ils ont mis de la musique très fort, Slim Shady [d'Eminem]et Dr. Dre pendant vingt jours. Puis ils ont diffusé d'horribles rires de fantômes et des sons d'Halloween. À un moment, j'ai été enchaîné à une grille pendant quinze jours. La CIA a interrogé des détenus, dont moi, jour et nuit. Beaucoup ont perdu la tête. J'entendais des gens se cogner la tête contre les murs et les portes en hurlant. »

Binyam Mohamed à son avocat



SAMI AL HAJJ


Ils ont des monuments à la liberté

Et à la liberté d'opinion, ce qui est bien et bon.

Mais je leur ai expliqué que

L'architecture n'est pas la justice.


Extrait de Humiliated in the Shackles, de Sami al Hajj



« Moi, mon fils Mohammed et ma femme Asma remercions les membres d'Amnesty International de m'avoir soutenu et de défendre les droits humains. Nous ferons tout notre possible, ensemble avec eux, afin d'obtenir la paix pour chacun dans le monde. »

Message de Sami al Hajj


En 2001, Sami al Hajj, ressortissant soudanais travaillait en Afghanistan comme journaliste pour la chaîne de télévision Al Jazira lorsqu'il a été placé en détention. Il a été livré aux autorités américaines en janvier 2002, torturé et soumis à d'autres mauvais traitements en Afghanistan sur la base aérienne de Bagram et à Kandahar, puis transféré à Guantánamo en juin 2002. Il a été remis en liberté au bout de presque six ans sans avoir été inculpé.



JUMAH AL DOSSARI


Devant leurs enfants et devant l'histoire, faites-leur porter le fardeau

De cette âme dévastée et innocente,

Cette âme qui a tant souffert aux mains des « défenseurs de la paix ».


Extrait de Death Poem, de Jumah al Dossari


Jumah al Dossari, ressortissant saoudien et bahreïnite, père d'une petite fille, a été détenu à Guantánamo presque cinq ans sans inculpation. Pendant plus de dix-huit mois, il a été maintenu à l'isolement dans le camp 5 jusqu'à vingt-quatre heures par jour. Il a été transféré en Arabie saoudite en juillet 2007.



MUSTAFA AÏT IDIR


« Je suis si heureux de recevoir cette lettre venant du Japon […]. Sachez que votre lettre représente pour moi une occasion inestimable. Merci pour votre aide que j'apprécie énormément. »

Lettre de Mustafa Aït Idir à Yoshiko Koshimizu, décembre 2007


Mustafa Aït Idir, ressortissant bosniaque, est détenu à Guantánamo depuis plus de six ans sans inculpation. Il affirme que des gardiens l'ont battu, ont plié ses doigts à l'envers jusqu'à les briser et ont sauté sur lui si violemment qu'il en a gardé une paralysie partielle du visage. Le 20 novembre 2008, une juridiction fédérale des États-Unis a ordonné aux autorités de le remettre en liberté.



OMAR KHADR


Omar Khadr, ressortissant canadien, a été arrêté en Afghanistan en juillet 2002, à l'âge de seulement quinze ans. Au lieu de lui réserver le traitement prévu pour les mineurs par le droit international, les autorités américaines l'ont qualifié de « combattant ennemi » et placé en détention dans des conditions éprouvantes sur la base navale de Bagram, avant de le transférer à Guantánamo, où il demeure détenu. Aujourd'hui âgé de vingt-deux ans, il risque d'être jugé de manière inéquitable par une commission militaire.



Merci à University of Iowa Press d'avoir autorisé l'utilisation d'extraits de Poems from Guantánamo:The Detainees Speak, publié sous la direction de Marc Falkoff, et à Reprieve pour la citation de Binyam Mohamed.



SOUTENEZ LES DÉTENUS


Nombre de prisonniers de Guantánamo sont aujourd'hui détenus illégalement depuis plus de six ans.Certains n'ont absolument aucun contact avec leur famille ; d'autres reçoivent des lettres de temps en temps, mais elles sont souvent très largement censurées.


Des détenus remis en liberté ont déclaré à Amnesty International que les lettres de soutien qu'ils avaient reçues leur avaient remonté le moral, souvent miné par la durée indéterminée et les conditions de leur détention àGuantánamo.




