Document - Cuba. Un membre des Dames en blanc libéré d'une prison cubaine

Cuba. Un membre des Dames en blanc libéré d'une prison cubaine

Action complémentaire sur l'AU 215/12, AMR 25/024/2012 – Cuba 11 octobre 2012

ACTION URGENTE UN MEMBRE DES DAMES EN BLANC LIBÉRÉ D'UNE PRISON CUBAINE Le 5 octobre, Niurka Luque Álvarez, membre des Dames en blanc, a été remise en liberté à Cuba dans l'attente de son procès. Un autre membre de l'organisation, Sonia Garro Alfonso, et son époux Ramón Alejandro Muñoz González sont toujours incarcérés sans avoir été inculpés. Le 5 octobre, Niurka Luque Álvarez, membre des Dames en blanc, a été remise en liberté dans l'attente de son procès, après avoir passé près de sept mois derrière les barreaux. Elle est inculpée de « violences ou intimidations » sur la personne d'un agent de l'État. Elle a été arrêtée le 17 mars avec 17 autres Dames en blanc lors d'une manifestation pacifique organisée pour commémorer une opération de répression menée en 2003 contre des dissidents. Toutes ont été relâchées quelques heures plus tard, à l'exception de Niurka Luque Álvarez. Le 18 mars, Sonia Garro Alfonso, elle aussi membre de l'organisation, et son époux Ramón Alejandro Muñoz González ont été arrêtés chez eux. Sonia Garro Alfonso est maintenue en détention à la prison pour femmes de Guatao, à la périphérie de La Havane, tandis que Ramón Alejandro Muñoz González est toujours incarcéré à la prison Combinado del Este de La Havane. Selon les informations dont on dispose, ils n'ont pas été formellement inculpés. Niurka Luque Álvarez ne connaît pas la date de son procès. Lorsqu'elle a été remise en liberté, on l'a enjointe de ne plus participer à des activités avec des détracteurs du gouvernement. Souffrant d'épilepsie, elle n'a pas reçu de soins médicaux pendant son incarcération et a dû compter sur les médicaments apportés par ses proches et les personnes la soutenant. Les charges retenues contre Niurka Luque Álvarez – et le maintien en détention de Sonia Garro Alfonso et de Ramón Alejandro Muñoz González – semblent motivés par des considérations politiques et s'inscrire dans la campagne menée actuellement par les autorités cubaines pour intimider et réduire au silence les détracteurs du gouvernement.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en espagnol ou dans votre propre langue) :  engagez les autorités à relâcher immédiatement Sonia Garro Alfonso et Ramón Alejandro Muñoz González, à moins qu'ils ne soient inculpés d'une infraction reconnue par le droit international ;  appelez-les à veiller à ce que toute personne inculpée ait droit à un procès équitable, dans le respect des normes internationales ;  priez-les instamment de cesser sans délai de harceler et d'intimider les Dames en blanc et les autres citoyens qui exercent pacifiquement leur droit à la liberté d'expression et d'association.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 22 NOVEMBRE 2012 À : Chef de l 'État et du gouvernement Raúl Castro Ruz Presidente de la República de Cuba La Habana, Cuba Fax : +53 7 83 33 085 (via le ministère des Affaires étrangères) ; +1 212 779 1697 (via la Mission de Cuba auprès de l'ONU) Courriel : cuba@un.int (via la Mission de Cuba auprès de l'ONU) Formule d'appel : Su Excelencia, / Monsieur le Président,

Ministre de l 'Intérieur General Abelardo Colomé Ibarra Ministro del Interior y Prisiones Ministerio del Interior Plaza de la Revolución La Habana, Cuba Fax : +1 212 779 1697 (via la Mission de Cuba auprès de l'ONU) Courriel : correominint@mn.mn.co.cu Formule d'appel : Su Excelencia, / Monsieur le Ministre,

Copies à : Procureur général Dr. Darío Delgado Cura Fiscal General de la República Fiscalía General de la República Amistad 552, e/Monte y Estrella, Centro Habana La Habana, Cuba Formule d'appel : Señor Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de Cuba dans votre pays (adresse(s) à compléter) : Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule de politesse.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 215/12. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/AMR25/018/2012/fr

ACTION URGENTE UN MEMBRE DES DAMES EN BLANC LIBÉRÉ D'UNE PRISON CUBAINE

COMPLÉMENT D'INFORMATION On pense que Niurka Luque Álvarez, Sonia Garro Alfonso et Ramón Alejandro Muñoz González ont été arrêtés en raison de la visite du pape Benoît XVI à Cuba en mars 2012 et de leur action militante auprès des Dames en blanc, et que cette manœuvre avait pour but d'intimider les autres détracteurs du gouvernement. Des proches ont confié à Amnesty International que les autorités accusent Sonia Garro Alfonso de tentative de meurtre et de trouble de l'ordre public, mais ni elle ni son époux n'ont été inculpés officiellement.

Le pape Benoît XVI a séjourné à Cuba du 28 au 30 mars. Il a célébré des messes en plein air à Santiago de Cuba et à La Havane, et a rencontré les dignitaires de l'Église catholique cubaine et les pouvoirs publics. Les détracteurs du régime espéraient que la visite du pape annoncerait une ouverture de la part des autorités mais, au lieu de cela, ils ont subi une répression encore plus féroce. Plus de 200 d'entre eux auraient été détenus pendant cette période et de nombreux autres ont été assignés à résidence, l'objectif explicite étant de les empêcher de se rendre aux messes et de participer à des actions de protestation.

Le 17 mars 2012, les Dames en blanc ont commémoré la répression menée contre des dissidents en 2003. Lors de cette opération, 75 personnes qui avaient seulement exprimé pacifiquement leur opinion critique vis-à-vis du gouvernement ont été arrêtées par les autorités cubaines. Elles ont fait l'objet de procès sommaires et ont été condamnées à des peines allant jusqu'à 28 années d'emprisonnement. Amnesty International avait adopté ces 75 dissidents comme prisonniers d'opinion ; le dernier d'entre eux a été libéré en avril 2011.

L'organisation des Dames en blanc a été créée en 2003 par des parentes des 75 prisonniers d'opinion qui réclamaient leur libération. Après que les derniers d'entre eux ont été relâchés en 2011, les Dames en blanc ont continué de faire campagne pour la libération des prisonniers politiques et pour la levée des restrictions pesant sur les libertés fondamentales civiles et politiques à Cuba. Elles sont régulièrement privées de la possibilité de se rencontrer, et même d'assister à la messe le dimanche.

Nom : Niurka Luque Álvarez (f), Sonia Garro Alfonso (f), Ramón Alejandro Muñoz González (h) Genre : hommes et femmes

Action complémentaire sur l'AU 215/12, AMR 25/024/2012, 11 octobre 2012