« Lorsque j'étais détenu, j'ai reçu 130 lettres de membres d'Amnesty International provenant principalement d'Espagne, mais aussi de France et d'Italie. Je les remercie infiniment pour ce qu'ils ont fait. Je me rends compte combien ils aident les personnes dans cette situation. Ils font un travail formidable. »

Mohammed al Amin, ressortissant mauritanien transféré de Guantánamo à son pays d'origine en septembre 2007, s'adressant à Amnesty International après sa libération.





« Si vous avez des preuves contre moi qui montrent que je suis un ennemi des États-Unis et que je me suis battu contre ce pays, je suis prêt à être jugé. »

Abdel Malik Abdel Wahab, ressortissant yéménite âgé d'une vingtaine d'années, marié et père d'une petite fille. Cet homme a été arrêté en 2001 au Pakistan par des représentants de l'État qui l'ont « vendu », selon lui, aux autorités américaines. Peu après, il a été transféré à Guantánamo, où il affirme avoir été soumis à la torture et à d'autres mauvais traitements ; il aurait notamment été menacé d'être envoyé en Égypte ou en Jordanie pour y être torturé.



« Je vous informe que j'ai reçu votre lettre le 26 juin. Merci infiniment. Je l'ai lue et j'ai été très heureux d'apprendre que vous allez bien et que vous avez reçu ma lettre et ma carte postale. J'espère que je pourrai bientôt voir votre agréable visage et votre aimable sourire, et prendre des nouvelles de vous et de vos proches. »

Omar Hamzayavich Abdulayev (matricule 257)


Selon ses indications, Omar Hamzayavich Abdulayev résidait dans un camp de réfugiés près de Peshawar lorsqu'il a été arrêté, en novembre 2001, dans un bazar par des agents des services de renseignements pakistanais. Il affirme avoir été torturé jusqu'à ce qu'il copie des documents le mettant en cause. Il a été transféré dans une autre prison, avant d'être livré aux autorités américaines et envoyé sur la base aérienne de Kandahar, en Afghanistan.



Fawzi Khaled Abdullah Fahad al Odah, ressortissant koweïtien, affirme qu'il s'est rendu à la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan en 2001 afin d'y effectuer un travail caritatif. En septembre 2001, il a fui l'Afghanistan, espérant retourner au Koweït, mais il a été capturé au Pakistan par des chasseurs de primes. Il a été livré aux autorités américaines et est détenu sans inculpation à Guantánamo depuis 2002.


AGISSEZ !

Veuillez écrire à un ou plusieurs des détenus de Guantánamo dont les noms figurent ci-après, en leur exprimant votre soutien avec vos propres mots. Sauf mention contraire, vos courriers doivent être rédigés en anglais, de manière concise et simple.


Voir ci-dessus :


Omar Hamzayavich Abdulayev (matricule 257)


Fawzi Khaled Abdullah Fahad al Odah (matricule 232 – veuillez écrire uniquement en arabe)


Voir double page centrale :

Omar Khadr (matricule 766) et Binyam Muhammad (matricule 1458)



ÉCRIVEZ À :

Nom du détenu et matricule

Camp Delta

U.S. Naval Base Guantánamo Bay

Washington, D.C. 20355

Etats-Unis




CONTRE LE TERRORISME : LA JUSTICE

www.amnesty.org/fr/counter-terror-with-justice








Amnesty International est un mouvement mondial regroupant 2,2 millions de personnes dans plus de 150 pays et territoires, qui luttent pour mettre fin aux graves atteintes aux droits humains.

La vision d'Amnesty International est celle d'un monde où chacun peut se prévaloir de tous les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et dans d'autres instruments internationaux relatifs aux droits humains.

Essentiellement financée par ses membres et les dons de particuliers, Amnesty International est indépendante de tout gouvernement, de toute tendance politique, de toute puissance économique et de toute croyance religieuse.

























La version originale en langue anglaise de ce document a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, Peter Benenson House, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni, sous le titre :
USA: Solidarity with Guantanamo detainees: Voices from Guantanamo
.

La version en langue française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international
par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL – ÉFAI – décembre 2008

Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse suivante :http://www.efai.org